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mercredi 20 février 2008

Quelle élégance!

C'est en termes choisis que l'on s'exprime désormais à Marseille.

Nous savions déjà que les campagnes d’affichage, d’une manière générale, ne brillaient pas par leur bon goût et leur raffinement. L’Homme Nouveau dans un de ses derniers numéros évoquait sur ce sujet les slogans débilito-tutoyant du genre « Sois malin pour ta planète, éteins ! »

A Marseille, nous venons de faire plus fort encore dans un genre plutôt…scatologique !

Jugez-en par vous-même. La municipalité de Marseille inonde la ville depuis quelques jours de panneaux publicitaires portant le slogan que je vous laisse le soin de lire sur la photo ci-dessous. On le trouve partout, sur les grandes avenues, dans les petites rues, sur les places, sur les abris-bus, en grand modèle, en petit modèle, il y en a pour tous les goûts.

Sans commentaire


On ne peut plus parcourir 500 mètres sans rencontrer cette affiche à tel point que vous subissez un matraquage publicitaire ad nauseam.

Merci aux grands stratèges de l’urbanisme marseillais et de la voierie de nous imposer une publicité dont le ton et la teneur en disent long sur la pauvreté mentale de bon nombre de nos élus. Ce n’est plus de l’infantilisme, ce n’est pas de la débilité, c’est du crétinisme aigu au sens défini par le dictionnaire Quillet : « Etat pathologique du crétin », sachant que le crétinisme se traduit par une dégénérescence mentale et un comportement bestial. Après le crétin des Alpes, voici désormais celui du Vieux-Port.

Outre que je ne suis pas persuadé de l’efficacité d’une telle publicité - c’est la énième que je vois à Marseille sans que la ville soit devenue plus propre pour autant - je m’interroge sérieusement sur l’état mental de la municipalité, son maire en tête, qui prend ses administrés pour des arriérés.

Je serais très curieux, ceci dit en passant, de connaître l’agence publicitaire qui a pondu ce chef d’œuvre de la pensée française. Quand je pense qu’elle s’est probablement offerte un pont d’or avec l’argent du contribuable pour produire ce qu’un gamin de dix ans n’aurait même pas songé à faire!

Merci Monsieur Gaudin du soin que vous apportez à la gestion des deniers que nous vous confions. Je saurais m’en souvenir dans quelques semaines quand viendra le moment de déposer le bulletin dans l’urne.

En attendant je mesure la décadence de notre pays. C’est cela, surtout, que je lis sur vos affiches scatologiques.

Nous sommes loin de François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, lieutenant général de Provence, plus connu pour avoir été le mari de Françoise de Sévigné, fille de la célèbre épistolière. Nous sommes loin du raffinement culturel dont la France de jadis pouvait, à juste titre s’enorgueillir. Nul doute qu’il serait abasourdi par ce que l’on peut afficher sur la voie publique aujourd’hui dans les terres dont il avait la charge.

Désormais nous nageons dans la fange verbale.

Ô Bonne Mère, venez vite à nous, Vous qui veillez sur notre vieille ville, ils sont devenus fous à lier !

mercredi 30 janvier 2008

La société générale et le béotien

Le béotien que je suis pose très naïvement cette question à Monsieur Daniel Bouton, actuel P.D.G de la Société générale : comment une banque peut-elle s'apercevoir en moins de 24 heures que mon compte courant affiche un découvert de 124,87 € et laisser se développer sans broncher un trou béant de 5 milliards d'euros sur plusieurs mois sans que quiconque ne s'en émeuve?


Je me permets donc d'inviter les banques à mieux surveiller leurs "traders" (quel affreux terme!), avant qu'ils ne deviennent des traditori comme disent nos amis Italiens, c'est à dire des traitres, et à moins pister les découverts occasionnels de leurs clients qui, à la différence, ne risquent pas de mettre en cause la survie de leur banque.

vendredi 11 janvier 2008

Nicolas et Carla

Puisque nous sommes dans le temps des vœux de début d’année, permettez-moi de vous adresser non des souhaits de santé ou de bonheur, l’un comme l’autre échappant en grande partie à notre propre volonté, mais des souhaits de courage et de pugnacitié afin que nous ne faiblissions point dans notre combat pour que vive une France fidèle à son passé mais confiante aussi dans son avenir. Le bonheur nous sera accordé à l’aune de nos efforts ; aide toi et le Ciel t’aidera.

S'agissant de bonheur, il semble que deux êtres nagent en moment en pleine félicité. Il s’agit bien entendu du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et de Carla Bruni. D’aucuns me diront que cet événement n’en est pas un, qu’il est tout juste au bon à alimenter les articles d’une presse à sensation, d’autres feront observer que nous touchons à la vie privée du Chef de l’état et que sa vie sentimentale ne doit pas étalée au grand public.


Les uns comme les autres ont sûrement raison, encore que le président affiche sa liaison de façon ostentatoire. Cependant, mon approche est beaucoup plus nuancée. Certes, les détails de la vie intime du couple Sarkozy-Bruni ne présentent aucun intérêt et ne peuvent que satisfaire des lecteurs friands de sensations et qui se délectent des frasques de nos « grands ». Le prince Charles, la princesse Diane, les enfants du prince Rainier et de la princesse Grace ont longtemps alimenté les pages de cette presse à grand renfort de détails sordides.


Une telle presse de caniveau incite les lecteurs à se vautrer dans un voyeurisme malsain et à se délecter des turpitudes ou les malheurs des têtes plus ou moins couronnées dont le pouvoir effectif reste très limité soit du fait des institutions, comme pour le Royaume Uni, soit de par la taille liliputienne de l’Etat. Monaco n’a jamais que la dimension d’une petite sous-préfecture de province et encore!

S’agissant du président de la république nous sommes dans une toute autre configuration. Le président détient un pouvoir réel et peut influer sur le cours des choses, s'il veut s'en donner les moyens, mais ceci est une autre affaire. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’un commentaire non pas sur la relation sentimentale en elle-même mais sur le contexte dans lequel celle-ci a pris naissance et s’est développée et sur ses implications politiques.

Politique et monde du show-bizz

Nous observons depuis plusieurs années déjà que les politiques nouent des relations sentimentales avec des personnes issues du monde médiatique. La télévision est bonne marieuse dans ce domaine. Dominique Strauss-Kahn, François Baroin, Jean-Louis Borloo, Douste-Blazy, Bernard Kouchner, autant de personnages politiques de premier rang qui ont noué des liens avec des femmes du monde de la télévision.

En allant séduire un ancien mannequin, Nicolas Sarkozy innove de manière fracassante. Probablement au nom de la rupture qu’il a préconisée tout au long de sa campagne électorale.

Nous voici, en effet, dans une grande première avec chef de l’Etat qui affiche ostensiblement sa liaison avec une jeune femme appartenant au milieu du show-bizz.

La liaison entre le chef de l’Etat et l’ancien mannequin dont la vie privée pour le moins sulfureuse, est révélatrice de la dérive du monde politique de plus en plus lié avec le monde du spectacle et celui de la télévision, lesquels présentent au demeurant bien des similitudes. On peut même de se demander dans quelle mesure cette dérive n’est pas inscrites génétiquement dans le fonctionnement d’une démocratie telle que nous la vivons dans les pays occidentaux.

La télévision, en particulier, a profondément modifié la physionomie des campagnes électorales. Jadis un les électeurs se contentaient de la presse écrite et des rares interventions télévisées. Lorsqu’on revoit les images délicieusement surannées de la campagne pour les élections présidentielles de 1965, nous mesurons le fossé qui sépare cette époque de celle d’aujourd’hui. La télévision est devenue le passage hautement obligé de tout candidat à l'élection présidentielle.

En 1965, le général De Gaulle briguait un deuxième mandat mais pour la première fois dans notre histoire l’élection du chef de l’Etat se faisait au suffrage universel. C’est précisément ce mode d’élection qui a bouleversé en quarante ans l’esprit même du suffrage universel, devenu le champ d’action des publicitaires, des marchands d’illusion, des vendeurs de slogans, des adeptes des promesses ronflantes qui n’engagent que les crédules qui veulent bien y croire.

Europe et mondialisation obligent, nos gouvernants ont perdu la quasi-totalité de leurs pouvoirs régaliens. Jean-Claude Trichet, gouverneur de la banque centrale européenne, est beaucoup plus influent que ne peut l’être Nicolas Sarkozy et c’est bien ce qui agace ce dernier qui le lui fait sentir au demeurant.

La politique est donc devenue un vaste spectacle ou les vrais enjeux sont avant tout les ambitions des uns et des autres et l’attrait d’un bon fromage. Une fois arrivé à la charge suprême, les présidents gèrent leur mandat comme ils peuvent. François Mitterand fut vite frappé par la maladie et ses deux septennats furent une belle partie de poker menteur avec les Français pour cacher la maladie et pour dissimuler sa double vie. Jacques Chirac, foin de la fracture sociale, s’installa douillettement dans le confort élyséen tandis que le judoka Douillet opérait avec Bernadette Chirac et ses pièces jaunes une savante reconversion au terme de sa carrière sportive.

Par tempérament Nicolas Sarkozy est tombé dans l’agitation vibrionnaire. Le matin à Paris, le soir à Berlin, le lendemain sur l’île de Malte; un jour à Tripoli, le jour suivant en Espagne, reçu par Benoît XVI entre deux rendez-vous, il n’a pas oublié pour autant ses amitiés et ses soirées parisiennes qui lui ont permis de rencontrer la belle Carla. Divorcé un jour, il est quasiment remarié le lendemain. On comprend mieux le sobriquet que d'aucuns lui ont collé: "Speedy Sarko".

Le monde du show-bizz et celui du journalisme ne se distinguent pas par leur attachement aux valeurs traditionnelles, c’est le moins que l’on puisse dire. On admet que 90 % des journalistes ont le cœur à gauche, parfois même très, très à gauche. Les vedettes du spectacle sont d'un conformisme de pensée proprement affligeant. Ce n'est pas demain que l'on verra un chanteur ou une actrice prendre fait et cause pour Jean-Marie Le Pen ou Philippe de Villiers. La presse comme la télévision ou la radio véhiculent une idéologie de gauche, même quand certains journaux se réclament de droite.

On peut donc se demander quelles peuvent être les convictions profondes de notre président au regard de ses amitiés ou de ses amours. Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.

dimanche 23 décembre 2007

In Nativitate Domini


Nous voici maintenant au seuil de la fête de la Nativité. Et Verbum caro factum est. Et le Verbe s’est fait chair. La fête de Noël si douce au cœur des Chrétiens est devenue en France une abominable célébration païenne. Un journaliste animateur dont la vulgarité n’a d’égal que son inculture clamait sur une radio ce matin même : « C’est Noël, éclatez-vous ! »

Un magazine féminin à large audience titrait : "Noël sexy" dans sa livraison de décembre 2006. Dans ce même numéro le journal consacrait un article intitulé : les photos érotiques excitent-elles les femmes ? (on a testé…) précise le magazine. Vaste sujet d’une très haute portée culturelle, particulièrement adapté dans l’esprit comme dans sa tonalité au message que la naissance du Christ nous signifie.


Il y a presqu’un côté blasphématoire à associer la fête de Noël à l’idée d’une quelconque séduction sensuelle derrière laquelle se cache aussi tout un commerce hautement lucratif.


Etre sexy ! Voilà à quoi se réduit la fête de la Nativité pour une certaine presse féminine. Elle montre à quel point cette presse est à l’image des vanités superficielles, aux antipodes du message apporté par le Sauveur.

Nous mesurons à quel point la société française est devenue profondément athée, attirée par la seule jouissance des plaisirs sensuels.

Ces derniers jours, me déplaçant dans Marseille, je constatais à quel point les gens étaient impatients, agressifs au volant de leur voiture. L’approche de Noël rend les individus fébriles, non pas de la fébrilité de l’attente de la venue du Messie qui vient irradier les familles comme il a réjoui les hommes de bonne volonté dans la campagne de Bethléem il un a peu plus de 2000 ans, mais fébriles dans la course effrénée aux cadeaux futiles qui seront rangés dès le lendemain de Noël, voués à l’oubli comme pour la plupart des objets convoités par caprice et dont on se lasse aussitôt qu’on est entré en leur possession. Mais qu'importe, désormais, on régale à tour de bras! Il faut offrir, offrir n'importe quoi mais offrir, alors on court en ville, on fait la queue dans les magasins, on tourne en rond pendant une demi-heure dans les parkings en attendant qu'une place veuille bien se libérer. Alors on piaffe d'impatience, on se fatigue, on s'énerve. Nous ne nous mettons plus dans la disposition d'âme nécessaire pour accueillir dans la paix et la sérénité le Christ nouveau-né dans la nuit de Noël.


Les galeries commerciales étalent leurs marchandises de pacotille, clinquantes autant qu’inutiles, les devantures regorgent de mets couteux, de pâtés, de volailles dont les prix sont devenus de plus en plus exorbitants. Qu’importe ! On court, on court pour acheter des cadeaux futiles, on court pour faire de Noël une nuit de ripailles en oubliant le véritable sens de cette nuit ineffable qui nous a donné le Dieu incarné pour notre salut.


Jadis, pour la messe de minuit, les familles à la campagne quittaient le foyer familial pour parcourir à pied les 4 ou 5 kilomètres qui les séparaient de l'église du bourg, non sans avoir pris la précaution de placer, auparavant, dans l'âtre une grosse bûche destinée à se consumer lentement, afin de maintenir le feu dans la cheminée pour le retour, tard après la messe de minuit. De ce temps là, il nous en resté la traditionnelle bûche de Noël. Autre temps, autres mœurs, où l’on n’hésitait pas à battre la campagne dans la sainte nuit de Noël en bravant le froid, la pluie ou la neige pour aller célébrer la naissance du divin Rédempteur et venir se recueillir au pied de la crèche en action de grâce après la messe. Alors, une fois rentrées au bercail, les familles se restauraient d’une soupe, d’un boudin pour reprendre des forces et se réchauffer après cette longue nuit. Mais j’imagine sans peine la joie simple qui pouvait régner dans les cœurs !

Noël est avant tout une fête qui se célèbre au plus profond de son âme, à genoux, avec une âme d’enfant émerveillée, au pied de la crèche, comme le fit saint François d’Assise. Alors oui, seulement là, un surplus peut nous être donné avec quelque nourriture qui sort de l’ordinaire pour mieux fêter dans l’intimité de la famille la beauté de la Nativité et son message à l’humanité toute entière que l’évangile de la messe de minuit nous rappelle : Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis !

Puer natus est nobis

dimanche 16 décembre 2007

Quand les trains se mettent à dérailler!

Une jeune parisienne a prévu de descendre dans sa famille à Marseille pour les fêtes de Noël. Comme elle ne peut réserver son billet de chemin de fer suffisamment tôt en raison des incertitudes de son emploi du temps professionnel, elle est obligée d’attendre que son planning soit arrêté par son employeur. Samedi, elle se rend donc dans une gare parisienne pour acheter un billet TGV Paris –Marseille pour le 21 décembre prochain.

Désolé, mademoiselle, lui répond-on, nous n’avons plus de places disponibles. Pourtant, elle a effectué par téléphone depuis quelques jours des multiples démarches par téléphone, mais en vain, pour obtenir ce billet qui lui tient à cœur et sans lequel elle ne pourra pas passer Noël auprès des siens.

En désespoir de cause, elle s’apprête à renoncer la mort dans l’âme quand au dernier moment, un trait fulgurant lui traverse l’esprit. Avez-vous des places disponibles pour Toulon ? Et la guichetière de lui répondre : oui, bien sûr !

Alors donnez-moi un aller TGV Paris-Toulon. Aussitôt dit, aussitôt fait et la préposée de lui délivrer le billet tant espéré. Notre jeune femme règle le montant et prend possession du billet.

Que lit-elle dans les cases destination du coupon de voyage ?
Le voyage est scindé en deux étapes :

- Paris-Marseille - Correspondance et changement de train à Marseille.
- Marseille-Toulon

Ah???!!! Manifestement il y a quelque chose d’incohérent ! Aucune place n’est disponible pour aller de Paris à Marseille, mais de Paris à Toulon avec arrêt à Marseille, comme par enchantement, on trouve des places sans la moindre difficulté.

Je sais que les technocrates de la SNCF et les informaticiens me donneront des explications argumentées en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une incohérence et bien au contraire qu’il s’agit de préserver un nombre de places disponibles pour les voyageurs désirant se rendre à Toulon.

Comme on peut pousser le même raisonnement pour les destinations qui se trouvent au-delà de Toulon, Hyères, Antibes, Cannes et Nice, je suppose que cela fait un volant de places disponibles non négligeable et qu’il serait bien étonnant que toutes les places soient prises d’ici le 21 décembre.

Etonnée, on le serait à moins, la jeune femme fait part de sa stupéfaction. Explications embarrassées et peu convaincantes de la guichetière.

Puisque vous avez des places pour Marseille comme me le prouve ce billet, remboursez-moi le différentiel Marseille-Toulon, trajet qui ne se justifie plus dès lors que le train s’arrête en gare de Marseille Saint Charles. Non, non c’est impossible lui rétorque-t-on.

De guerre lasse notre jeune voyageuse n’insiste pas et se rend trois guichets plus loin où elle demande le remboursement du trajet Marseille – Toulon. L’opérateur ne fait aucune difficulté et quelques instants plus tard le surplus est remboursé.

Tout revient à considérer que le Paris-Toulon passe virtuellement à Marseille. Ce train passe à Marseille mais il ne s'arrête pas à Marseille.

On se croirait dans un sketch loufoque déjà ancien des humoristes Chevallier et Laspalès : le train pour Pau. La réalité rejoint parfois la fiction ! Je vous invite à visionner cette séquence ci-dessous.

A ce rythme faudra-t-il bientôt demander un billet Paris-Moscou pour nous rendre à Marseille ?




le train pour pau chevalier et laspales
envoyé par flotunning

lundi 10 décembre 2007

Anne-Lorraine

Anne-Lorraine SCHMITT
Requiescat in pace
+

Qu’il me soit permis tout d’abord de m’unir par la prière à la famille d’Anne-Lorraine. Que nos humbles et petites prières soient autant de perles lumineuses afin de réconforter une famille dans l’affliction.

Anne-Lorraine avait 23 ans. Elle était fille de colonel, ancienne élève de l’école de la Légion d’honneur. Catholique pratiquante, elle se rendait en ce dimanche matin à la messe. Que sa route ait croisé celle de Deve-Oglou, son assassin, condamné en 1996 pour viol commis dans une rame de cette même ligne du RER, que cet individu ait été libéré sans que la justice, apparemment, ne s’inquiète d’une possible et même certaine récidive, cela n’a aucunement ému les politiques si prompts à condamner les agressions sauf lorsqu’elles sont commises sur des Français de souche. Alors une catho, fille d’officier de l’Armée de Terre, fut-elle sauvagement frappée de 34 coups de couteau, pensez donc, c’est sans intérêt pour nos médias.

Or, il se trouve que ce même jour deux jeunes adolescents issus de l'immigration trouvent la mort tragiquement dans une collision avec une voiture de police à Villiers-le-Bel. Indépendamment des émeutes violentes que cet accident suscita dans le quartier, la presse se répandit en articles larmoyants sur ces adolescents. Ivan Rioufol dans son billet du Figaro, daté du vendredi 30 novembre, souligne à juste titre que ces deux jeunes gens circulaient sur une moto non homologuée, donc non destinée à la circulation, à vitesse excessive et sans casque. Nous connaissons suffisamment le comportement de ces jeunes circulant à moto dans nos villes pour savoir qu'ils prennent souvent des risques considérables. La mort de deux jeunes adolescents est toujours tragique. Toutefois elle ne peut être en aucun cas mise sur le même plan que l'assassinat sordide d'Anne-Lorraine. Dans le premier cas, nous avons affaire à des jeunes dont le comportement est un comportement délictuel à risque et qu'on a laissés faire avec le plus grand laxisme jusqu'à ce que l'irréparable se produise. Et pourtant on nous parle sans cesse de ces associations ou de ces « grands frères » qui font, paraît-il, un travail remarquable dans les quartiers. En l'occurrence, si vraiment un travail de fond avait été entrepris, nous n'aurions probablement pas aujourd'hui à déplorer cette double mort accidentelle. Quand on ajoute à ces carences, l’attitude de la police, au demeurant compréhensible dans le climat délétère de la France actuelle, qui, la plupart du temps, ferme les yeux sur ce genre de délinquance routière peu sanctionnée. la moindre tentative d'interpellation risque à tout instant de se transformer en catastrophe imputable, cela va de soi, aux policiers qui prennent en chasse de pauvres petits jeunes irréprochables. Qu’on se rappelle les faits à l’origine de l’explosion des banlieues en novembre 2005.

Anne-Lorraine, quant à elle, ne demandait rien. Elle se rendait tranquillement à la messe dominicale en empruntant le RER. Seul point commun avec l'affaire de Villiers-le-Bel, elle a été victime du laxisme généralisé qui oublie de sanctionner les comportements délinquants ou remet en liberté des individus à haut risque de récidive. Il y a quelques mois de cela, un psychiatre de renommée déclarait sur Europe 1 qu'on ne pouvait jamais affirmer formellement qu'un malade sexuel était définitivement guéri.

Récemment, dans son émission « Faites entrer l'accusé », Christophe Hondelatte posait la question au procureur de la république de Troyes de savoir pourquoi les frères Jourdain dont le passé judiciaire était lourd avaient été libérés sans la moindre précaution. Or il se trouve que cette affaire des frères Jourdain me tient particulièrement à coeur. Pour ceux qui ne se souviendraient pas des faits, je rappelle que les deux frères prirent à bord de leur camionnette un soir de février 1997 quatre jeunes filles qui rentraient d'un bal de carnaval près de Boulogne-sur-Mer. Elles furent sauvagement violentées et assassinés. Les corps furent retrouvés dans un blockhaus sur le littoral, quelque part entre Boulogne-sur-Mer et le Touquet.


Ayant moi-même servi dans ma carrière de gendarmerie dans le Nord-Pas-de-Calais, je fus amené à diriger une enquête judiciaire dans le cadre d'un viol commis par Jean-Louis Jourdain. J'avais, à l'issue de l'enquête de crime flagrant procédé à une double qualification, la tentative d'assassinat ainsi que la tentative de viol. Les magistrats ignorèrent la tentative d'assassinat pour des questions d'opportunité complexes. Quand l’affaire arriva devant la cour d’assises de Saint-Omer, je fus cité en tant que directeur d’enquête par le ministère publique. Je fis ma déposition et la présidente de la cour attentive à mes déclarations et qui avait sous ses yeux mon procès-verbal de synthèse, nota bien que j'avais qualifié la tentative d'assassinat à partir d'éléments précis recueillis par les enquêteurs.

Jean-Louis Jourdain fut condamné à 10 ans de réclusion criminelle, le maximum pour le crime qu’il avait commis, à savoir un viol. L'avocat général qui était alors substitut du procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer était aux anges. Son réquisitoire avait porté. Jourdain avait écopé du maximum. Pour ma part, je ne partageais pas, de loin s'en faut, son enthousiasme. Jourdain avait déjà accompli deux années de détention préventive, ce qui signifiait qu'avec le jeu des remises de peine systématiques, il serait assez rapidement remis en liberté. Personnage extrêmement fruste, Jean-Louis Jourdain ne pouvait que récidiver. J'en avais la certitude. J’eus l'occasion de l'exprimer publiquement mais que pouvais-je bien faire d'autre ? Je me souviens, du soir du jugement, où rentrant à la maison, je dis, désabusé, à mon épouse que le plus terrible pour moi était de savoir que tôt ou tard il y aurait une nouvelle victime. Il m’était insupportable de penser que quelque part vivait une jeune femme dont la mort était en quelque sorte déjà programmée par la faute d’une société devenue incapable de protéger ses membres. Hélas, j'étais loin de la vérité ; ce ne fut pas une mais quatre victimes qu'il fallut déplorer.

C'est donc à l’occasion de l'évocation de ce quadruple meurtre que Christophe Hondelatte questionna l'ancien substitut devenu depuis procureur de la république à Troyes. Avec bon sens le journaliste lui demanda comment se faisait-il que la justice ait pu relâcher deux individus aussi dangereux. La réponse du procureur fut sidérante. Il déclara qu'à l'époque, comme si les faits remontaient au temps de Mathusalem, on ne pensait pas que des individus ayant purgé une longue peine de détention pouvaient récidiver. Réponse de circonstance,probablement, manière de dégager en touche afin de ne pas devoir s'expliquer sur les responsabilités de la justice et son fonctionnement calamiteux, plus sûrement. Mais je crois, cependant, que la justification donnée par ce magistrat correspond bien à son sentiment profond, révélateur du décalage entre une justice qui se fonde sur une idéologie bien teintée de rousseauisme béat et la réalité d’une criminalité sans cesse croissante, même si pour des raisons politiques et, là encore idéologiques, on jette un voile pudique sur les chiffres quand on ne triture pas les données statistiques pour leur faire dire le contraire de ce qu’elles signifient.

Très récemment encore, dans un corrigé officiel de devoir dont le sujet était précisément consacré à la violence des banlieues, je ne fus guère surpris de constater que dans le document remis aux élèves (candidats adultes à des concours administratifs internes) pas une seule fois le terme immigration n’y figurait. Sur les 10 pages du document, on évoque une multitude de causes, le chômage, le repli sur soi, la politique architecturale, la politique des transports, les effets nocifs de la télévision, les difficultés familiales et bien d’autres facteurs encore. Le rédacteur de ce beau document n’a pas eu le courage intellectuel d’évoquer ouvertement la question de l’immigration telle qu’elle est pratiquée en France. Les causes que je viens de citer ne sont pour la plupart d’entre elles que les causes secondes de l’immigration, d’une part et surtout de la crise morale profonde d’un peuple qui ne croit plus en lui-même.

Et si d’aventure, d’aucuns manifestent le moindre soupçon de fierté française, très vite nos « élites » les rappellent à l’ordre en les taxant de racistes et de xénophobes, ce qui les disqualifie ipso facto, excommunication des temps modernes.

L’esprit de 1940 que je fustigeais ici même dans un article antérieur est plus florissant que jamais, semant au passage son lot de victimes, de larmes et de souffrances.

Nous ne pouvons que prier pour que d'autres Peggy, Audrey, Isabelle, Amélie, Anne-Lorraine, Jeanne-Marie et bien d'autres victimes encore ne viennent alourdir ce martyrologe qui ne doit rien au hasard mais résulte de la faute de chacune ou chacun d'entre nous, à commencer par celui du choix de politique que nous formulons ou nous ne voulons pas formuler au moment de glisser le bulletin dans l' urne.

Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genitrix. Nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta.

Sous votre protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu, Ne rejetez pas nos prières, nous qui sommes dans le besoin, mais libérez-nous toujours de tous les périls, Vierge glorieuse et bénie.

lundi 19 novembre 2007

Chronique de la vie quotidienne

L'autre jour je m'aperçois que mon téléphone portable est bloqué. Tant pis c'est de ma faute. J'ai complètement oublié de payer la facture qui était restée sagement dans son tiroir de rangement parmi d'autres factures en instance. Ce courrier est en général très abondant surtout en fin d'année où il s'agrémente de courriers de teinte verte - cela fait tellement plus écolo - à entête du Trésor Public.


Bref, ma facture de téléphone qui, elle, est plutôt orange est restée en souffrance et l'opérateur se rappelle à mon bon souvenir de façon radicale. Il est vrai que j'utilise assez peu le téléphone cellulaire. Je le prends quand je sors. C'est une sécurité au cas où. Il est pratique en vacances mais il se trouve que je ne suis pas en vacances 365 jours par an même si je suis désormais retraité. C'est pourquoi j'ai un modèle rudimentaire qui me semble déjà assez compliqué comme cela. On ne m'enlèvera pas l'idée que pour téléphoner il vaut mieux utiliser un téléphone et pour prendre des photographies se servir d'un appareil photo. Cela tombe sous le sens. Alors utiliser un téléphone pour prendre des photos, ou prendre son appareil photo pour téléphoner (c'est une question de point de vue, ce qui soit dit en passant va renforcer le relativisme ambiant) pensez donc! On nous fait maintenant des portables qui en plus de la photo font caméra, récepteur de télévision et que sais-je encore. A quand les appareils qui feront en plus machine à laver et fer à repasser? Moyennant quoi nos portables sont livrés avec une notice d'emploi qui va bientôt s'apparenter à un manuel de bord pour équipage de Boeing 747!


Revenons-en à ma facture, je m'écarte de mon propos mais il y aurait tellement à dire sur ces portables qui sont le reflet d'une société bien malade. Nous sommes samedi matin. Qu'à cela ne tienne je vais appeler l'opérateur pour régler directement par carte bancaire. Comme çà le téléphone sera débloqué. On peut appeler ledit opérateur à partir du portable c'est gratuit. Je ne peux pas puisque le mien est frappé d'interdiction! Je me rabats sur la ligne fixe. C'est payant. Tant pis mon vieux, la prochaine fois tu feras attention à ta facture!


Je compose un numéro pour me retrouver aussitôt dans un parcours labyrinthique. Une voix suave vous débite des banalités dont vous n'avez que faire mais ça fait durer la communication et pendant ce temps le destinataire engrange des sous. Il n'y a pas de petits profits. Puis la même voix me demande afin de me faire identifier de composer sur le clavier de mon téléphone les 10 chiffres de mon numéro de portable. Et c'est parti...zéro...six...zéro...huit...cinq... trois... zut! Il n'a pas affiché le cinq! J'efface et je recommence. Enfin on y arrive. Mais comme j'ai dépassé le temps imparti la voix anonyme me dit :"nous n'avons pas reconnu votre numéro, veuillez recomposer à nouveau...etc". Très discipliné je m'exécute. Enfin j'entends la voix à nouveau: "si vous appelez pour un abonnement tapez 1, si etc...tapez 2, si... si et si. Comme aucune proposition ne correspond à l'objet de mon appel je demande à parler à un conseiller. Je tape la touche correspondante. Toujours cette même voix féminine m'annonce que toutes les lignes sont occupées et que le délai d'attente est estimé à 5 minutes. Au point où j'en suis je vais attendre un peu. En plus pour le même prix j'ai droit à une musique, c'est épatant, non? Même si cette musique finit par vous taper sur les nerfs au bout de deux minutes. Le temps passe encore et de nouveau la voix féminine " Toutes nos lignes sont occupées, que faire? Vous pouvez rappeler un peu plus tard, vous pouvez nous appeler sur notre site www etc... Vous pouvez...vous pouvez et puis la voix s'arrête et tout est coupé. Bip bip bip. Vous avez passé 10 minutes pour rien et vous avez payé une communication à 0,15 euro la minute ou plus je ne sais plus.


Allons sur internet sur le site de l'opérateur. Au moins c'est gratuit! Je me connecte. Je clique sur "clients" puis "accéder à mon compte". Ah on me demande mon numéro de téléphone et mon mot de passe. Je compose mon numéro. Le mot de passe je ne sais plus, je n'ai pas consulté ce site depuis une éternité. En général j'utilise le même mot de passe sur tous les sites. Je ne sais pas si c'est bien prudent mais je n'ai pas envie de traîner un répertoire en trois volumes contenant tous les mots de passe et codes que l'on me demande quotidiennement et souvent pour accéder à des sites généralistes sans aucun caractère confidentiel.
Manque de chance, ce n'est pas mon mot de passe habituel. Comme je ne m'en souviens absolument pas je clique sur "vous avez oublié votre mot de passe". On me demande une nouvelle information du type l'âge de votre voisine de palier. J'entre l'information et je valide. C'est parti. En retour un message s'affiche. Votre mot de passe vous a été adressé directement sur votre téléphone portable!!!??? Cherchez l'erreur. Je veux payer pour débloquer ma ligne et on m'envoie le mot de passe sur cette même ligne bloquée.


Du coup, j'abandonne, pour aujourd'hui j'ai ma dose ! Finalement j'ai découpé le TIP joint à la facture, je l'ai rempli et je l'ai posté. Ca mettra un peu plus de temps. Après tout je ne suis pas pressé. Je me suis passé de portable pendant 45 ans. Je peux bien m'en passer 15 jours. Et si je m'en passais définitivement. Je vais y réfléchir. Je n'aurais plus à payer dans ma facture de téléphone les cachets publicitaires pharaoniques d'un joueur de football retraité qui est parti naguère, un soir d'été, sur un coup de tête.


Même jour samedi après midi. Nous filons au centre commercial de la Valentine sur l'autoroute en direction d'Aubagne. La Valentine. Il y a toujours le vieux village, celui que le petit Marcel Pagnol traversait après être descendu du tram qui l'avait amené de Marseille, quand il montait avec ses parents et son frère Paul aux Bellons leur maisonnette de vacances sur les flancs du Garlaban. Aujourd'hui il y a une autoroute, un centre commercial, des immeubles et les flancs du Garlaban se sont singulièrement couverts de constructions pas toujours très heureuses. Ah pauvre Marcel Pagnol, s'il revoyait aujourd'hui les lieux de son enfance!


Nous allons au centre commercial car j'ai décidé de remplacer mon ordinateur qui commence à dater par un nouveau P.C plus adapté à mes besoins. pensez l'ancien doit voir trois ans et demi. C'est une vraie pièce de musée. Je vais dans un magasin que sa publicité vante pour son célèbre contrat de confiance. S'ils le disent c'est que c'est vrai! Faisons donc confiance!


Discussions, comparaisons je me décide j'opte pour un appareil ACER. Il paraît que c'et le top du top, à en croire le vendeur. Je jugerai sur pièces. En attendant les caractéristiques techniques me conviennent. Je prends. Cinq minutes après le vendeur revient. Désolé nous n'en avons plus en réserve. Le dernier est parti il y a un quart d'heure mais je vous propose de le prendre dans un autre magasin. Nous nous installons de part et d'autre d'un bureau coincé entre deux rayons de marchandises. A Marseille Cantini, ils sont aussi en rupture de stock par contre il reste encore des modèles disponibles à Aubagne. Tant pis, j'irai à Aubagne. Cà me prendra une demi-heure de plus. Nous filons sur Aubagne. Un samedi après-midi à l'approche des fêtes de fin d'année, il y a du monde et ça roule mal. Tant bien que mal, je trouve le magasin et je prends en compte, après trois signatures, le colis qui m'attendait.


Retour à la maison. Je démonte l'ancien matériel. Je branche le nouveau P.C. J'appuie sur le bouton de mise en marche. Rien! Nada!Ecran noir total sur le moniteur! Je vérifie mes branchements, je teste avec un autre moniteur. Toujours rien. Je vais appeler tout de suite le vendeur. Je ne trouve nulle part le numéro de téléphone du magasin, ni sur la facture, ni sur le bon de garantie. J'appelle la ligne service après vente. Ah cette fois c'est une voix masculine et ça marche par reconnaissance vocale :"si vous appelez pour un téléviseur dites téléviseur". On sent d'entrée de jeu une relation très personnalisée entre le fournisseur et le client. Je tombe sur une opératrice et je lui débite mon histoire. Elle prend note et me dit qu'elle va me mettre en liaison avec un technicien. Musique. Je poireaute quelques minutes. L'opératrice revient et m'annonce que tous les techniciens sont occupés et me propose de rappeler dans une demi-heure. Une demi-heure plus tard je rappelle. Ce n'est plus la même opératrice. Cette fois-ci j'ai affaire à une voix masculine. Je raconte à nouveau mon histoire et l'opérateur de me répondre qu'ils sont saturés en raison de la grève et me demande de rappeler lundi matin. La grève? Qu'est ce que ça vient faire? Vous êtes fournisseur, vous êtes liés par des obligations vis à vis de votre clientèle. Et votre fameux contrat de confiance qu'est ce que vous en faites? Grève ou pas grève je n'ai pas à entrer dans ces considérations. Et l'opérateur de me répondre que je suis en liaison avec un centre situé en région parisienne qui tourne en sous effectif ce jour là, bon nombre de leurs techniciens n'ayant pu se rendre sur leur lieu de travail à cause de la grève qui sévit dans les transports publics.


Aujourd'hui lundi. Un technicien m'a appelé à 8 heures. Il me fait procéder à quelques manipulations techniques. Sa voix est absente. Il constate ce que je savais depuis samedi, à savoir qu'il y a un vice dans l'appareil et me dit qu'un technicien passera mercredi. Mon sang ne fait qu'un tour. Désolé, monsieur, j'ai acheté un produit neuf, il ne fonctionne pas. Je ne vais pas attendre trois jours. Il y a un vice manifeste. Je tiens à rapporter l'appareil au magasin et qu'on procède à un échange standard. Le technicien me dit alors de sa voix monocorde: "Dans ce cas j'annule l'intervention et vous rapportez l'appareil au magasin". je l'entends pianoter sur son clavier. J'arrête là la communication.


Cet après-midi j'irai donc rapporter l'ordinateur à Aubagne, mais je sens que le parcours du combattant n'est pas fini et que l'échange standard n'est pas inscrit dans la culture de cette maison malgré son contrat de confiance. J'opterai pour ma part plutôt pour un contrat de défiance.


En attendant quelle belle société s'annonce avec le règne de la communication numérisée! Je plains les jeunes générations car nous ne sommes qu'au début de ce phénomène.

Vous avez appelé la police ne quittez pas. Il m'est arrivé de l'appeler et j'ai eu ce message pendant de longues minutes alors qu'il avait urgence. Et il paraît que c'est le progrès! Bravo!

dimanche 4 novembre 2007

A VERT issement aux lecteurs!

Hors de l'écologisme point de salut! Le monde jusqu'à présent avait eu droit à une multitude d'idéologies allant du bolchevisme en passant par le stalinisme, le trotskisme, le maoïsme. On a même trouvé des "ismes" là où il n'y en n'avait pas. Monseigneur Lefebvre a créé, à en croire nos chers médias, une nouvelle théologie, le lefebvrisme! C'est, d'ailleurs, faire beaucoup d'honneur au défunt archevêque qui n'en demandait sûrement pas tant, lui dont le combat a consisté à maintenir la foi catholique dans toute son intégrité - Tradidi et quod accepi- sans apporter quelque innovation de son cru. Au demeurant, il serait intéressant de poser la question aux journaleux "sçavants", comme on l'écrivait du temps de Molière, de savoir ce qu'est très exactement le lefebvrisme. Je pense que nous aurions droit à quelques réponses savoureuses. Mais là n'est pas la question du jour.

Nous avons donc une idéologie nouvelle dont on nous dit désormais qu'elle est la seule possible pour assurer le salut de l'humanité. Je me suis empressé d'acheter le livre vert de Ma(hul)o afin d'en savoir un plus sur l'écologisme salvateur. Empressé, à bien y penser, cela me paraît excessif puisque je ne l'ai acheté qu'il y une quinzaine de jours seulement.



Le nouveau guide vert vient de sortir!


Très vite le livre m'est apparu passionnant et empreint d'une immense liberté intellectuelle. Cela commence d'emblée par la couverture qui nous indique que la bible Hulot est écrite avec le concours du "comité de veille écologique". Bigre! Nous avions eu dans le temps les comités de salut public républicains aux heures joyeuses de la révolution rouge sang de 1789 et de la Terreur et voici qu'on nous sert un comité vert. Les comités de salut public, de sinistre réputation, n'étaient même pas qualifiés de veille. Le nôtre si. Cela promet!

Et comme comité de veille il y a, l'éditeur de Monsieur Hulot s'empresse de faire allégeance à la bien pensance verte. Avant même la page de dédicace, notre éditeur se fend d'une déclaration solennelle dont je vous donne la teneur. Je ne peux résister davantage au plaisir de vous la livrer telle qu'elle figure dans le livre du chantre du messianisme vert. Cela vaut son pesant de cacahuètes, vertes, cela va de soi!



NOTE EXPLICATIVE
SUR LA FABRICATION DU LIVRE



Ce livre a été imprimé sur du papier recyclé UPM Brite 55 g/m2 fabriqué à la papeterie de la Chapelle Darblay pour l'intérieur du livre et Cyclus offset 300 g/m2 des papeteries Dalum pour la couverture.
Ces papiers sont fabriqués avec un agent blanchis­sant non chloré à 100 % à base de pâte issue de vieux papiers récupérés après usage sans apport de fibres de bois vierges, ce qui explique leur teinte très légèrement grisée. L'utilisation d'un papier 100 % recyclé peut entraîner quelques contraintes : suivant la nature du papier utilisé pour confectionner la pâte, qui varie quelque peu selon les arrivages, la teinte et la tenue du papier peuvent subir des variations légères. Quelques imperfections visuelles peuvent donc être observées, témoins caractéristiques de la production naturelle du papier. Nous comptons sur votre compréhension si vous en rencontrez dans cet exemplaire. Il nous a en effet paru essentiel d'utiliser, pour fabriquer cet ouvrage, une matière et des techniques en cohérence avec son contenu.

L'éditeur



Comme je ne tiens pas à être suspecté d'hérésie anti-écologisme et finir sur un bûcher purificateur, il m'a semblé urgent de faire moi-même une déclaration de soumission de crainte d'être accusé de collaborationnisme avec les immondes pollueurs que je tiens à dénoncer ici de la façon la plus formelle. C'est pourquoi je tiens à préciser que j'utilise exclusivement pour les besoins de mon blogue un ordinateur et une imprimante de marque Machpro, mais version A+B Pré Carré (marque déposée) – très important et je tiens à le préciser. La souris est nourrie aux grains de canna… euh, pardon, aux grains d'avoine que je cultive sur mon balcon, sans pesticide cela s'entend. Pour les cartouches de mon imprimante je me fournis chez Verpom qui n'utilise que de l'encre de seiche purifiée après filtrage selon la méthode Borhulot-Grenelle version 2007, laquelle méthode a reçu le prix des Deux Nicolas.

C'est pourquoi j'attire l'attention des lecteurs de ce site sur les éventuelles imperfections qu'ils pourraient observer dans ces pages, notamment les fautes de frappe ou les fautes de grammaire. Je les prie de m'accorder leur indulgence mais il était de mon devoir de mettre mon blogue en cohérence avec l'hystérie générale qui s'est emparée de ce pauvre pays.



Ouf je l'ai dit!

samedi 27 octobre 2007

Moyen-Age, Eglise et obscurantisme


Le temps disponible que me procure mon statut de retraité me permet depuis trois ans de dispenser différents cours de préparation aux épreuves de culture générale des examens prévus dans le cadre du déroulement de carrière ou en vue du concours d'admission à l école des officiers de gendarmerie. Ces cours s'adressent donc à des auditoires de niveaux différents. Toutefois, les élèves ont en commun leur jeune âge, relativement au mien! Les plus jeunes ont environ 27 ans et les plus âgés la quarantaine. Le niveau général est assez moyen dans son ensemble mais ce qui frappe de prime abord c'est avant tout le grand conformisme de pensée. La propagande officielle et l'œuvre d'abrutissement de l'éducation nationale, visiblement, ont porté leurs fruits.

Récemment, nous travaillions sur un sujet donné cette année même à un examen en interne. Il s'agissait de donner son point de vue sur les moyens modernes de communication en précisant s'ils permettaient ou on d'accéder facilement à la connaissance. Sujet intéressant, peu difficile dans la mesure où il ne faisait pas appel à des connaissances techniques mais devait permettre aux candidats d'exercer leur sens critique.

Or, certains m'ont, à cette occasion, ressorti les vieilles rengaines sur l'accès à la connaissance facilité depuis le siècle des Lumières, lesquelles lumières ont permis, d'après ces mêmes candidats, de sortir de siècles d'obscurantisme entretenu par l'Eglise. Un candidat, garçon sympathique et faisant partie de ceux qui me paraissent avoir une culture d'ensemble plutôt riche m'écrit ceci dans sa copie:

"Au moyen-âge, seuls les érudits et plus particulièrement l'église, détenaient la connaissance. Le peuple était plongé et maintenu dans l'ignorance. Cette époque porte un nom l'obscurantisme. Puis il y eu le siècle des Lumières ou par opposition, la connaissance fût rendue accessible et surtout elle fût libérée de ceux qui la détenait comme un pouvoir."

J'ai volontairement gardé l'orthographe originelle. Elle est à l'image de ce que je peux observer dans la plupart des copies. Je dirais même que par rapport à la moyenne, l'auteur de ces lignes commet relativement peu de fautes. C'est dire!

Un autre candidat pendant le cours me fit observer qu'il y eut l'Inquisition et aussi le massacre des Cathares. Bref l'Eglise est chargée de tous les péchés de la terre.

Dans le climat de christianophobie générale qui règne depuis plusieurs décennies et qui s'est considérablement amplifié à partir des années 80, il ne faut guère nous étonner du résultat obtenu par un matraquage des cerveaux digne des régimes totalitaristes.

Les deux candidats sont à l'image de l'immense majorité des Français. Ils ont pris pour argent comptant tous les dogmes républicains qu'on leur a enseignés. A aucun moment ils n'ont exercé une saine critique fondée sur une raison droite. Mais encore faudrait-il pour cela que l'enseignement officiel leur apprît précisément à exercer ce sens critique, mais c'eût été trop dangereux pour le système établi.

Je ne suis pas dans le secret des officines de tout poil pour savoir si nous sommes en face d'un vaste complot mais ce qui est effrayant c'est de constater la convergence de tous ceux qui ont la charge de transmettre le savoir ou l'information pour salir l'Eglise. Ces enseignants, ces journalistes, ces maisons d'édition, tous se sont arrogés un droit de censure absolu sur tout ce qui n'est pas conforme à leur idéologie. Et ce sont ces mêmes démocrates qui nous enseignent l'obscurantisme de l'Eglise catholique pratiquant les autodafés et mettant à l'Index les écrits contraires à la foi ou pire encore que l'Eglise maintenait volontairement les esprits dans l'ignorance crasse pour mieux asseoir son pouvoir sur les consciences.

Anesthésiés par la pensée officielle, les Français ne savent même plus raisonner à partir d'évidences qui sautent aux yeux. Oui, le Moyen-âge était une période d'obscurantisme, puisque vous le dites, mais alors expliquez-nous comment les cathédrales, ces purs joyaux de l'Occident chrétien ont pu sortir de terre et résister à l'épreuve du temps pour nous laisser ce plus beau témoignage d'une époque où la société toute entière vivait et respirait au rythme de l'année liturgique. Car enfin, vous dirai-je, si ces cathédrales ne se sont pas effondrées à peine finies, c'est bien parce que les architectes de l'époque avaient un savoir-faire prodigieux pour bâtir des édifices stables malgré leur hauteur vertigineuse pour l'époque. Notre Dame de Paris, Chartres, Reims, Strasbourg, Bourges, Beauvais, Cologne demeurent des témoins vivants de l'architecture médiévale.


Si nous remontons dans le temps, il nous faut aussi prendre en compte tout l'art roman. N'oublions pas que ce que nous qualifions de Moyen Âge correspond à une période qui s'étend sensiblement de l'époque carolingienne, autour des années 800, jusqu' à la découverte des Amériques en 1492, soit sept siècles. C'est un peu comme si les historiens du quatrième millénaire à venir, si l'humanité parvient jusque là à survivre à sa course folle, mettaient dans le même sac la France depuis Philippe le Bel jusqu'à…Nicolas Sarkozy. Je sais bien que pour ce dernier la France de Jeanne d'Arc est aussi celle de Louis XIV et de Jean Jaurès mais tout de même!




La cathédrale de Beauvais splendeur de l'art ogival et produit de ...l'obscurantisme!

Il faut donc regarder l'art roman remarquable par sa sobriété et sa pureté. Chaque fois que je vais à l'abbaye de Sénanque, je m'émerveille de deux choses: l'acoustique et la lumière. Les sons prennent un relief particulier et je me souviens de la démonstration que nous avait un moine cistercien sur la résonance particulière, par amplification du son, que pouvait prendre la cantilène grégorienne. Ce qui est surprenant aussi c'est la luminosité des lieux. Certes, nous sommes en Provence mais cela n'explique pas tout. En effet, on remarque que les ouvertures sont peu nombreuses. Cependant elles sont conçues pour laisser entrer le maximum de lumière, ce qui fait qu'il n'y règne aucune pénombre.


La beauté dépouillée de l'abbaye de Sénanque au fond de son vallon verdoyant.


Comment passer sous silence le rayonnement spirituel et intellectuel du monachisme bénédictin en occident. Rien ou presque ne nous serait parvenu de la culture hellénique et romaine sans l'oeuvre des moines. Alors que l'invasion des barbares, la chute de l'empire romain marquent le début d'une période de décadence, l'Eglise sera la cheville ouvrière de la restauration de la civilisation en occident. Ah Messeigneurs évêques de France, puissiez vous vous inspirer de l'oeuvre de vos vénérables prédécesseurs plutôt que de vous réfugier dans un silence frileux et tacitement approbateur ou pire de battre votre coulpe sur la poitrine de ceux qui ont l'heur de vous déplaire, sans compter ceux qui font l'apologie à peine voilée du communisme!

Dans la littérature, Le Moyen Age n'est pas en reste. Probablement que beaucoup d'œuvres ont disparu dans les incendies, nombreux à cette époque et particulièrement destructeurs. La chronique de la Grande Chartreuse nous apprend que lors de l'incendie qui détruisit le monastère en 1371, Dom Guillaume de Raynald, le Prieur, s'écria "Mes Pères, mes Pères, ad libros, ad libros, sauvez les livres, sauvez les livres!" La révolution de 1789 se chargea aussi d'achever l'oeuvre accidentelle du feu en détruisant une grande partie de notre patrimoine religieux. Combien d'ouvrages, d'édifices disparurent dans la tourmente? Nous ne le saurons jamais. Tout au plus pouvons-nous avoir une idée de l'ampleur du saccage en dressant la liste des abbayes et des églises vandalisées quand elles ne furent pas tout simplement détruites.
Cependant, nous sont parvenues bon nombre d'oeuvres médiévales tous genres confondus.

Les chansons de gestes, les fabliaux, les farces, le roman courtois, les lais de Marie de France, les Chroniqueurs Villehardouin, Joinville, Froissart et Commynes le théâtre de Rutebeuf, Guillaume de Machault, Chrétien de Troyes, les auteurs et les genres littéraires ne manquent pas pour une époque que l'on considère généralement comme arriérée. Et surtout n'oublions pas les grands noms, je dirai le grand nom, saint Thomas d'Aquin dont la philosophie et l'analyse politique demeurent étonnamment d'actualité, même si au sein même de l'Eglise le courant moderniste, notamment dans les années 60, fit tout pour le discréditer au profit de théologies nouvelles pourtant condamnées par les papes jusqu'à Pie XII.

Le Sire de Joinville (1224 - 1317). Chroniqueur, il est l'auteur de l'histoire de saint Louis

Etrangement, il ne viendrait à personne l'idée de considérer que la civilisation romaine fut une civilisation obscurantiste. Pourtant, la société romaine ne brillait par le raffinement de ses mœurs. Les jeux du cirque étaient barbares, le paterfamilias avait droit de vie ou de mort sur ses enfants, l'esclavage généralisé avilissait la personne humaine. Les mœurs étaient rudes. Complots, assassinats jalonnent l'histoire de l'Urbs.

Je n'ai pas davantage entendu les grandes âmes condamner cette page si "glorieuse" de notre histoire que fut la révolution de 1789. Et pourtant elle en fit des victimes, d'autant moins pardonnable dans sa propre logique, que cette révolution s'inspirait des Lumières pour promouvoir la liberté et avec elle une ère nouvelle!

La révolution ne fut pas obscurantiste. A Lavoisier qui demandait au tribunal révolutionnaire un délai pour pouvoir terminer ses travaux de recherches, le président du tribunal répondit que la révolution n'avait que faire des scientifiques.

Nous réserverons pour plus tard une étude sur l'Inquisition car les études à son sujet sont très controversées. Il est toujours difficile de faire la part des choses dans la plus grande objectivité.

Si l'humanité se réveille un jour, ce qu'à Dieu ne plaise, je ne doute pas un instant que l'on puisse qualifier notre civilisation d'obscurantiste. La dégradation des mœurs, l'avortement légalisé en sont les marques les plus visibles. Le dogme unique qui sévit empêche tout débat sérieux. Le créationnisme fait sourire mais sait-on que la théorie de l'évolutionnisme ne s'appuie sur aucune preuve formelle et que loin d'apporter une réponse à l'origine de la vie, elle pose plus de problèmes qu'elle n'apporte de solutions.

Réchauffement de la planète en raison de l'activité de l'homme? Où peut-on lire ou entendre dans la communication institutionnelle que rien ne prouve que si réchauffement il y a, il soit la conséquence de notre activité polluante?

Claude Allègre qui n'est pourtant pas de ma chapelle, fait dans son livre intitulé "Ma planète" dont on a peu parle, et pour cause, une mise au point très édifiante sur l'écologiquement correct tel qu'on le pratique actuellement.

Aujourd'hui plus que jamais nous sommes tombés dans l'hystérie de la lutte contre le réchauffement. Une chose est certaine, ce combat n'est pas perdu pour tout le monde car il sera une source de profits considérables pour le monde des affaires et pour tous les profiteurs et opportunistes. Le citoyen lambda risque par contre d'y laisser beaucoup de plumes.

Mais tant que l'on "éduque" les Français sur leur propre histoire revue et corrigée, on est au moins certain qu'ils n'auront pas le mauvais goût de poser les bonnes questions sur les vrais problèmes de notre pauvre société.


samedi 20 octobre 2007

Autour de Guy Môquet


Parler aujourd'hui de la force d'un pays n'est plus du goût du jour. L'Europe du XXème siècle a subi la folie meurtrière des totalitarismes qui exaltaient, au nom d'une idéologie, la vertu de la force - pléonasme au demeurant quand on sait que virtus en latin signifie précisément la force - qui nous fait renoncer désormais à toute vertu collective.

Le spectre du nazisme, bien entretenu à des fins politiques, hante les esprits de nos beaux démocrates. Le prêt à penser médiatique reste beaucoup plus pudique sur les ravages du totalitarisme communiste qui sévit en Europe pendant plus de 70 ans. Il est vrai que la pensée "officielle" est tenue par une nomenklatura très gauchisée, championne autoproclamée de la défense des droits de l'homme. Médias, show-biz et politiciens même combat!

Ceci étant, quand je parle des systèmes totalitaristes, j'englobe les deux systèmes monstrueux, fruit de la pensée humaine qui s'est faite Dieu sans Dieu, qui, sans vergogne, promettaient aux hommes des lendemains enchanteurs et qui imaginaient pouvoir recréer l'Eden perdu du fait de la faute originelle. En guise de paradis l'humanité s'est vue offrir la Guépéou pour les Russes indociles et la Gestapo pour les Allemands qui ne voulaient pas penser comme le Führer. Pour les premiers il y eut les goulags et pour les seconds les camps de concentration.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces régimes qui, ne l'oublions pas ne sont pas nés comme par un effet de génération spontanée. Le système politique, la faiblesse des démocraties, les conditions économiques, l'injustice sociale furent des terrains de prédilection pour ces doctrines destructrices. Et le peuple, éclairé comme il se doit depuis le passage des Lumières du XVIIIème siècle, a suivi comme des moutons de Panurge, sans même se rendre compte que leurs messies, leurs sauveurs les conduisaient à l'abattoir.

Depuis, l'Europe croit s'être réveillée, et s'être vaccinée à jamais contre les totalitarismes sanglants. Plus jamais ça! Dignité humaine, défense des libertés, les belles âmes ont toujours les mots qu'il faut, surtout quand cela peut valoriser leur image commerciale et faciliter les rentrées de royalties. Il est beaucoup plus porteur de se mobiliser contre le racisme, la xénophobie, pour les "sans-papiers" que de se réclamer publiquement sympathisant de la droite de Jean-Marie Le Pen ou de Philippe de Villiers. Même la sarkomania n'est pas porteuse. Doc Gynéco dont on se demande ce qu'il venait faire dans le débat politique d'une droite qui se voulait résolument à droite semble rencontrer des problèmes d'audience depuis sa "collaboration" avec le candidat UMP.

Donc, il est particulièrement incorrect de parler d'un état fort qui ne peut être que nécessairement destructeur des "libertés individuelles". On le voit bien ces jours-ci avec la polémique qui enfle autour de la lettre de Guy Môquet fusillé par les Allemands en 1941.

Merveilleux professeurs, adorables professeurs, comme aurait dit Jean-Claude Brialy, qui dénoncent "une ingérence politique intolérable" mais qui trouvent dans le même temps normal de pousser leurs élèves à la grève et au désordre dans les rues, CPE oblige!

Merveilleux professeurs, adorables professeurs qui "n'admettent pas qu'on instrumentalise l'Histoire au profit du politique", alors que les manuels scolaires vomissent des contrevérités à longueur de pages qui réécrivent l'Histoire de la France et du monde dans une perspective gauchisée et très politisée.

Merveilleux professeurs, adorables professeurs qui proclament que "l'école n'est pas chargée d'inculquer l'amour de la patrie", désavouant les hussards noirs de la IIIème république mais qui trouvent normal que l'enseignement crache de manière permanente sur notre passé historique, inculquant insidieusement aux jeunes le mépris de la patrie et des ancêtres.

Merveilleux professeurs, adorables professeurs comme ce professeur d'histoire – géographie qui trouve "aberrant de lire la lettre de Guy Môquet à ses élèves de seconde, alors que le programme d'histoire traite de la Grèce antique. Les élèves, qui ont tendance à manquer de repères temporels, vont tout confondre."


Aveu ô combien éloquent d'un professeur qui reconnaît implicitement l'incohérence des programmes qui plonge les lycéens dans la confusion. Il est vrai que si les potaches font de Guy Môquet un disciple de Socrate, un stratège à l'image de Périclès ou le transforment en messager coureur annonçant aux Athéniens la victoire de Marathon contre les Perses, il y a de sérieuses inquiétudes à avoir sur leur capacité de discernement, laquelle est d'ailleurs le fruit de tout un système pédagogique dont les professeurs sont le plus souvent les serviteurs zélés. Peut-être faudra t-il désormais synchroniser les programmes des autres matières avec le programme d'histoire? Elles risquent fort, ces matières, d'être réduites à leur plus simple expression surtout quand il s'agira de traiter du paléolithique dans la Préhistoire.

De ce pataquès politico-historique je retiens eux choses:


Guy Môquet ou le contresens historique

Tout d'abord, il est évident que Nicolas Sarkozy a été mal conseillé par sa" plume", Henri Guaino, qui, paraît-il, est à l'origine de cette "géniale" trouvaille vite reprise par le président, pas fâché du bon coup. "Piquer" à Marie-Georges Buffet sa station de métro pour en faire un symbole de l'âme de la France éternelle, de la France combattante, de la France résistante, de la France qui ne se met pas à genoux devant l'ennemi, c'est excellent pour déstabiliser les partis de gauche. Oui mais l'histoire de Guy Môquet, malheureusement, n'est pas celle que l'on raconte.

Faisons un retour en arrière. Guy Môquet est un militant communiste particulièrement actif. Or, en 1939 le parti communiste est dissous en raison de son opposition à la guerre contre l'Allemagne. Il faut se rappeler que les Allemands viennent de signer le 23 août 1939 un pacte avec l'URSS, le fameux pacte de non-agression réciproque. Cet accord bilatéral est un coup de tonnerre qui surprend les Français. Le plan Barbarossa qui prévoit l'invasion de la Russie est dans les cartons pour l'instant. Hitler, en fin manoeuvrier, retourne le jeu des alliances en sa faveur, neutralisant ainsi un ennemi potentiel à l'est pour mieux se concentrer sur ses objectifs premiers, à savoir l'invasion de la Pologne tout en faisant face à une éventuelle attaque de l'Angleterre et la France sur le front ouest.

Alignés fidèlement sur Moscou, les communistes français vont alors tout faire pour s'opposer à la guerre, y compris par des actes de sabotages dans les usines d'armement, se faisant ainsi les alliés de circonstance des Allemands.

Désormais l'Allemagne a les mains libres. Elle attaque la Pologne le 1er septembre 1939. La Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre, suivie quelques heures plus tard par la France.


Guy Môquet jeune communiste fut arrêté en raison de son activité militante par la police française en octobre 1940 et fusillé par les Allemands en octobre 1941 comme otage en représailles à l'assassinat d'un lieutenant-colonel de la Wermacht. Le présenter comme un résistant constitue un contresens historique. Lui-même se définissait comme un martyr de la cause communiste.

On observera, au passage, que la France déclare la guerre, conjointement à la Grande-Bretagne, pour s'opposer à l'invasion de la Pologne et après quelques incursions en territoire allemand dans la forêt de la Warndt se retranchera frileusement derrière la ligne Maginot dans un immobilisme ahurissant. "Et voilà toute notre aide à la Pologne!", s'exclamera le général Beaufre. Quand on sait que la grande crainte d'Hitler était de voir surgir les franco-anglais dans son dos, alors que lui guerroyait face à l'est, on demeure pantois!

L'inertie des Français est proprement incompréhensible, y compris pour de nombreux généraux allemands qui redoutaient une invasion de la Ruhr. Le général allemand Westphal affirma même que l'occupation du bassin industriel de la Ruhr aurait été un coup mortel pour le Reich et que le nazisme se serait alors effondré.


Le maréchal Keitel, chef de l'OKW (OberKommando der Wermacht ou haut commandement de la Wermacht) qualifia l'attitude française d'absolument inexplicable car contraire à tous les principes militaires.



Le maréchal Keitel signant l'acte de capitulation pour l'Allemagne en mai 1945. Il fut jugé, condamné à mort pour crimes contre l'humanité au procès de Nuremberg et pendu le 16 octobre 1946.

Mais c'est oublier que le vent du pacifisme bêlant français avait déjà fait son oeuvre et opéré des ravages profonds. Nous allions en payer le prix très, très élevé!

Affiche prémonitoire dénonçant la situation de l'aviation française à la veille de la deuxième guerre mondiale

Il ne se passa donc rien sur le front - et pour cause! - du moins jusqu'au 10 mai 1940, date à laquelle les Allemands eurent le mauvais goût de nous rappeler que nous leur avions déclaré la guerre près d'un an auparavant et firent preuve d'outrecuidance en nous réveillant de notre torpeur. Mais pendant ce temps la propagande et l'activisme communistes étaient allés bon train et furent considérés par l'immense majorité des Français et par les pouvoirs publics en premier lieu comme des actes de trahison et des menées subversives en temps de guerre, même si la guerre prenait une drôle d'allure.

Une scène parmi d'autres de la drôle de guerre. Labourage et pâturage semblent être les préoccupations immédiates de l'armée française. Foin de l'entraînement au combat si l'on peut dire!



Le théâtre aux armées pendant la drôle de guerre destiné à soutenir le moral de nos combattants! L'esprit de 1940!


Pendant ce temps en face on joue un tout autre théâtre sur une tout autre tonalité. Et il en est qui s'étonneront de notre foudroyante défaite en à peine un mois!

Attention cependant à ne pas tomber dans la caricature et faire de l'armée française une armée d'opérette. Elle avait ses unités d'élite qui livrèrent des combats héroïques mais malheureusement isolés et sans lendemains du fait du climat général qui régnait dans l'armée comme dans la société en général.

Aussi le gouvernement Daladier adopte-t-il, une fois n'est pas coutume, des mesures énergiques. Il interdit le PCF. De nombreux responsables du parti sont arrêtés et incarcérés. Maurice Thorez qui est mobilisé à cette époque au 3ème régiment du génie à Chauny, s'enfuit à l'étranger. Prosper Môquet, le père de Guy, député communiste est lui-même arrêté.

L'activité des communistes français sert à merveille la cause des Allemands qui n'hésiteront pas à libérer des détenus après l'armistice de juin 1940. Henri Amouroux dans le tome 1 de sa grande histoire des Français sous l'Occupation note même que des négociations secrètes ont eu lieu entre les autorités allemandes en France occupée et les représentants du parti communiste en vue de libérer les militants internés.

Edouard Daladier, Président du Conseil d'avril 1938 à mai 1940, période pendant laquelle il prit les mesures visant à interdire le parti communiste en France.

Après la débâcle de juin 1940, il n'en demeure pas moins que les communistes poursuivent leurs menées et leur propagande. C'est dans ce contexte que le jeune Guy Môquet est arrêté par la police française en vertu du décret Daladier de 1939. Incarcéré en région parisienne, il est ensuite transféré au camp de Chateaubriand en Loire-Inférieure, aujourd'hui Loire-Atlantique.

Mais en juin 1941, coup de théâtre, l'Allemagne rompt le pacte germano-soviétique de non-agression en attaquant l'Union soviétique. Aussitôt, les communistes changent de politique du tout au tout et se lancent dans la lutte contre l'occupant ennemi. Le 20 octobre 1941, le lieutenant-colonel Karl Hotz, commandant des troupes allemandes pour la Loire-Inférieure est abattu à Nantes de deux balles dans le dos par trois résistants communistes.

Hitler exige aussitôt que soient fusillés 50 otages en guise de représailles. Au total 48 seront exécutés dont 27 parmi les détenus du camp de Chateaubriand. Guy Môquet fait parti de ce lot. Il est donc particulièrement maladroit, politiquement parlant, de se référer à Guy Môquet en le présentant comme un résistant animé d'un sens patriotique élevé. Il s'agit même d'un énorme contresens historique. Il est un militant communiste acquis à la cause de l'Internationale ouvrière. C'est son unique combat.

La lettre de Guy Môquet sera exploitée bien plus tard par le parti communiste français pour effacer la calamiteuse image de sa "collaboration" avant l'heure avec l'occupant allemand et le présenter sous les traits du parti des 75 000 fusillés (pour faits de résistance à l'occupation nazie).

Pour exalter la France éternelle, celle qui ne plie pas sous la botte ennemie, il y avait d'autres modèles à prendre. Je pense au lieutenant Tom Morel, officier saint-cyrien, qui se lancera dans la résistance en organisant le maquis du Plateau des Glières en Haute Savoie. Il est dans la lignée des vrais soldats, des héros authentiques, non pas pour avoir recherché une quelconque gloire personnelle, mais parce que ses actes traduisent son engagement total et relèvent des plus hautes vertus. Mais, à la différence de Guy Môquet, le lieutenant Morel n'a pas laissé de lettres d'adieu qui font pleurer les âmes sensibles dans les chaumières. On verse dans le sentimentalisme mais c'est tellement dans l'air du temps! Nous le verrons un peu plus loin.


Théodose Morel(1915 - 1944), dit Tom Morel, promotion Maréchal Lyautey de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr (1935 - 1937) en uniforme de sous-lieutenant des chasseurs alpins

L'anarchie rampante ou l'esprit de 1940 qui se perpétue

Le second point que je tiens à souligner tient au désordre qui règne en France. Nous le constatons ici. Une décision prise par le chef de l'Etat sans grande portée, ni grande conséquence, il faut bien le reconnaître, provoque dans le corps enseignant une levée de boucliers avec des arguments souvent spécieux et qui, de ce fait, ne convainquent personne. La confusion que pourrait provoquer la lecture de la dernière lettre de Môquet dans l'esprit des élèves de seconde est un argument dont le ridicule le dispute à l'évidente mauvaise foi.

Jusqu'à preuve du contraire, le corps enseignant appartient à la fonction publique. Il est donc placé sous l'autorité du gouvernement et du chef de l'Etat. Il est tenu d'appliquer les directives venant d'en haut, les états d'âme n'ayant pas leur place ici. Mais force est de reconnaître que plus personne, dans l'éducation nationale ou ailleurs, ne semble prêt à obéir. Questionné sur d'éventuelles sanctions qui frapperaient les professeurs ayant refusé de lire la lettre de Môquet, l'Elysée a fait savoir qu'une telle éventualité était exclue. On s'en serait douté!

Beaucoup de gendarmes, officiers comme sous-officiers, me parlent de leur désarroi en me disant que le commandement dans la gendarmerie aujourd'hui a adopté un profil bas, la crise de 1989, et surtout celle de 2001, ayant laissé dans les esprits des séquelles profondes. Les grands chefs se cantonnent dans une attitude prudente, voire démagogique, et ne brillent guère par le courage dans la prise des décisions (du moins quand elles comportent un risque, aussi minime soit-il). Il était un temps pas très lointain où les hommes ne craignaient pas de faire acte de commandement. L'art de commander n'a rien à voir avec l'autoritarisme ou le despotisme. A vouloir coller la liberté à toutes les sauces, notre société qui ne supporte plus la moindre forme d'autorité est devenue ingouvernable.


Dans la police nationale, les commissaires ont, semble-t-il, disparu. Sauf rares exceptions, interviennent à la télévision pour commenter les troubles graves de l'ordre public, les affaires judiciaires, les mises en cause de la police, d'obscurs représentants syndicaux! Or, il s'agit là d'affaires relevant de l'opérationnel, c'est à dire du commandement par excellence. Que vient faire un syndicaliste dans un tel contexte ? A quand l'intervention devant les caméras du concierge ou de la standardiste du tribunal de grande instance au lieu et place du procureur de la république pour commenter la dernière affaire criminelle?


Le chef en grec se dit archos. Nous retrouvons cette racine hellénique dans de nombreux mots français pour exprimer l'idée de commandement ou de gouvernement. Ainsi, la monarchie est le gouvernement d'un un seul homme. Une oligarchie est un gouvernement exercé par un petit nombre. L'absence de toute forme de commandement est étymologiquement l'anarchie (an étant le préfixe privatif). Force est de constater que la France se trouve en état d'anarchie rampante dans tous les sens du terme.

Soit dit en passant l'anarchie est bien entretenue par tous ceux qui se prévalent de la bonne philosophie marxiste dont se réclamait à l'époque Guy Môquet.

On ne gouverne plus au sens littéral, c'est-à-dire tenir le gouvernail, se fixer un cap, pour atteindre un point lointain. Non, de nos jours nos "gouvernants" gèrent dans le sentimentalisme, l'émotionnel, l'instantané. Des enfants meurent agressés par des chiens, aussitôt la ministre de l'intérieur prépare une nouvelle loi pour montrer qu'elle n'est pas insensible à l'émotion suscitée par ces évènements dramatiques. Un accident mortel survient sur une fête foraine, qu'à cela ne tienne, on se réunit séance tenante pour préparer un nouveau texte réglementaire. Accident dans un ascenseur, accident majeur comme ce fut le cas il y a quelques mois avec l'autocar de pèlerins polonais qui a plongé dans un ravin à Vizille, à chaque fois on prend de nouvelles mesures et on le fait claironner mais on ne se préoccupe pas de savoir s'il existait des textes dans les domaines concernés, ce qui est très souvent le cas et on oublie de s'interroger sur les causes de leur non-application.

On procède par gesticulations et effets d'annonce sans lendemains et les nouveaux décrets, les nouvelles lois que l'on élabore en toute hâte iront encombrer un peu plus l'arsenal impressionnant des textes réglementaires jamais appliqués, faute d'une véritable volonté politique.

L'accident de Vizille est un exemple parmi d'autres. Il n'est pas le premier accident grave à se produire au bas de la descente de Laffrey. Il est au moins le troisième mettant en cause des autocars qui, manquant le virage à 90 degrés, faute de freins, lesquels ont lâché entretemps, surchauffés par la longue descente qui précède, terminent leur course dans le ravin. Bien entendu, le gouvernement s'est saisi du problème et entend traiter du même coup tous les points noirs en France.

Est ce bien son rôle? Est-ce à l'Etat au plus haut niveau de s'assurer que tel carrefour n'est pas dangereux, que la visibilité est suffisante à tel passage à niveau, que le passage pour piétons dans je ne sais quelle commune de la Lozère est bien sécurisé? Il existe des services départementaux, police, gendarmerie, sapeurs-pompiers, SAMU, service de l'équipement etc, qui doivent jouer leur rôle sous l'autorité du préfet. En perdant le sens du commandement, on a de ce fait perdu le sens des responsabilités. En faisant remonter au niveau le plus haut ce qui relève de l'administration locale, on détourne le gouvernement de sa mission première, gouverner et on déresponsabilise les échelons territoriaux. Le conseil des ministres n'est pas un super conseil municipal.

L'exercice du commandement est un genre que l'on répugne désormais à pratiquer. Aujourd'hui, le maître mot est le dialogue. Non pas qu'il ne faille pas dialoguer. La concertation est une bonne chose en soi. Elle n'est pas incompatible avec le commandement. Les meilleurs gouvernants que la France ait eus dans son histoire ont été ceux qui ont su s'entourer de bons conseillers. Mais la décision appartient en dernier lieu au chef et à lui seul d'en assumer l'entière responsabilité.

Nous sommes depuis plusieurs décennies dans l'ère de la palabre. On dialogue, on négocie, on se concerte, on communique, sans que les choses aillent mieux pour autant. Quand la maison est en feu, on ne se disserte pas pour savoir s'il faut prendre un tuyau de tel diamètre plutôt que de tel autre. On agit et vite faute de quoi la maison se retrouvera très rapidement en cendres.

La maison France n'est-elle pas en train de brûler pendant que nos pompiers sont en train de discuter dehors ? D'une certaine manière l'esprit de 1940 n'est pas mort en France, hélas!


Hommage rendu par la promotion Tom Morel de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr aux combattants du Plateau des Glières et à Tom Morel, leur chef.

Mais laissons en guise de conclusion la parole au lieutenant Théodose Morel, officier au sens le plus noble du terme. Il est un exemple et une source d'espoir pour nous tous.

"Je cultive le prestige, non pour une vaine gloire mais pour élever les âmes vers Jésus: Il est mon grand potentiel d'énergie; s'Il n'était pas dans mon cœur, je sens que je ne pourrais rien faire".

Lieutenant Tom Morel

mercredi 10 octobre 2007

Parlons français!


Nous pensons comme nous parlons ou comme nous écrivons, à moins que nous n'écrivions et ne parlions comme nous pensons. Quoi qu'il en soit, une chose est certaine, nous avons acquis de bien mauvaises habitudes révélatrices du délitement de la pensée française.

Dans ce domaine, les médias portent une responsabilité considérable. Depuis une cinquantaine d'années au moins, leur action a contribué à maltraiter systématiquement la langue française.

Le snobisme d'une pseudo élite intellectuelle française, très parisienne, nous a fait adopter deux manies :

-- le "vocarabia"
-- l'américanisme,


Le vocarabia ou le manque de courage intellectuel

Vocarabia est un néologisme de mon cru issu de la contraction de vocabulaire et charabia. En effet, les médias et certains milieux professionnels utilisent un vocabulaire d'un type nouveau, le plus souvent destiné à masquer une réalité que l'on ne veut pas reconnaître. C'est en cela que je considère qu'il relève d'un manque de courage intellectuel ou du mensonge trompeur.

Ainsi, aujourd'hui nous ne voulons plus dire les choses telles qu'elles sont. Petit à petit, nous avons remplacé aveugle par malvoyants, sourd par malentendant, femme de ménage par technicien de surface, gitans par gens du voyage, immigrés par minorités visibles etc.

Au milieu des années 70, alors qu'il était de notoriété publique que le chômage augmentait de façon inquiétante, les pouvoirs publics se répandaient en propos lénifiants afin de rassurer l'opinion publique. Mais arriva un jour ou, rattrapé par la réalité, il fallut bien que le gouvernement reconnût cet accroissement grave du chômage. Les journaux firent alors état d'une certaine érosion du plein-emploi, reprenant les mots mêmes du porte-parole du gouvernement. On utilisait ainsi une circonlocution pour éviter de reconnaître clairement l'existence d'une situation économique particulièrement préoccupante. Cela aurait été mauvais pour la majorité gouvernementale de l'époque.

Aujourd'hui, lorsqu'une personne est gravement blessée et que sa vie se trouve en danger, les médias nous indiquent que le pronostic vital est engagé. Cette formulation est emblématique du manque de courage intellectuel qui nous caractérise désormais. En même temps, elle nous montre notre incapacité à formuler clairement notre pensée. Attardons-nous quelques instants sur cette expression très fréquemment utilisée.

Le pronostic vital est engagé : une telle expression qui signifie dans le langage courant qu'une personne est en danger de mort, ne peut qu'émaner d'esprits tortueux. Voyons tout d'abord le terme de pronostic : il signifie dans le cas présent diagnostic, il veut dire également prévision estimation ou jugement. Le pronostic peut donc être optimiste ou pessimiste. Il peut même être très pessimiste, gravement pessimiste. Dans le cas qui nous occupe pour l'instant, lorsque nous parlons de pronostic vital engagé, nous avons un diagnostic pessimiste.

Le second terme est l'adjectif vital. Le dictionnaire ne donne comme sens premier "essentiel à la vie d'un individu ou d'une collectivité". Ainsi, le coeur possède une fonction vitale pour l'être humain. Chacun comprend ici aisément le sens du terme vital. Une fonction est donc vitale dès lors qu'elle contribue à maintenir la vie. De même, nous avons coutume d'évoquer souvent l'idée de problème vital ou de question vitale. Nous disons ainsi que le traitement de la pollution de la nappe phréatique par les nitrates et autres pesticides est une question vitale pour l'environnement. Ici encore nous comprenons le sens du terme vital. Dans cet exemple, la question est qualifiée de vitale parce que de la réponse qui y sera apportée dépend la qualité future de l'environnement, donc d'une certaine manière de la survie du monde animal et végétal. Il existe ici un lien de causalité entre la question (ou le traitement qui y est apporté) posée et la qualité de l'environnement. Si le problème n'est pas traité, notre environnement et, par voie de conséquence, notre vie seront menacés.

Revenons maintenant au pronostic vital que nous évoquions à l'instant. Compte tenu de ce que nous venons de dire, parler de pronostic vital signifie que le diagnostic qui est donné sera déterminant pour la survie du blessé ou du malade. Une telle interprétation est à l'évidence totalement stupide. Le pronostic n'a aucun lien de causalité avec l'évolution de la maladie ou de la blessure. Ici, le pronostic est un simple constat. En revanche une décision médicale peut être vitale dans ses conséquences. Si un médecin décide de débrancher les appareils d'assistance respiratoire, il condamne à mort le malade artificiellement assisté. Une telle décision peut être qualifiée de vitale puisqu'elle entraîne la mort du patient. Lorsque le corps médical fait état d'un pronostic, il relate une situation de fait. Le pronostic n'a donc aucun effet quant à l'évolution de l'état de santé du malade. Dès lors ce pronostic n'a rien de vital. Comme nous l'avons dit plus haut, il peut être pessimiste, particulièrement pessimistes dans les cas les plus graves mais en aucun cas vital.

Le dernier terme de l'expression que nous abordons maintenant est le verbe engagé. Ce verbe possède plusieurs sens. Le sens premier est celui de mettre en gage ou de mettre en jeu : le gouvernement par exemple engage sa responsabilité devant le Parlement. Il peut vouloir signifier également introduire ou mettre. Par exemple : il engagea la clé dans la serrure. On dira également qu'une personne s'engage dans une rue. Engager peut également signifier lier : dans l'armée, on parle de contrats d'engagement. Il existe d'autres sens. Je vous renvoie pour cela un bon dictionnaire.

Dans le cas qui nous intéresse, parmi les sens possibles du verbe engager, celui qui nous paraît le mieux approprié est celui de mettre en jeu. Un individu qui joue à la roulette russe met sa vie en jeu. Cela veut dire par conséquent que lorsque nous parlons de pronostic engagé cela signifie que le corps médical met son pronostic en jeu. Or, ce n'est pas le pronostic qui est mis en jeu mais bien la vie du patient.

Nous voyons ainsi apparaître une signification tout à fait aberrante, qui consiste à dire que du pronostic que fait le médecin dépend la vie ou la mort du patient, lequel pronostic est, au demeurant, mis en jeu ce qui pourrait vouloir dire fait l'objet d'un pari. Cet exemple nous montre qu'à vouloir cacher la réalité, ou du moins ne pas la dire en termes trop brutaux, on finit par formuler des expressions absurdes, vides de toute signification réelle en bon français.


L'américanisation

Notre société subit, et, cela ne date pas d'aujourd'hui, une fascination quasi névrotique pour tout ce qui est américain, pour "l'american way of life". Je n'ai rien contre les Etats-Unis mais je m'oppose fermement à ce qu'ils produisent de pire. Or, le drame tient à ce que nous allons servilement chercher chez nos amis d'outre-atlantique ce que beaucoup d'Américains rejettent eux-mêmes. Il ne s'agit pas de faire de l'anti-américanisme primaire. Je sais que c'est devenu un réflexe chez beaucoup de Français lesquels, n'étant jamais à une contradiction près, ne sont pas pour autant troublés en portant jeans, casquette US, en fréquentant les Mac Do et autres chaînes de restauration du même tonneau et se vautrant devant leur récepteur de télévision pour suivre je ne sais quel série américaine au scénario (quand il y en un!) profondément débilitant.
On a même tenté de lancer le phénomène Halloween dans les années 90, mais, Dieu merci, la mayonnaise ne semble pas avoir pris. Dans un certain sens cela peut paraître rassurant car cela montre que nous sommes capables, si nous en manifestons la volonté, de nous opposer à cette destruction de l'identité française.




Bel exemple de titre d'article dans un magazine de la presse féminine. La presse masculine n'est pas en reste sur ce point.


Naguère encore, la tradition française voulait qu'on s'adressât aux gens en leur donnant du Monsieur ou Madame. Pour faire plus décontracté les organisateurs de jeux télévisuels ont introduit l'usage du prénom. Cela fait tellement plus intime! C'est un usage qui nous vient des Etats-Unis où l'emploi du prénom est pratiquement de règle dans les rapports entre les personnes. L'emploi du terme Sir relève d'un vocabulaire plus formaliste. Ainsi, Sir est le traitement réservé aux officiers de l'armée américaine, là où le français utilise les appellations de Mon Capitaine, Mon Colonel ou Mon Général.

Donc, comme nous sommes fascinés par ce qui nous vient des Etats Unis, nous importons leur vocabulaire, grâce, notamment à la complicité militante des journalistes. Mais hélas il n'y a pas qu'eux! Je me souviens avoir participé à titre professionnel, au début des années 90, à une réunion de haut niveau au siège de la SNCF. Il s'agissait d'une réunion de calage budgétaire entre le ministère de la défense et le transporteur ferroviaire. Le pilotage de cette séance de travail était assuré par un haut cadre de la SNCF, directeur de service, homme à la mise soignée et manifestement bien à sa place dans ce poste important. A la fin de la réunion, les participants décidèrent d'une seconde réunion indispensable pour arrêter les mesures définitives. Et comme nous cherchions en vain à trouver les uns et les autres une date commune qui puisse convenir à tous, notre haut représentant de la SNCF nous indiqua qu'il fallait impérativement nous fixer une "deadline", ce qui signifie en bon français une date limite ou une date butoir, au choix !



Tiré d'un hebdomadaire à grande diffusion, ce titre pour le moins...pas vraiment élégant!


L'intrusion de termes anglo-saxons a pris une démesure stupéfiante en même temps que le vocabulaire s'est singulièrement relâché à la télévision comme à la radio. Il suffit d'écouter les vieux enregistrements sonores datant du milieu du XXème siècle pour mesurer à quel point la vulgarité a progressé. D'un ton recherché et même parfois grandiloquent et pompier, nous sommes passés à un style qui est plus celui du comptoir de bistrot ou des salles de garde que du salon littéraire. Les Précieuses de Molière doivent en frémir dans leur tombeau!

Les médias parlent de coach et non plus d'entraîneur, de crash pour catastrophe aérienne, de people pour célébrités, de loser pour perdant, de fast food pour restauration rapide, de one man show, de marketing, de brain storming, de jogging etc. Je pourrais continuer la liste indéfiniment.

Il est très curieux, parfois, de noter l'emploi du franglais dans des domaines spécifiques, là où les spécialistes du genre utilisent des termes français. Le vocabulaire militaire en est un exemple éloquent. La presse parle de tank tandis que les militaires emploient toujours le mot char. Il en est de même pour battle dress au lieu de tenue de combat ou treillis et de drop zone pour zone de largage. De même, s'agissant de policiers, les reportages parlent d'officier. On entendra parler de l'officier Carpenter pour signifier en fait l'agent de police Carpenter. L'américain utilise l'expression de police officer pour désigner un agent de police ou un fonctionnaire de police pour reprendre l'appellation en usage dans la police nationale. Officier, en français a une tout autre signification, aussi bien dans la police que dans les armées.

Outre le snobisme très parisien, l'usage immodéré de l'anglais traduit une pauvreté intellectuelle et une paresse qui permettent de faire l'économie d'un effort de recherche pour trouver l'équivalent français. Il est vrai que parfois, nous n'avons pas de correspondant français. Rien n'empêche, cependant, d'en créer. Les Canadiens français très pointilleux sur ce sujet ont créé des mots français afin de bannir les termes américains. Magasinage tient lieu de shopping, mercatique de marketing. Les Québécois savent que la défense du français est vitale pour eux en raison du voisinage envahissant des Etats-Unis. Tout laisser-aller dans ce domaine se traduirait, à plus ou moins brève échéance par la mort du français supplanté par l'anglo-américain. Pour les défenseurs de la belle langue "françoise" je recommande au passage ce site remarquable :

http://www.oqlf.gouv.qc.ca/index.html

Il est celui de l'office québécois de la langue française.

Plus près de nous, les Italiens ont su mieux que nous résister à l'anglais notamment dans le vocabulaire sportif. Le calcio qui est universellement connu remplace le football. Le goal est rnvoyé dans ses buts au profit de portiere, le calcio di rigore vaut un penalty et le calcio d'angolo un corner. Il pallamàno est notre hand-ball, de même que pallacanèstro qui correspond à basket-ball et pallavolo à volley-ball. Une basketteuse devient una cestista (il cestino signifie la corbeille).


La langue italienne est restée relativement préservée par rapport au français

Le constat est en tous points préoccupant. Il est manifeste que parmi ceux dont la tâche est de promouvoir, directement ou indirectement, la langue française en raison de leur place dans la société, beaucoup trahissent cette mission. On me répondra que le rôle d'un journaliste n'est pas se substituer aux enseignants. Peut-être, mais alors il n'est pas non plus de se substituer aux magistrats pour conduire dans les affaires à sensation des enquêtes parallèles, le plus souvent orientées dès le départ, et avec des méthodes qui laissent peu de place à la stricte recherche de la vérité. Par destination, le journaliste est un touche-à-tout. Rien ne l'empêche donc de veiller au maintien et à l'enrichissement, par l'exemple de ses écrits ou de son langage, de la langue française dans sa richesse et sa noblesse. Mais il est vrai que le journaliste est plus prompt à dénoncer ce qui va mal chez les autres, surtout quand l'autre ne pense pas comme lui, qu' à regarder ce qui pèche chez lui. Eternelle parabole de la paille et de la poutre!

Pour défendre la langue française encore faut-il aimer la France mais c'est peut-être demander à notre prétendue élite quelque chose au dessus de ses forces. L'identité corse que je connais bien, puisqu'elle fait partie de mes racines familiales maternelles, laquelle ne doit pas être confondue avec le nationalisme corse derrière lequel se cachent des objectifs souvent peu glorieux, est fièrement revendiquée par les Corses à juste titre. La langue corse ne laisse que peu de place au français, et quand elle le fait, elle corsise le mot d'origine française. Le maire devient u merre ou u merru, le gendarme u ghjendarmu, la gare (ferroviaire) a gara (l'italien emploie stazione tandis que gara signifie compétition). A l'inverse le Corse déborde sur le français quand on va "spuntiner", autrement dit manger un casse-croûte (u spuntinu).

Et puisque nous parlons de la Corse, je voudrais en guise de conclusion vous laisser méditer sur la remarquable maîtrise de la pensée de nos ancêtres, tant sur le fond que sur la forme, à travers une courte lettre de l'empereur Napoléon Ier adressée au préfet du Var.

Monsieur le Préfet,

J'apprends que divers incendies ont éclaté dans les forêts du Département dont je vous ai confié l'administration.

Je vous ordonne de faire fusiller sur le lieu de leur forfait les individus convaincus de les avoir allumés.

Au surplus, s'ils se renouvelaient je veillerai à vous trouver un remplaçant.

Fait à Schoenbrunn le 21 Août 1802

Napoléon Empereur

Lettre de Napoléon Ier au préfet du Var



Cette lettre est une merveille de concision et de précision. Il n'y a pas un mot de trop, pas une phrase inutile. Tout est dit en trois phrases:

- j'apprends
- je vous ordonne
- je veillerai

Point n'est besoin d'être préfet pour saisir le sens de cette correspondance, mais gageons que le dit préfet du Var savait parfaitement à quoi s'attendre en cas de récidive.

Que nous sommes loin aujourd'hui ce cette précision de et de cette concision de la pensée!

Je serais curieux de connaître les directives données aujourd'hui aux préfets dans ce domaine comme dans bien d'autres. Elles doivent faire l'objet de notes d'au moins trois pages, que l'on est obligé de lire et relire pour être bien certain de ne pas être passé à côté de l'essentiel, tant nous baignons dans la logorrhée administrative.

Pour avoir exploité personnellement jusqu'en 2004, année où j'ai quitté le service actif, bon nombre d'instructions, de circulaires et autres notes ministérielles, je puis affirmer que les documents pondus par nos brillants énarques ou autres hauts fonctionnaires sont loin d'être des modèles de limpidité.