lundi 30 juillet 2007

Vacances


Alpirsbach Forêt Noire (Allemagne)


Voici arrivé le temps de prendre quelques jours de vacances. Pour ceux qui ont repris le chemin du travail je leur dis bon courage! Pour les autres , bonnes vacances. N'oublions pas que vacances n'est pas synonyme de bronzage mais que ce doit être un moment privilégié de détente physique et spirituelle.




Je reprendrai ma chronique dans une petite quinzaine.

A bientôt!




samedi 28 juillet 2007

Les psychothérapeutes et l'eau chaude

Les psychothérapeutes en vogue sur les radios nationales répondent souvent aux auditeurs qui les consultent sur leur mal-être, que les difficultés qu'ils éprouvent dans leur vie sociale et affective proviennent de leur souffrance personnelle et qu'ils ne pourront s'épanouir qu'en apprenant à être bien avec eux-mêmes. Combien de femmes et d'hommes vont suivre des thérapies coûteuses pour s'entendre dire cela! On peut s'en étonner tant il semble parfois que la psychologie moderne a tout simplement réinventé l'eau chaude.

En effet, très tôt j'ai su en apprenant au catéchisme l'acte de charité qu'il me fallait "aimer mon prochain comme moi-même pour l'amour de Vous". L'enseignement de l'Eglise, toujours frappé au coin du bon sens (comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs?), sait parfaitement qu'il est impossible de donner au prochain ce que l'on n'a pas en soi. L'amour du prochain, la charité au sens le plus élevé, ne peuvent s'épanouir que dans une âme en paix avec elle-même. C'est, n'en doutons pas, parfois très difficile, humainement parlant et je pense en particulier aux parents et à la famille de la petite Jeanne-Marie Kegelin, enlevée, violée et assassinée en juin 2004 avec une barbarie insupportable. Pour les avoir entendus dans un reportage sur la chaîne télévisée catholique, KTO, je sais qu'ils apprennent le prix du pardon pour l'amour de Dieu. Ils ne peuvent y parvenir que grâce à la prière de l'Eglise qui s'unit visibiliter et invisibiliter à leur propre prière.

Sigmund Freud demeure encore quoi qu'on en dise un fondateur de la psychologie moderne.

Le psychologue apparaît dans une certaine mesure comme le confesseur ou plus exactement le directeur de conscience dans notre société déchristianisée. Là s'arrête la comparaison car si le confesseur nous dit "va et ne pèche plus" le psychothérapeute répond le plus souvent "va continue à pécher puisque cela te fait du bien".


Combien de divorces sont la conséquence de psychothérapies conduites par de véritables Ponce Pilate de la conscience? Ils vous jurent par tous les grands dieux qu'ils sont neutres et que le patient est libre de ses actes. Bien sûr, le thérapeute n'est pas directement responsable d'un divorce au sens où il conseillerait à un patient de divorcer mais la technique qui s'appuie sur déculpabilisation et négation de toute valeur morale incite au divorce quand le patient s'aperçoit que son mal-être est lié, objectivement ou subjectivement, à sa vie conjugale.

La dimension idéologique de la psychologie moderne est flagrante quand des auditeurs consultent à l'antenne sur des questions d'avortement, de vie en couple homosexuel, de relation extra conjugale. J'ai déjà eu l'occasion de l'évoquer dans l'article "la tradi et la psy".


Divan de Freud


Cette dimension idéologique conduit au relativisme puisqu' à aucun moment le psychothérapeute ne peut dire : "Ce que vous faites est condamnable car vous faites souffrir autour de vous". Une telle réponse est un jugement, or le psy ne juge jamais, ce qui le conduit à tourner autour du pot.

Je ne nie pas une certaine utilité de la psychologie à condition de ne pas perdre de vue qu'elle n'est pas et ne peut être une science exacte. Elle peut aider les personnes en mal-être à y voir plus clair à condition de ne pas tomber dans tous les travers de l'idéologie moderne. Elle peut éviter de commettre des erreurs graves vis à vis d'autrui par méconnaissance des mécanismes de la psychologie de l'être. Il est bien évident que le bonnet d'âne dont on affublait les mauvais élèves jadis constituait une énormité pédagogique et ne pouvait aider l'enfant à progresser. Il conduisait le plus souvent au résultat inverse. Mais au nom de la psychologie moderne on a banni le classement scolaire alors qu'il était un indicateur précieux permettant de situer l'enfant par rapport à ses camarades.
Ceci montre que la vraie psychologie reste à inventer, une psychologie qui respecte les valeurs morales et qui fortifie l'être humain dans ces valeurs morales. N'est-il pas plus riche, n'y a t-il pas de meilleur exemple à voir un couple se sortir d'une crise grave tout en renforçant son unité ? L'épreuve, construit l'homme jour après jour à condition de la surmonter.

mercredi 25 juillet 2007

Démocratie: mythes et confusions (I)



Interrogez les Français et vous constaterez que beaucoup sont persuadés que leur vote est déterminant dans la vie politique (le taux de participation aux dernières présidentielles le prouve). Au risque d'en décevoir certains, il me semble utile de rappeler quelques réalités. Tout d'abord, il faut savoir que la démocratie entretient des mythes qui ont la vie dure. Ils sont nombreux mais pour aller à l'essentiel, pour ma part, j'en retiendrai trois :


- Le pouvoir du peuple

- La séparation des pouvoirs

- La volonté générale

Le pouvoir du peuple ou la grande illusion

Pouvoir du peuple, c'est ce que signifie étymologiquement le terme de démocratie. Or, il n'existe que des idiots utiles pour s'imaginer un seul instant que le petit morceau de papier qu'ils introduisent dans l'urne lors de chaque consultation électorale résume la parcelle de pouvoir qu'ils détiennent d'eux-mêmes puisque nos brillants révolutionnaires nous ont appris que la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple et donc que tout pouvoir vient de chacun de nous. Derrière ce slogan ronflant se cache en fait une toute autre réalité!


Certes, les résultats d'une élection peuvent laisser penser que le citoyen de base peut agir directement sur la vie politique. Ainsi, nous avons élu Nicolas Sarkozy et non pas Ségolène Royal, ce qui tend à prouver que l'addition de chacune de nos voix produit l'effet voulu par la majorité des électeurs. Cela nous semble d'autant plus vrai que nous avions au départ une pléthore de candidats et que rien ne nous interdisait de voter pour l'un plutôt que l'autre. Si donc nous avons voté en toute liberté c'est bien parce que nous sommes souverains et que notre pouvoir s'exprime par le choix des urnes.

Oui, mais encore faut-il s'interroger sur la portée de l'effet produit par le choix exprimé par le corps électoral. Deux exemples particulièrement éloquents nous montrent que notre prétendu pouvoir n'est que leurre: la campagne présidentielle de 2002 et le référendum sur la constitution de l'Europe.

Aux présidentielles de 2002, le président sortant obtient au premier tour 19% des suffrages. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est peu flatteur pour celui qui briguait la charge suprême pour la seconde fois. Pour un peu, le second arrivé, en l'occurrence J.M Le Pen, lui soufflait la première place. C'est dire tout le crédit que les électeurs portaient à Jacques Chirac et le peu d'enthousiasme qu'ils manifestaient à lui confier un second mandat. Il n'en demeure pas moins que 15 jours plus tard, le même Jacques Chirac était réélu avec 82 % des voix, un score digne des pays communistes du temps du rideau de fer et de la mainmise de l'URSS sur l'Europe de l'est.

Que faut-il en conclure? Que le peuple souverain a tranché? Oui, mais en apparence seulement. Si Jospin s'était qualifié pour le second tour, il est bien évident que Chirac n'aurait jamais obtenu une telle majorité. On peut même supposer que Jospin aurait été élu. Ce second tour est la preuve par l'absurde de l'absence totale de signification du résultat de ce vote car jamais Chirac n'a incarné le choix de 82 % des électeurs, aucun homme politique n'ayant atteint un tel score, pas même le général De Gaulle.

Que s'est-il passé en fait? On a parlé de sursaut démocratique, d'élan républicain etc...etc. En réalité notre système démocratique fonctionne en trompe-l'oeil. Quand les candidats appartiennent au système dans lequel les qualificatifs de gauche ou de droite n'ont de sens que pour ceux qui veulent bien leur en donner un et ne constituent en fait que des labels pour amuser le peuple, on laisse les électeurs décider car quel que soit le résultat les véritables détenteurs du pouvoir savent que rien ne changera en profondeur. En 1981, l'élection de Mitterand a donné l'illusion d'un grand changement dans la politique. Il n'en fut rien. Celui qui avait condamné sans cesse le régime du général De Gaulle, le qualifiant de "coup d'état permanent", n'eut aucun état d'âme en entrant à l'Elysée en chaussant les bottes de son illustre prédécesseur.
Nous observons donc que le corps électoral peut choisr tant que son choix reste conforme aux grandes orientations déterminées par la nomenclatura. Or en 2002, il en était tout autrement. La politique que le Front National, s'il était parvenu au pouvoir, entendait mettre en oeuvre aurait constitué une rupture radicale avec celle menée jusqu'alors aussi bien par la droite que par la gauche. Il était donc urgent de siffler la fin de la récréation et de rappeler aux Français leurs obligations et vers qui devait se porter leur préférence. Et le peuple "souverain" de renvoyer Le Pen méditer sur la versatilité du corps électoral. Ceci nous valut un entre deux tours mémorable, fait de bourrage de crâne afin d'orienter le vote des électeurs.
De même, la rupture préconisée par le candidat Sarkozy relève du langage de campagne électorale. Il est bien évident qu'avec le même parti, les mêmes responsables politiques et qu'en étant lui-même issu de la majorité présidentielle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy peut difficilement nous faire croire à un changement radical de politique. Certes, il y a eu depuis son élection des changements. Mais un changement de style ne signifie pas pour autant un changement de politique. Pour employer un jargon technocratique, je dirai que si on change les hommes sans changer le référentiel, il ne faut guère s'attendre à des bouleversements. Ainsi, la droite à laquelle on attribue, à tort, les vertus d'ordre, de gardienne des valeurs morales a été à l'origine de lois que la gauche n'aurait pas dédaigné instaurer elle-même comme la loi Neuwirth sur la contraception, la loi Veil pour la dépénalisation de l'avortement, la loi Perben réprimant les propos homophobes et bien d'autres textes législatifs. Quand elle ne renforce pas des mesures prises initialement par la gauche, la droite fait mieux encore en anticipant la politique de gauche par des lois qui sont intrinséquement des lois de gauche.

Aujourd'hui, nous mesurons d'autant plus aisément le large consensus entre gauche et droite que nous voyons des hommes de gauche rejoindre la nouvelle majorité présidentielle sans que cela leur crée un cas de conscience. Si les dirigeants socialistes réagissent c'est bien plus parce qu'en procédant de la sorte Sarkozy les prive de leur fond de commerce au risque de leur faire perdre leur raison d'être, ce qui est, bien évidemement insupportable pour un François Hollande qui se retrouverait bien vite sans troupes et sans emploi.

Le second exemple nous est donné avec l'Europe. Les Français et les Néerlandais ont signifié à leurs pouvoirs politiques respectifs qu'ils ne voulaient plus de l'Europe technocratique et financière. La constitution a été rejetée par la majorité des Français. Aussitôt, les politiciens ont parlé d'une Europe en panne, ce qui est un mensonge flagrant. En effet, l'Europe a continué à fonctionner comme si de rien n'était. Cela ne l'a pas empêchée d'élargir l'union avec les deux petits derniers, la Bulgarie et la Roumanie. Elle a continué à produire ses textes technocratiques sur l'agriculture, la pêche entre autres. Elle a continué à infliger des sanctions financières quand certains états membres se mettaient en infraction par rapport à sa réglementation (cf la pollution des eaux en Bretagne par l'agriculture et l'élevage des porcs). Bref, tout a continué comme par le passé au mépris du vote des Français. L'arrivée du nouveau président de la république est maintenant l'occasion de faire rentrer l'Europe discrètement par la fenêtre, grâce au traité minimum tandis que les Français sont persuadés de l'avoir sortie par la porte et comme chat échaudé craint l'eau, on se gardera bien de demander l'avis du bas peuple. La consultation du Parlement suffira. C'est beaucoup plus sûr. Ainsi, l'Europe continuera sa marche destructrice des nations. Chaque fois qu'un pays européen a tenté de mettre un frein à l'Europe financière et apatride, les dirigeants politiques ont oeuvré pour qu'au bout du compte on parvienne au résultat recherché, quitte à faire voter les électeurs jusqu'à ce qu'on obtienne d'eux le blanc-seing nécessaire, comme ce fut le cas au Danemark.

Les deux cas que je viens d'évoquer, présidentielles de 2002 et référendum sur la constitution européenne, montrent de manière éloquente que notre vote joue de façon marginale. Rien ne saurait infléchir les grandes orientations quel qu'en soit le domaine. En réalité, les politiciens jouent un jeu de façade devant le corps électoral avec la complicité des médias, complicité si étroite qu'elle rejaillit dans leur vie privée par des idylles plus ou moins avouables entre de nombreux hommes politiques et des journalistes (DSK, Borloo, Baroin, Hollande etc). Le microcosme parisien est complexe et peu transparent en réalité. Il existe à Paris des clubs fermés qui permettent aux politiciens de se retrouver, tous bords confondus, dans des dîners mondains. Et je ne parle pas des diverses obédiences franc-maçonniques dans lesquelles se discutent et se préparent les grands projets de notre société.


Alors, nous pouvons continuer à rêver et aller voter, persuadés que nous sommes que demain sera un jour meilleur parce que le peuple souverain l'aura décidé!

Je vous entretiendrai une autre fois de la séparation des pouvoirs et de la volonté générale. En attendant dormez paisiblement avec vos illusions, bonnes gens, la France pendant ce temps continue la route qu'on lui a tracée.

Into Great silence

Great silence is not only the title of a german movies released last december but moreover the spirit or why not the soul of the movies. Classified as a documentary, it rather must be considered as a meditation and a pray with the monks of the monastery of Grande Chartreuse in France nearby Grenoble.

History
The order was founded by Saint Bruno 1n 1084. With six companions he settled in a deep valley of the Chartreuse mountains in french Alps in a solitary site at 1000 meters above sea level. Their purpose was to live completely separated from the world. Solitude is the best word to qualify the way of life of the Carthusian monk. Solitude is not a target but only a mean to have a closer relationship with God.


Into Great Silence
In this movies anything fashionable. Just the poor, simple life of about forty men who decided to follow Jesus Christ. During more than two hours and half whe share their life, day by day. It would be more accurate to write night by night. A large part of the life takes place in the night. The monk raises at 11:30 p.m and after a short pray in his cell joins his brothers in the church for the beautiful night office. Together, all Fathers recitate the office of Matins and Lauds which last between two or three hours. It is a long latin pray in the night which raises up toward God. Don't forget that the Gregorian Chant still remains the official song of the Catholic Church, as reminds us Council Vatican II.
See this movies. It is a lesson and a meditation for everyone.
If you want to know more see the official site of Grande Chartreuse :



If you plan a travel in France, visit the Musée de la Correrie 2 kilometers from the monastery of Grande Chartreuse which is closed for protecting the way of life of Carthusians excepted sundays for mass.

Charterhouses abroad (British or American)

Charterhouse of the Transfiguration
1800 Beartown Road ARLINGTON, Vermont 05250 USA




St Hugh's Charterhouse, PARKMINSTER U.K




mardi 24 juillet 2007

Die grosse Stille


Le grand silence

Je vous recommande, si vous ne l'avez pas encore vu, le magnifique film du réalisateur allemand Philippe Gröning, sorti l'hiver dernier sous le titre original Die grosse Stille, "Le grand silence" dans sa version française. Un DVD est aujourd'hui disponible dans le commerce.
Le silence ne se limite pas au titre du film mais est présent tout au long du film qui nous fait entrer de plain-pied dans la vie cartusienne. Tourné pendant 6 mois au monastère de la Grande Chartreuse dans les Alpes dauphinoises, il est constitué d'une succession de séquences, nous montrant la vie recluse d'un père ou d'un frère chartreux. Images simples. La vie du chartreux est avant tout une vie cachée et humble totalement consacrée à Dieu. Le film ne nous révèle rien d'extraordinaire: Un frère âgé préparant le repas à la cuisine, un autre pelletant dans la neige les carrés de jardin potager en vue des semis de printemps auxquels il faudra penser dès la fonte des neiges. Un père, dans son cellier, sciant les bûches qui alimenteront un vétuste poêle qui chauffe(?) le cubiculum (pièce principale de l'ermitage dans lequel vit le moine). La séance de rasure mensuelle (les cheveux sont entièrement rasés), soins à l'infirmerie etc. Mais aussi de très belles séquences sur le grand office de la nuit, certaiement un des temps forts qui rythment la vie du Chartreux. La louange monte dans la nuit sur une mélodie dépouillée, propre à l'ordre cartusien. On sent qu'elle s'élève au-delà des montagne de Chartreuse dans la nuit étoilée vers le Père Créateur. L'Unique Nécessaire, comme l'appelait Saint Bruno, fondateur de l'ordre en 1084.


Tourné au rythme de la vie des chartreux, le film est donc, inévitablement, un temps de silence que seuls viennent perturber le bruit de la pluie qui tombe sur les feuillages environnants, le goutte à goutte régulier de la neige qui fond en fines perles d'eau tombant sur le dallage de pierre et bien entendu le tintement régulier, paisible, de la cloche qui sonne les heures, qui invite à la récitation de l'Angélus, cette si belle prière de la Chrétienté, et qui appelle les pères à l'église conventuelle. Ceux-ci se retrouvent trois fois par jour pour prier: pour la messe conventuelle, à l'office de Vêpres et pour l'office de la nuit où sont chantées Matines et Laudes.



L'église conventuelle de la Grande Chartreuse

Pas de fond musical, pas d'interview avec toujours les mêmes questions aussi stupides que déplacées chaque fois qu'on questionne un moine et une moniale (Comment vivez-vous la chasteté?), pas de bavardages inutiles sauf à la fin quelques mots d'un vieux père chartreux aveugle. La cécité corporelle n'induit pas la cécité de l'âme. Bien au contraire! Cette coupure dans l'ordre du sensible a certainement contribué à unir plus encore ce moine à Dieu, ce qui explique le sens de ses propos si surprenants dans le monde de jouissance de l'occident: " Si je suis aveugle aujourd'hui c'est parce que Dieu l'a permis pour un plus grand bien pour moi ". Nul doute que dans et par cette atteinte corporelle, qui est une lourde croix à porter, le père a trouvé la grâce d'une communion plus forte, lui qui avait déjà pourtant tout donné pour suivre le Christ.


Messe cartusienne. Les bras en croix pendant le canon de la messe est une pratique propre au rite lyonnais.


On ne regarde pas ce film comme un vulgaire James Bond où un film primé au festival de Cannes. Les acteurs ne sont pas de stars du septième art; pas de Depardieu, de Sophie Marceau, de Tom Cruise. Simplement une quarantaine d'hommes qui ont tout laissé pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde. Ce film doit être un temps de prière et de méditation sur nos attachements, nos affections souvent désordonnées, nos petites misères qui nous paraissent insupportables et le peu de temps que nous consacrons quotidiennement à Dieu.

Merci, Mes Pères, d'avoir permis ce film, vous qui vivez cachés du monde pour être plus présents à Dieu. Dans votre silence vous nous indiquez la vraie voie. Oh certes, il ne s'agit pas pour chacun de nous de nous transformer en anachorètes du jour au lendemain mais plutôt de nous imprégner de votre spiritualité afin qu'elle accompagne nos actes, nos paroles et nos pensée tout au long des jours ad majorem Gloriam Dei.


Merci, Mes Pères, de nous avoir montré que la Vérité s'affranchit du temps. C'est d'ailleurs une sensation très forte que le spectateur ressent en visionnant le film: le temps n'a plus la même valeur que dans le monde. Time is money dit l'adage anglo-saxon. Le rythme du monastère nous révèle, si besoin en était, une dimension antinomique à cette devise, à savoir que l'argent n'est sûrement pas la préoccupation première des Chartreux. Le temps n'a pas de prise sur le moine. Ce qui frappe avant tout, c'est la lenteur du mouvement qui accompagne les gestes du moine, jusqu' à en imprégner le rythme dans sa propre voix.
Il semble que le temps s'est arrêté une fois que l'on a franchi le grand portail du monastère. Le Chartreux en revêtant l'habit monastique a renoncé définitivement à courir après le temps. D'ailleurs, après quoi pourrait-il bien courir dès lors qu'il se pénétre au fil des années de l'éternité de Dieu comme d'un éternel présent ?
Certes, le moine est prisonnier du temps dans sa corporéité. Il vieillit et meurt. Mais de jeunes moines ont déjà pris la suite dans la louange perpétuelle assurant ainsi la relève des générations jusqu'à la fin des temps.
C'est pourquoi, je suis convaincu qu' à quelques détails près, la vie du père d'aujourd'hui est identique à celle qu'ont connue Don Innocent Le Masson (+ 1703) ou Guigues Ier (+ 1136), pour ne citer que deux prieurs parmi les plus connus.
Deux adages, d'ailleurs, traduisent à merveille l'esprit cartusien:

- Nunquam reformata quia nunquam deformata
Jamais réformée car jamais déformée.


- Stat Crux dum volvitur orbis



Devise que l'on peut traduire ainsi: La Croix demeure tandis que le monde tourne même si le français rend imparfaitement compte du sens contenu dans la devise latine. Stare possède en latin une signification plus forte, plus dense (i.e Stabat Mater) que sa traduction vernaculaire. Nos ancêtres avaient bien mesuré la richesse du latin en utilisant cette langue dans les devises qui accompagnaient les blasons familiaux. Nous sommes toujours très embarassés pour en restituer pleinement le sens précis en français.

Le premier nous indique que les Chartreux n'ont jamais, à la différence d'autres ordres, éprouvé la nécessité de réformer leurs statuts car jamais ils n'ont perdu l'esprit de leur règle monastique fixée dès 1121 par Guigues Ier , le prieur de l'époque, dans les célèbres Coutumes (Consuetudines).


Le second n'est ni plus ni moins que la devise cartusienne. Le film restitue bien la devise dans sa lettre comme dans son esprit.


Site de la Grande Chartreuse

http://membres.lycos.fr/grandechartreuse/chartreuse_menu_monastere.html

dimanche 22 juillet 2007

Papa Benedetto nelle Dolomiti

Immagini di Papa Benedetto XVI in vacanze nelle Dolomiti. Bellezza del luogo, semplicità del Santo Padre colla gente, amore per i bambini. L'uomo scelto dal Christo alla guida della Chiesa cattolica viene tra noi come il buon parroco di un paese tra i suoi fedeli.


Images du Pape Benoît XVI en vacances dans les Dolomites. Beauté des lieux, simplicité du Saint Père avec les gens, amour pour les enfants. L'homme que le Christ a choisi à la tête de l'Eglise catholique vient parmi nous comme le bon curé de village parmi ses fidèles.


Video of Pope Benedict XVI during his currrent vacation in Alps (Dolomites).
Beauty of the site, humility of the Holy Father and tenderness for children. The man elected by Jesus Christ to lead the catholic Church comes among us as a good and simple parish priest amidst his parishioners.


http://www.skylife.it/videoTg24Single/44927

samedi 21 juillet 2007

La tradi et la psy

Version XXIème siècle du loup et de l'agneau de Monsier de La Fontaine ou l'art de se faire piéger par les médias.

Il existe sur une radio qui fit la joie des yéyés dans les années 60 pour son émission de fin d'après-midi dédiée aux succès des chansons de l'époque, bref, vous avez compris de quelle station je veux parler, il existe donc sur cette radio une émission la nuit, ouverte aux auditeurs qui viennent pleurer leur misère, hélas souvent bien réelle et dramatique, ou s'étonner des conséquences de leurs turpitudes. Que de femmes, jeunes ou moins jeunes, sont venues raconter leur souffrance de voir leur être chéri ne pas répondre à l'amour qu'elles leur manifestaient! On pourrait compatir, mais quand dans le même temps, elles avouent que l'objet de leur amour est un homme marié, père de famille, qui jure par tous les dieux qu'il ne voit que par sa dulcinée, qui assure tous les huit jours, c'est promis, juré, qu'il a décidé de divorcer pour enfin partager leur vie avec sa tendre amante mais qui jamais ne concrétise ses promesses, on peut légitimement s'écrier: "Mais qu'allait-elle faire dans cette galère?".


Et la psychologue de service d'expliquer à l'auditrice qu'elle est sûrement tombée sur un homme trop heureux d'entretenir une relation extra-conjugale avec une femme crédule, lui promettant monts et merveilles pour ne pas la perdre mais qui, dans le même temps, n'envisage absolument pas de se séparer de son épouse. En un mot un homme heureux de jouer sur les deux tableaux avec une épouse pour le confort du nid familial (c'est tellement sécurisant) et une maîtresse pour donner un peu de piquant à la vie et sortir de la monotonie d'une vie de couple devenue quelque peu routinière.
Et l'amante de s'étonner et de gémir en se demandant quoi faire: "Vous vous rendez compte, cela fait 10 ans que nous nous connaissons, nous nous voyons tous les quinze jours et je passe des moments merveilleux avec lui. Mais cela fait 10 ans aussi qu'il me dit qu'il va divorcer mais qu'il est obligé d'attendre un peu...à cause des enfants et bla bla... bla bla".
A aucun moment la psy n'est venue rappeler une vérité simple. Chère madame quand on se met dans une situation pas possible, il ne faut pas s'étonner des conséquences que cela engendre. Lorsqu'on fricotte avec un homme marié, on s'expose à des situations comme celle que vous venez de décrire. Que vous recherchiez l'âme soeur est parfaitement légitime, mais nom d'un chien pourquoi êtes-vous allée chercher un homme marié alors qu'il y a tant de célibataires qui attendent?
Encore moins lui est-il venu de tenir le discours qui consisterait à dire qu'une âme droite ne doit pas mettre un couple en danger, que derrière ce couple, il y a des enfants que les adultes se doivent de préserver. Pensez-vous! Un discours moralisateur, ce n'est plus de mise. Le psychologue ne juge pas: je ne me permettrais pas de vous juger, ma bonne dame. Je sais que vous êtes en manque d'amour, ma pauvre, et c'est bien normal que vous vous attachiez à un homme!


Le discours des psy est ainsi fait aujourd'hui. Quand en plus il s'adresse aux paumés de la nuit, il est dangereux car au nom de l'idéologie du monde, liberté, permissivité, jouissance sans retenue, il n'existe plus, ou presque, d'attitude fautive. Les garde-fous ont sauté. D'ailleurs nos bons psys nous mettent en garde contre ce vieux fond de culpabilité qui demeure en nous comme un vestige, une tare héritée de 2000 ans de morale chrétienne. Nous ne sommes plus dans l'ère du poisson (l'Ichtus* des premiers temps du christianisme) mais dans le new age où l'homme s'émancipe, la femme devient propriétaire de son corps ( nous en reparlerons ultérieurement), ou il est interdit d'interdire, ou il n'y a pas aucun mal à se faire du bien (tant pis pour les autres s'ils souffrent de mon égoïsme forcené!).


La psychothérapie est donc excellente pour ceux qui ont mauvaise conscience du fait de leur comportement. Ne vous culpabilisez pas bonnes gens! Elle lève les inhibitions, supprime les interdits, relativise la morale. Mais malheur aux âmes saines qui ont recours à elle, comme ce fut le cas pour une auditrice il y a quelques jours.
Il s'agissait, en l'occurrence, d'une dame qui s'était présentée comme traditionaliste avait cru bon appeler la psy officiant telle la prêtresse pour lui faire part de son désarroi et de sa détresse: sa fille vit avec un homme stérile et vient de recourir à l'insémination artificielle (avec donneur inconnu) pour pouvoir enfanter. Légitime désarroi d'une femme qui ne comprend pas le comportement de sa fille, mais, réaction curieuse quand elle va chercher un soutien moral en frappant à la mauvaise porte. Est arrivé ce qui devait arriver. Tout d'abord,une autre auditrice, trop heureuse de "se payer" une tradi, a décroché son téléphone à son tour et sur un ton particulièrement haineux a littéralement insulté notre pauvre tradi, déjà bien désemparée. La psychologue, au comportement plus mesuré, heureusement, a mis fin à la diatribe de la mégère. Puis elle expliqua à notre pauvre tradi quelque peu perdue qu'il était nécessaire de vivre avec son temps. Avec délicatesse et courtoisie, certes, elle n'en a pas moins fait comprendre à la traditionaliste qu'elle vivait sur des valeurs fausses, surannées etc.


Je ne sais pas ce que l'auditrice a retenu de sa consultation radiophonique mais ce dont je suis sûr, c'est qu'il était suicidaire de venir demander conseil sur une radio en se référant aux valeurs catholiques régulièrement rappelées par les souverains pontifes. Dans l'encyclique Humanae Vitae, Paul VI, replace le couple dans la vision globale de l'homme et le dessein de Dieu. Union et procréation sont indissolublement liés dans la vie du couple. Le catéchisme de l'Eglise catholique rappelle très clairement que l'enfant n'est pas un dû mais un don et qu'à ce titre nul ne saurait invoquer un prétendu droit à l'enfant pour recourir à des méthodes de procréation contraires à la morale chrétienne et qu'en dernier lieu les couples stériles peuvent recourir à l'adoption.


Ceci nous montre que tout catholique en difficulté doit rechercher aide et assistance auprès de ses frères et soeurs dans la foi et non auprès de médias ou de je ne sais quelle association gagnées à l'idéologie dominante qui n'ont que faire des vertus évangéliques et de la morale chrétienne.





(*) Nota

Ichtus, du grec ancien ΙΧΘΥΣ signifie poisson mais est devenu dans le christianisme des premiers temps le symbole des chrétiens et par jeu de mots l' acronyme de Iesus Christos Theou Uios Soter


I : ΙΗΣΟΥΣ - IÊSOUS : Jésus.
Χ = CH : ΧΡΙΣΤΟΣ - KHRISTOS) : Christ.
Θ = TH : ΘΕΟΥ - THEOU : Dieu.
Υ =U : ΥΙΟΣ - HUIOS : Fils.
Σ = S : ΣΩΤΗΡ - SÔTÊR : Sauveur.


Dans la symbolique le poisson signifie l'eau du baptême qui régénère l'homme dans le Christ sauveur.