lundi 14 janvier 2008

L'autel ancien et le dos au peuple

Le pape Benoît XVI a célébré dimanche 13 janvier une messe dans la chapelle Sixtine non pas le dos tourné au peuple comme l’écrit stupidement la grande presse française mais tourné vers l’autel selon le rite traditionnel de notre Eglise.

Voici un extrait de l’article que le Monde consacre aujourd’hui à cet événement :


"Faut-il y voir un nouveau signe adressé à la frange la plus conservatrice de l'Eglise catholique ? Célébrant la messe dominicale dans la chapelle Sixtine, à Rome, dimanche 13 janvier, le pape Benoît XVI a utilisé un autel ancien placé contre le mur, tournant à plusieurs reprises le dos aux fidèles, selon un rite qui n'avait plus été observé en public par un pape depuis le concile Vatican II (1962-1965)".

On peut se demander si la dénommée Stéphanie Le Bars, auteur, auteure, autrice, auteuse (ad libitum selon les goûts de chacune et de chacun) de cet article possède un minimum de culture religieuse catholique pour écrire un tel article.

Ainsi selon cette auteuse, le souverain pontife a utilisé un autel ancien. Pour un peu elle nous affirmerait que le pape a trouvé un vieil autel qui trainait par hasard contre un mur et qu’il lui a pris l’envie, la lubie, de célébrer la messe dominicale sur cet autel.

En fait de vieil autel contre un mur, il s’agit du splendide autel que surmonte un imposant crucifix et qui se trouve au pied de la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange. Bien entendu cet autel est majestueux et n’a rien à voir avec la table qui avait été mise en place pour les célébrations « verso populo ».





Le pape de dos célébrant la messe du dimanche 13 janvier 2008 à l'autel de la chapelle Sixtine



Pire encore le pape, quelle incorrection, s’est permis de tourner le dos au public à plusieurs reprises. Ce doit être anti-démocratique pour notre journaliste. Il est invraisemblable que Dieu s’affranchisse des droits de l’Homme et conduise le souverain pontife à ignorer le peuple au point de lui tourner le dos. Si elle ne l’écrit pas, on peut supposer qu’elle n’est pas loin de le penser. D’ailleurs, le pape ne peut pas être un démocrate car elle poursuit plus loin sur Benoit XVI :

"Quelques mois plus tôt, en mars, le pape avait affiché des positions particulièrement conservatrices sur la vie et les rites de l'Eglise. Il y rappelait le caractère obligatoire du célibat des prêtres et l'interdiction de sacrements faite aux divorcés remariés.

Intervenant régulièrement dans les débats de société depuis son élection, le pape s'est aussi vivement opposé à des réformes engagées en Italie, en Espagne ou en Pologne sur le pacs, l'interruption volontaire de grossesse, la loi accélérant les procédures de divorce, l'euthanasie ou les manipulations sur les embryons."


Bref, comme on le voit le pontificat du Papa Ratzinger, comme disent nos amis Italiens, se résume à des prises de position rétrogrades sur les grandes questions de société, là où notre société occidentale, et la France en particulier, affiche dans le domaine du respect de la vie humaine et en matière de mœurs les positions les plus avancées qui soient, donc conformes aux valeurs démocratiques.

Ceci étant, le souverain pontife, soucieux de redonner à la liturgie la dimension sacrée qu’elle a perdue dans le vent de réformes folles qui ont suivi le concile Vatican II (Je dis bien qui ont suivi et non qui sont la conséquence car je me garderais bien de formuler un avis aussi péremptoire alors que je ne connais pas, comme beaucoup, les textes du concile concernant la liturgie, en particulier la constitution Sacrosanctum Concilium pour la restauration de la liturgie) a tenu à célébrer la messe sur l’autel majeur. Toutefois, la messe était celle de Paul VI en langue vernaculaire. Rien de bien révolutionnaire dans tout cela.

L’entourage du cardinal Vingt-Trois interrogé sur cet événement a répondu qu’il s’agissait d’un non-événement et que le choix du pape était lié à la configuration de la chapelle Sixtine dans laquelle l’autel a été construit pour cette ancienne messe.

La réponse est toute en nuance et pour le moins diplomatique, car on sent bien que l’entourage du nouveau cardinal n’exulte pas de joie à l’idée que le chef de l’Eglise ait pu célébrer la messe tourné vers l’autel, même s’il s’agissait d’une messe dans la forma ordinaria en langue italienne de surcroît.

Cela n’enlève rien au caractère savoureux de cette réponse. Les proches de l’archevêque de Paris découvrent que la configuration des églises les rend plus propices à des célébrations eucharistiques selon le rite ancien que selon la formule du one man show face au peuple adoptée par le clergé moderniste.


Je vais même vous surprendre: figurez-vous que l'architecture des églises, du moins toutes celles que l'on a édifiées avant les constructions maçonniques du même tonneau que la cathédrale d'Evry, a été conçue pour que le prêtre célèbre la messe face au tabernacle et non face à l'assistance.

L’entourage de Mgr Vingt-Trois serait bien inspiré de s’appliquer à lui-même cette observation, d’autant que le meuble qui tient lieu d’autel à Notre Dame de Paris est d’une laideur indicible.




Le Jugement dernier Chapelle Sixtine


Ah, un dernier point que j’allais oublier! L’autel ancien contre le mur dont parle madame Le Bars est celui sur lequel est placé l’urne lors de l’élection du souverain pontife. Chaque cardinal s’y rend pour y déposer solennellement son bulletin et ce au pied de la fresque du jugement dernier qui lui rappelle opportunément la gravité de son choix et les comptes qu’il aura à rendre le moment venu.

Tout compte fait un autel pas si ancien que cela et qui sert, ô combien, dans les moments les plus solennels et les plus graves de notre Eglise comme peuvent l’être les conclaves.

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