samedi 28 mars 2009

Prions pour le pape

Loin d’être un obsédé de la théorie du complot généralisé, même s’il est évident que le monde évolue à marche forcée depuis plusieurs décennies vers des objectifs prédéfinis (avortement, euthanasie, statut des homosexuels, guerre d’Irak, Europe à tout prix - fût-ce au mépris du suffrage universel - etc… je dois avouer que les attaques particulièrement violentes que le souverain pontife a subies ces derniers mois me troublent et m’incitent à soupçonner l’existence d’un complot, dans la mesure où les campagnes médiatiques mettant en cause Benoît XVI dans l’affaire Williamson comme dans ses déclarations à propos du sida procèdent d’un plan minutieusement préparé afin de disqualifier le chef de l’Eglise catholique aux yeux de l’opinion publique internationale et plus particulièrement de celle de l’occident.



Comme par le plus grand des hasards, les propos tenus par Mgr Williamson au sujet de la Shoah ont été révélés au grand public au moment précis où le pape a levé l’excommunication de quatre évêques de la FSSPX. Or, les déclarations négationnistes de l’évêque dataient de plus de trois mois et n’avaient à l’époque provoquées aucune indignation. Bien au contraire, elles étaient passées dans l’indifférence la plus totale, du moins en apparence.



En effet, tout laisse à penser que la presse avait soigneusement « mis au frigidaire » les propos de Mgr Williamson, se réservant de les ressortir à un moment qu’elle jugerait opportun. C’est ce qui s’est produit avec un effet dévastateur considérable y compris au sein de l’Eglise (c’est ce qui est le plus grave). Y a-t’il eu collusion, avec certains membres de l’épiscopat, voire de la curie romaine, dans cette opération ? Ce n’est pas impossible selon certaines sources bien informées au sein de l’Eglise. Hélas il y aura toujours des Judas prompt à trahir leur maître.

De même, la mini conférence de presse tenue par Benoît XVI dans l’avion qui le conduisait en Afrique prouve que la polémique suscitée autour des déclarations sur l’utilisation du préservatif a été savamment préparée.
Le soir même de l’arrivée du souverain pontife en Afrique, David Pujadas, sur la chaîne France 2, ouvre le journal télévisé de 20 heures sur les propos du pape en affirmant que Benoît XVI allait au delà du discours que tenait son prédécesseur. Mais dans le même temps le journaliste dévoile la supercherie en indiquant que le souverain pontife répondait à une question posée par les journalistes de France 2. La chaîne de télévision en posant cette question a en quelque sorte poussé le pape « à la faute » pour mieux le vilipender. La véritable curée à laquelle se sont livrés les journaux, certaines célébrités du showbazar et la classe politique dont certains ministres du gouvernement est proprement sidérante.



Je reviendrai ultérieurement sur cette campagne de haine violente.
Dans l’immédiat, plus que jamais, il est important d’apporter notre soutien au Saint-Père et je sais que nous sommes nombreux même si cela ne se voit et ne s’entend pas car les médias se gardent bien de nous donner la parole.





Prions, prions intensément pour Benoît XVI afin qu’il trouve la force et l’appui nécessaires pour poursuivre le ministère que Jésus-Christ lui a confié.

Oremus pro Pontifice nostro Benedicto.
Dominus conservet eum
Et vivificet eum Et beatum faciat eum in terra
Et non tradat eum in animam inimicorum ejus.

Fiat manus tua super virum dexterae tuae.
Et super filium hominis quem confirmasti tibi.

mercredi 20 février 2008

Quelle élégance!

C'est en termes choisis que l'on s'exprime désormais à Marseille.

Nous savions déjà que les campagnes d’affichage, d’une manière générale, ne brillaient pas par leur bon goût et leur raffinement. L’Homme Nouveau dans un de ses derniers numéros évoquait sur ce sujet les slogans débilito-tutoyant du genre « Sois malin pour ta planète, éteins ! »

A Marseille, nous venons de faire plus fort encore dans un genre plutôt…scatologique !

Jugez-en par vous-même. La municipalité de Marseille inonde la ville depuis quelques jours de panneaux publicitaires portant le slogan que je vous laisse le soin de lire sur la photo ci-dessous. On le trouve partout, sur les grandes avenues, dans les petites rues, sur les places, sur les abris-bus, en grand modèle, en petit modèle, il y en a pour tous les goûts.

Sans commentaire


On ne peut plus parcourir 500 mètres sans rencontrer cette affiche à tel point que vous subissez un matraquage publicitaire ad nauseam.

Merci aux grands stratèges de l’urbanisme marseillais et de la voierie de nous imposer une publicité dont le ton et la teneur en disent long sur la pauvreté mentale de bon nombre de nos élus. Ce n’est plus de l’infantilisme, ce n’est pas de la débilité, c’est du crétinisme aigu au sens défini par le dictionnaire Quillet : « Etat pathologique du crétin », sachant que le crétinisme se traduit par une dégénérescence mentale et un comportement bestial. Après le crétin des Alpes, voici désormais celui du Vieux-Port.

Outre que je ne suis pas persuadé de l’efficacité d’une telle publicité - c’est la énième que je vois à Marseille sans que la ville soit devenue plus propre pour autant - je m’interroge sérieusement sur l’état mental de la municipalité, son maire en tête, qui prend ses administrés pour des arriérés.

Je serais très curieux, ceci dit en passant, de connaître l’agence publicitaire qui a pondu ce chef d’œuvre de la pensée française. Quand je pense qu’elle s’est probablement offerte un pont d’or avec l’argent du contribuable pour produire ce qu’un gamin de dix ans n’aurait même pas songé à faire!

Merci Monsieur Gaudin du soin que vous apportez à la gestion des deniers que nous vous confions. Je saurais m’en souvenir dans quelques semaines quand viendra le moment de déposer le bulletin dans l’urne.

En attendant je mesure la décadence de notre pays. C’est cela, surtout, que je lis sur vos affiches scatologiques.

Nous sommes loin de François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, lieutenant général de Provence, plus connu pour avoir été le mari de Françoise de Sévigné, fille de la célèbre épistolière. Nous sommes loin du raffinement culturel dont la France de jadis pouvait, à juste titre s’enorgueillir. Nul doute qu’il serait abasourdi par ce que l’on peut afficher sur la voie publique aujourd’hui dans les terres dont il avait la charge.

Désormais nous nageons dans la fange verbale.

Ô Bonne Mère, venez vite à nous, Vous qui veillez sur notre vieille ville, ils sont devenus fous à lier !

jeudi 31 janvier 2008

Vous avez dit trader ?

Pour en finir avec cette sordide affaire de milliards d'euros envolés et à laquelle la grande majorité des Français n'y comprend strictement rien tant les explications données appartiennent à la langue de bois des milieux financiers (ou du milieu tout court ?), je note que les justifications données sont pour le moins peu transparentes. J'aimerais, par exemple, savoir ce qu'est un "back office" par rapport à un "front office" ?


Il est à peu près certain que les explications officielles ne nous éclaireront guère. D'ailleurs, les responsables ne doivent vraisemblablement pas faire preuve d'empressement dans ce sens là. Une seule chose est certaine, ce sont les petites gens qui feront les frais des agissements d'hommes d'affaires qui confondent opérations financières et casinos de Las-Vegas en spéculant avec des sommes énormes provenant des profits réalisés par les banques, lesquels profits gagneraient à être redistribués ou investis dans l'entreprise, pour une meilleure justice sociale. Et dire que pendant ce temps là, on vient nous expliquer doctement que nous devrons nous serrer la ceinture d'un cran supplémentaire car les caisses de l'Etat sont vides!


Enfin, contentons-nous des explications données par ces golden boys de la finance française qui nous disent que le trader, titulaire d'un master d'ingénierie, qui venait d'un back office espérait booster sa carrière dans son nouveau job au sein du prestigieux front office grâce à un deal audacieux mais que le challenge a échoué. En guise de jackpot, le trader a pris le bouillon, un vrai crash financier pour la Générale. Cette affaire survenant juste après le mini-crack des stocks exchanges sur les grandes places internationales en raison des subprimes peut faire craindre un raid d'une banque étrangère sur la Société Générale.


Thank you mister Daniel Button. Grâce à vos financiers hors pair on devine que la langue française ne s'en portera que mieux et la banque avec !

mercredi 30 janvier 2008

La société générale et le béotien

Le béotien que je suis pose très naïvement cette question à Monsieur Daniel Bouton, actuel P.D.G de la Société générale : comment une banque peut-elle s'apercevoir en moins de 24 heures que mon compte courant affiche un découvert de 124,87 € et laisser se développer sans broncher un trou béant de 5 milliards d'euros sur plusieurs mois sans que quiconque ne s'en émeuve?


Je me permets donc d'inviter les banques à mieux surveiller leurs "traders" (quel affreux terme!), avant qu'ils ne deviennent des traditori comme disent nos amis Italiens, c'est à dire des traitres, et à moins pister les découverts occasionnels de leurs clients qui, à la différence, ne risquent pas de mettre en cause la survie de leur banque.

lundi 21 janvier 2008

L'exécution du roi Louis XVI

Il ya 215 ans, jour pour jour, le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI gravissait les marches de l’échafaud, acte ultime du chemin de croix douloureux que le souverain avait vécu depuis 1789 et plus encore à partir de 1792 quand il fut transféré et emprisonné dans la tour du Temple avec sa famille au soir du 13 août. L’insurrection populaire du 10 août qui obligea le roi à venir se placer sous la protection ( ! ) de l’assemblée législative avait fait naître un nouveau pouvoir de type révolutionnaire préfigurant les soviets de 1917 : la Commune. Formée de commissaires élus dans les sections parisiennes, elle mesurait son succès au lendemain de la victoire qui était la sienne après la prise des Tuileries le 10 août 1792 et n’entendait pas en perdre le bénéfice en laissant la famille royale sous la protection des députés. Elle eut gain de cause et se fit remettre le roi et les siens qui furent incarcérés dans le sinistre donjon du Temple. C’est dans ce cadre que Louis XVI devait vivre les derniers mois de sa courte vie. Il était âgé de 38 ans.

Les révolutionnaires ayant décidé la mort du roi, le procès ne fut qu’une parodie de jugement destinée à donner un vernis de légalité à ce qui n’était en réalité qu’un assassinat pur et simple.

Le roi était pleinement conscient du sort qui l’attendait. Dans son bouleversant testament écrit au Temple le 25 décembre 1792, un mois à peine avant son exécution, Louis XVI écrivait ceci :

« Au nom de la très Sainte Trinité du Père du fils et du St Esprit aujourd'hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, mesme depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l'issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n'ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m'adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments. »

Si le roi n’évoque pas sa mort prochaine, il la laisse sous-entendre en évoquant le procès dont il ne peut prévoir l’issue à cause des « passions des hommes ». Il s’agit là d’un effet de style voulu par le roi, peu porté par nature et par éducation à extérioriser ses sentiments. Il y a là une retenue qui force l’admiration.

Mais la rédaction même du testament, son contenu, montrent à l’évidence que le roi se prépare à une mort imminente.

Tout d’abord le roi confesse sa foi catholique et son union à la sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine. Cette confession est pour le souverain d’une extrême importance car elle est destinée à racheter l’erreur qu’il avait commise en avalisant la constitution civile du clergé.

« Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d'après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s'est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu'indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Je meurs dans l'union de notre sainte Mère l'Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l'Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l'Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés je n'ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d'expliquer les dogmes qui déchire l'Eglise de J.C. mais je m'en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m'accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l'Eglise suivie depuis J.C. Je plains de tout mon coeur nos frères qui peuvent estre dans l'erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chrétienne nous l'enseigne. »

Je meurs dans l’union. Le présent utilisé traduit bien les sentiments profonds qui sont ceux du souverain en cette journée de Noël. A la lire, on pourrait même supposer que cette lettre a été écrite le jour même de son exécution. Or au 25 décembre le procès n’est pas achevé. Ce n’est qu’à partir du 15 janvier que la convention nationale va débattre de la culpabilité du roi et de la peine à appliquer. Le 19 janvier 1793, l’assemblée régicide rend le décret suivant :

ART. I. La convention nationale déclare Louis Capet, dernier roi des Français, coupable de conspiration contre la liberté de la nation, et d’attentat contre la sûreté générale de l’Etat.

II. La convention nationale déclare que Louis Capet subira la peine de mort.

Suivent deux autres articles qui fixent notamment les modalités d’exécution du décret.

Le grotesque des chefs d’accusation énumérés à l’article premier mériteraient un éclat de rire si derrière ces énormités ne se jouait pas une horrible et abominable tragédie humaine dont la France ne s’est toujours pas relevée.

Le jour où la France rendra enfin l’hommage solennel et public que la nation entière doit à son roi martyr, alors pourrons-nous enfin considérer Louis XVI pleinement réhabilité et innocenté et notre nation réconciliée avec son passé.

Les derniers moments de la vie du roi furent rapportés par l’abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont, fils d’un pasteur dont la famille, d’origine anglaise, s’était installée en Irlande deux siècles plus tôt. Notable, appartenant à la classe dirigeante anglaise, laquelle affichait le plus grand mépris vis-à-vis des catholiques irlandais, le pasteur Robert Edgeworth, obéissant à un long cheminement spirituel se convertit au catholicisme en 1749. Il fallait un grand courage et une foi profonde car en abjurant la religion protestante Robert Edgeworth savait pertinemment qu’il serait rejeté par ses pairs et que ses enfants ne pourraient jamais accéder à quelque haute charge que ce soit. Nul doute que le jeune Henry Edgeworth dut se forger un tempérament empreint de courage et de vertus en ayant sous ses yeux l'exemple édifiant de son père.

Mis au ban de la société, le pasteur prit la décision d’émigrer en France pour vivre pleinement sa foi catholique. La famille s’installa à Toulouse où le jeune Henry put poursuivre ses études chez les pères jésuites. Plus tard il monta à Paris pour y suivre les cours de théologie de la Sorbonne. C’est donc très naturellement qu’Henry Edgeworth sentit l’appel au sacerdoce. Il entra au séminaire des Missions étrangères de la rue du Bac et fut ordonné prêtre au diocèse de Paris. L’abbé Edgeworth de Firmont commença donc son ministère à Paris même. Attaché aux Missions étrangères, c’est par l’intermédiaire du supérieur de cet institut religieux que le prêtre fut introduit auprès de la famille royale.



L'abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont 1745 -1807
Portrait Musée Carnavalet Paris



En effet, quand vinrent les temps douloureux de la persécution révolutionnaire, la question de la constitution civile du clergé posa un grave problème de conscience chez de nombreux catholiques, clercs aussi bien que laïcs. L’abbé Edgeworth dans une lettre adressée à son ami monseigneur Moylan, évêque de Cork en Angleterre, écrit ceci :

« Aux Missions étrangères tout est calme. Le serment ne concerne aucun de nous, puisque nous ne sommes pas considérés comme occupant une fonction publique ; mais je crois que la maison va subir le sort des autres établissements religieux et sera fermée dans quelques semaines ».

De fait, l’abbé ne prêta pas serment. Or il se trouvait que Mme Elisabeth, sœur du roi, catholique fervente, entendant ne jamais avoir recours à un prêtre assermenté, écrivit une lettre au supérieur des Missions étrangères afin qu’il lui trouvât un directeur de conscience et un confesseur non assermenté. Le choix du supérieur se porta sur l’abbé Edgeworth. C’est ainsi, alors que rien ne l’y prédisposait auparavant, que le prêtre entra au service de Mme Elisabeth et qu’il put approcher l’ensemble de la famille royale, prenant ainsi de graves dangers malgré les conseils de ses amis qui lui suggéraient la plus grande prudence voire de cesser toute visite auprès de la famille royale. Il ne prit conscience des périls auxquels il s’exposait que bien plus tard :

« Le fait est, écrivait-il, que je n’appréhendais jamais le danger qui était pourtant certain, ne me rendant pas un compte exact de son acuité ; tandis qu’aucun des membres du clergé n’osait s’aventurer à paraître à la Cour, j’y venais au grand jour, une fois ou deux par semaine, sans même ôter ma robe. En vérité, lorsque je reporte ma pensée sur ces moments affreux, je suis émerveillé d’avoir été si hardi, mais la Providence, je suppose, m’aveuglait à dessein ; et d’ailleurs, si ma présence occasionnait quelque trouble parmi les gardes, je n’en reçus jamais aucune insulte. »



Madame Elisabeth, soeur du roi Louis XVI. Elle fut guillotinée le 10 mai 1794.



Au soir du 20 janvier 1793, alors que l’exécution du roi a été fixée pour le lendemain matin, un inconnu porteur d’un message de la Commune vient chercher en voiture l’abbé Edgeworth aux Misions étrangères pour le conduire auprès du Conseil exécutif provisoire.

A ce propos l’abbé écrit ceci :

«Je trouvais tous les ministres assemblés. La consternation était peinte sur tous les visages. Le ministre de la justice adressa le premier la parole : « Etes-vous, me dit-il, le citoyen Edgeworth de Firmont ? » Je répondis que je l'étais, en effet. « Louis Capet, continua le ministre, nous ayant exprimé le désir de vous avoir près de lui à ses derniers moments, nous vous avons envoyé chercher pour savoir si vous consentiriez à lui rendre le service qu'il requiert de vous ».


Ayant répondu favorablement à la demande du ministre, le prêtre est aussitôt invité à se rendre au Temple.

« Notre parcours, jusqu'au Temple, s'effectua dans un silence lugubre. Deux ou trois fois, cependant, le ministre tenta de le rompre. Il leva les vitres de la voiture et s'exclama, « Grands dieux, de quelle affreuse mission suis-je chargé ! Quel homme, ajouta-t-il, en parlant du roi ; Quelle résignation ! Quel courage ! Non ! La seule nature humaine ne peut donner une telle force de caractère, il y a quelque chose en dehors d'elle ! »

Plus loin l'abbé de Firmont décrit son arrivée à la prison du Temple et l'atmosphère sinistre qui règne en ces lieux. Parlant des sentinelles, il dit d’eux que c'étaient de vrais sans-culottes, presque tous ivres et dont les vociférations, répercutée par les voûtes du Temple, étaient vraiment affreuses à entendre.

On imagine douloureusement à la lecture de cette description, l'atmosphère dans laquelle vécut la famille royale pendant toute sa détention à la prison du Temple !

L'abbé Edgeworth relate ensuite le moment de sa rencontre avec le souverain.

« Jusqu'alors j'avais pu contenir les émotions diverses qui m'avaient assailli, mais à la vue d'un prince, si grand, peu de temps auparavant, et maintenant aussi infortuné, je ne fus plus maître de moi-même et je tombai à ses pieds sans pouvoir proférer une parole. Ceci le toucha plus que le décret qu'il venait d'entendre. Il ne répondit à mes larmes que par les siennes, mais bientôt, reprenant toute sa fermeté : «Pardonnez-moi, dit le Roi, pardonnez-moi, Monsieur, un moment de faiblesse si l'on peut dire. Depuis longtemps j'ai vécu au milieu de mes ennemis et l'habitude m’a en quelque sorte familiarisé avec eux ; mais lorsque je me trouve en présence d'un sujet fidèle, c'est pour moi un tel contraste, qu'en dépit de mes plus grands efforts, je me laisse aller à mon émotion ».

Avec bien des difficultés l’abbé Edgeworth put obtenir l’autorisation des commissaires du Temple pour célébrer la messe que Le Roi entendit au petit matin. « Il s'agenouilla à même le sol sans coussin ni prie-Dieu. Il reçut la communion, après quoi je le laissais seul à ses prières. Puis il m’envoya chercher de nouveau et je le trouvai assis près de son poêle ; il pouvait à peine se réchauffer.»

« Mon Dieu, dit-il, combien je suis heureux de posséder des principes religieux ! Sans eux, que serais-je à cette heure ! Mais avec eux, combien douce me paraît la mort. Oui, là-haut règne un Juge incorruptible duquel je recevrai la justice qui m'est refusée sur terre ».

Puis l’abbé Edgeworth relate le départ du Temple sur le coup des huit heures du matin. Quand arrive Santerre, chef de la garde nationale, le roi s’agenouille aux pieds du prêtre en lui disant : « C’est fini, Monsieur, donnez-moi votre dernière bénédiction et priez qu’il plaise à Dieu de m’aider jusqu’à la fin ».

Le calme et la sérénité qui se dégagent du roi sont impressionnants.

L’ecclésiastique est autorisé à accompagner Louis XVI jusqu’au lieu du supplice. Il monte aux côtés du roi dans la voiture dans laquelle se trouvent aussi deux gendarmes en armes. Le sinistre cortège met près de deux heures pour gagner la ci-devant place Louis XV, rebaptisée place de la révolution et aujourd’hui place de la Concorde. Une escorte composée de gens les plus haineux, selon l’abbé Edgeworth, encadre la voiture. Dans les rues ce ne sont que Parisiens armés de piques et de mousquets. Nul doute que la « majorité silencieuse » comme on l’appellerait aujourd’hui est restée chez elle.

Mais lisons le témoignage bouleversant que nous a laissé le confesseur du roi sur les derniers instants du souverain lorsque le cortège arrive au pied de l’échafaud.

« La voiture avança ainsi dans le silence jusqu'à la place Louis XV et stoppa au milieu d'un grand espace qui avait été aménagé autour de l'échafaud. Cet espace était entouré de canons et, au-delà, une multitude d'hommes armés s'étendait à perte de vue. Aussitôt que le roi s'aperçut que la voiture s'était arrêtée, il se tourna vers moi et murmura : « nous sommes arrivés, si je ne me trompe ». Mon silence répondit que nous l'étions.

« L'un des gardes vint ouvrir la porte de la voiture, et les gendarmes voulaient descendre, mais le roi les arrêta, en posant sa main sur mon genou : « Messieurs, dit-il sur un ton solennel, je vous recommande cet excellent homme. Je vous conjure de le préserver de toute insulte après ma mort ». Les deux hommes ne répondirent pas un mot. Le roi allait continuer sur un ton plus élevé, mais l'un d’eux l'arrêta en disant : Bien, bien, nous aurons soin de lui. Ne vous troublez pas. Et je dois ajouter que ces mots furent prononcés sur un ton qui aurait dû me bouleverser, s'il m'avait été possible de penser à moi-même.

« Aussitôt que le roi eut quitté la voiture, trois gardes l'entourèrent, qui voulaient lui retirer ses vêtements, mais il les repoussa avec hauteur. Il se dévêtit lui-même, défit sa cravate de lingerie, ouvrit sa chemise et l'arrangea lui-même. Les gardes, que la contenance déterminée du roi avait pour un moment déconcertés, semblèrent recouvrer leur audace. Ils l'entourèrent de nouveau et voulurent lui saisir les mains pour les lier.

« Qu'essayez-vous de faire ? dit le roi en les retirant vivement. « Vous attachez », répondirent les misérables. « M'attacher ? dit le roi d'un air indigné. Non, je ne le consentirai jamais à cela. Faites ce qu'on vous a ordonné, mais vous ne me toucherez jamais ». Les gardes insistèrent. Ils élevèrent la voix et parurent vouloir en appeler d'autres pour les aider
.

« Peut-être fut-ce là le moment le plus terrible de cette affreuse matinée. Un instant encore, et le meilleur des rois aurait subi de la part de ses sujets rebelles des indignités trop horribles à décrire - indignités plus insupportables que la mort. Tel était le sentiment qu’exprimait sa contenance. Se tournant vers moi il me regarda fixement, comme pour me demander mon avis. Hélas ! Il m'était impossible d'en donner aucun et je répondis par le silence. Mais comme il continuait à me fixer d'un regard interrogateur, je répondis : « Sire, dans cette nouvelle injure, je ne vois qu'un nouveau trait de ressemblance entre Votre Majesté et Le Sauveur dont vous allez recevoir la récompense ». À ces mots, il leva les yeux au ciel avec une expression que je serais incapable de décrire. « Vous avez raison, dit-il, son exemple seul me permettra de subir une telle humiliation ». Puis se tournant vers les gardes « Faites ce que vous voulez. Je boirai la coupe jusqu'à la lie ».

« L'escalier montant à l'échafaud était extrêmement raide et difficile. Le roi fut obligé de s'appuyer à mon bras et, à la lenteur qu'il mit à le gravir, je pus craindre un instant que son courage ne lui fasse défaut. Mais quelle ne fut pas ma stupeur lorsque, arrivé à la dernière marche, je le sentis tout à coup quitter mon bras et traverser d'un pas ferme toute la largeur de l'échafaud, imposer silence par son seul regard à quinze ou vingt tambours qui lui faisaient face et, d'une voix si forte qu'on dut l'entendre du Pont Tournant, je l'entendis prononcer distinctement ces paroles mémorables : «Je meurs innocent de tous les crimes que l'on m'impute. Je pardonne à ceux qui ont occasionné ma mort et je prie Dieu du fond de mon cœur de leur pardonner comme moi et de ne pas venger sur la nation française le sang que l'on va répandre ».

« Il allait continuer lorsqu'un homme à cheval, en uniforme national, tira son épée et, faisant signe aux Tambours, leur ordonna avec un cri féroce de battre. On entendit alors plusieurs voix encourageant les exécuteurs. Ils semblèrent alors se ranimer et, saisissant avec violence le plus vertueux des rois, ils le traînèrent sous l'axe de la guillotine qui, d'un seul coup, sépara la tête de son corps. Tout ceci ne dura qu'un instant. Le plus jeune des gardes, qui semblait avoir à peine dix-huit ans, saisit la tête immédiatement et la montra au peuple qui se pressait autour de l'échafaud. Il accompagna cette monstrueuse cérémonie des gestes les plus atroces et les plus indécents.

« Il y eut tout d'abord un affreux silence. Puis on entendit quelques cris de « vive la république » petit à petit, les voix se multiplièrent et, en moins de dix minutes, ce cri, mille fois répété, devint la voie universelle de la foule en délire, et tous les chapeaux volèrent
».

Ici s’arrête brusquement le récit de l’abbé Edgeworth de Firmont. On notera qu'à aucun moment le prêtre ne fait allusion à cette supplique qu'on lui prête au moment où le roi fut décapité: "Fils de Saint Louis, montez au Ciel !" Prononça-t-il ces mots ? On ne peut l'affirmer formellement.



Louis XVI Roi de France et de Navarre
1754 -1793

Dans une lettre adressée à son frère, l'abbé Edgeworth expliqua plus tard comment il put quitter les lieux, lui, prêtre catholique ayant accompagné le roi, alors qu’autour de lui se tenaient plusieurs rangées d’hommes en armes et que, derrière, toute une populace exaltée par la vue du sang répandu semblait plus que menaçante. Fort heureusement pour lui, le prêtre n’avait pas été autorisé à revêtir les vêtements sacerdotaux ce qui lui permit, après avoir franchi les premiers rangs des « spectateurs », de se fondre anonymement dans la foule.

En cette journée du 21 janvier, souvenons-nous de notre roi, prions pour le repos de son âme, de celle de la reine, de celles de la famille royale et de toutes les victimes innocentes de la révolution.

Prions aussi pour la France meurtrie tant l'esprit révolutionnaire et l'esprit de haine contre Dieu sont présents deux siècles après la tragédie du 21 janvier 1793.


Miserere nobis Domine.

21 janvier 1793

+

MEMENTO DOMINE



LUDOVICUS XVI REX GALLIAE

REQUIEM AETERNAM

dimanche 20 janvier 2008

Benoît XVI et l' université de la Sapienza

Comme chacun sait, le pape Benoît XVI a renoncé à la visite qu'il devait effectuer à l'université de la Sapienza à Rome le jeudi 17 janvier, en raison de la violente opposition qui s'est faite parmi certains professeurs et étudiants qui dénonçaient "l'incroyable violation de la tradition d'autonomie des universités". La mauvaise foi de l'argument n'a d'égal que le comportement haineux de gauchistes manifestant sur la voie publique affublés d'ornements sacerdotaux et de mitres et exhibant des affichettes sur lesquelles on peut lire Maledictus XVI.

J'ose espérer que cette université n'ouvrira plus désormais ses portes à qui que ce soit, au nom, bien sûr, de l'autonomie. Il y a là, manifestement, un signe de grande ouverture intellectuelle pour des individus qui se veulent hommes de sciences et qui dans le même temps dénoncent l'obscurantisme de l'Eglise qui condamna Galilée.

Dont acte! On observera que la haine du catholicisme se porte bien aujourd'hui, y compris en Italie terre relativement préservée en raison du poids de l'Eglise italienne et du rayonnement de la papauté sur la péninsule.


Interrogé sur la chaîne italienne RAI Uno, le cardinal Camillo Ruini a d'abord rappelé l'unité de toute l'Eglise italienne derrière le Saint Père dans la prière. Il a ensuite déploré l'intransigeance de ceux qui se sont opposés à la venue du pape. L'université est et doit être, selon le cardinal Ruini, un espace privilégié de liberté d'expression dans le respect réciproque des convictions des uns et des autres.




Le cardinal Camillo Ruini actuel vicaire général pour le diocèse de Rome et président de la conférence épiscopale italienne jusqu'en 2007.


Comme de bien entendu, les scientifiques ont exploité la vieille affaire Galilée (elle commence singulièrement à sentir le réchauffé) en rappelant les propos tenus par celui qui était à l'époque le cardinal Ratzinger, lequel, reprenant une affirmation de Feyerabend, philosophe des sciences d'origine autrichienne, avait déclaré le 15 mars 1990 à Parme que l'Eglise s'était montrée plus fidèle à la raison que Galilée lui-même.

Pour ceux qui pensent en toute bonne foi que l'Eglise a condamné Galilée par obscurantisme, je cite cet extrait d'un article de M. l'abbé Demets qui remet parfaitement les choses à leur véritable place :

"Galilée n’a donc jamais été condamné pour avoir affirmé que la Terre tourne autour du Soleil car cette affirmation relève des sciences positives ( astronomie ) et non de la foi. Certes, des passages de l’Ecriture semblent indiquer le contraire, mais les théologiens ont toujours reconnu que l’Ecriture s’exprime souvent selon l’opinion courante, par exemple quand on parle temporellement de Dieu, qui est pourtant éternel. Dans le langage courant, nous disons bien que le Soleil se lève ou se couche. Or nous savons bien que ce n’est qu’une métaphore, puisque cette impression de Soleil levant ou couchant nous est en réalité donnée par la rotation de la planète. La Bible emploie très souvent un langage imagé pour décrire une réalité. Il s’agit encore une fois de ne pas être littéraliste.


A partir de 1611 Galilée milite pour le système de Copernic ( 1473 – 1543 ). Ce dernier avait émis l’hypothèse de l’héliocentrisme pour expliquer le mouvement des planètes. Ainsi la Terre ne serait plus au centre du monde, comme on le pensait jadis. Mais jamais cela ne fut considéré comme une vérité révélée à croire de foi divine. Or voici qu’en 1623 un ami personnel de Galilée, Maffeo Barberini, devint Pape sous le nom d’Urbain VIII. Galilée insiste alors auprès de son ami pour que ses thèses soient proclamées « d’Eglise » ce que le Pape ne peut absolument pas accepter. Etant gardien de la foi, il ne peut nullement faire passer pour article de foi ce qui n’est qu’une hypothèse scientifique. Imaginez le tollé que cela provoquerait si de nos jours Jean Paul II érigeait en dogme d’Eglise une hypothèse scientifique, même reconnue par tous les savants. On crierait à la confusion dans l’ordre du savoir et on reprocherait à l’Eglise de se prononcer sur un domaine qui ne la concerne pas directement. Et bien le Pape Urbain VIII a justement voulu éviter cela.


En 1630 Galilée explique le mouvement de la Terre par le phénomène des marées. Il enseigne cette théorie publiquement, comme étant vraie. Or il se trouve qu’elle est fausse comme le montrera Newton par la suite. On demande alors à Galilée de ne présenter ses théories que comme des hypothèses et de renoncer à commenter la Bible. Galilée persistant malgré tout, le Saint-Office ouvre un procès. Il est condamné à renoncer au système de Copernic qui n’était pas encore prouvé, et est assigné à résidence dans sa villa de Toscane. Ce fut certainement une sage sentence, peut être due à l’intervention du Pape, son ami, car à ce moment, Galilée âgé de 69 ans voyait très mal et ne pouvait se déplacer que difficilement. Il put ainsi se retirer tranquillement chez lui, loin de toutes polémiques, pour continuer son travail, ce qui lui permit de rédiger son Traité de mécanique. Quant à l’affirmation « Et pourtant, elle tourne ! », il ne l’a jamais prononcé. Ce mot lui a été attribué au XVIIIè siècle par les ennemis de l’Eglise. "

On ne peut, dès lors que l'on connaît les véritables ressorts de l'affaire Galilée, que souscrire entièrement aux propos du cardinal Ratzinger. L'Eglise aurait eu bonne mine en proclamant comme vérité de foi une thèse scientifique qui se révélera fausse par la suite!


Il est donc bien évident que l'Eglise fit preuve dans cette affaire de beaucoup de sagesse et de raison, ce qui fut loin le cas de Galilée qui faillit pour le moins aux vertus de prudence et d'humilité.

Galileo Galilei 1564 - 1642

Dans le dernier livre qu'il écrivit en tant que cardinal, Benoït XVI nous livre quelques réflexions intéressantes sur la foi et la raison qui sont loin de s'exclure mutuellement.

"Il existe des pathologies de la religion : nous le constatons; il existe des pathologies de la raison : nous le constatons également. Ces deux pathologies sont fatales à la paix.[...] Dieu, ou la divinité peut devenir une façon de rendre absolus le pouvoir ou les intérets personnels. [...] Mais il existe aussi une pathologie : celle de la raison totalement détachée de Dieu. [...]


1. Nous l'avons vu, il existe dans la religion des pathologies hautement dangereuses; il est par conséquent nécessaire de considérer la lumière divine de la raison comme une sorte d'organe de contrôle, par lequel la religion doit chaque fois se laisser purifier et réguler, comme le pensaient aussi, d'ailleurs, les Pères de l'Église. Mais de nos consi­dérations est également apparu - et l'humanité d'aujourd'hui ne s'en rend pas compte, en général - le fait qu'il existe aussi des pathologies de la raison, une hybris (sic) de la raison qui n'est pas moins dangereuse; bien plus, si l'on considère ses effets potentiels, elle est encore plus dangereuse : la bom­be atomique, l'homme pur produit. C'est pourquoi la raison doit, elle aussi, être renvoyée à ses limites, et apprendre à se rendre disponible pour écouter les grandes traditions religieuses de l'humanité. Si elle s'émancipe totalement, si elle renonce à cette disponibilité, si elle renonce à cette interdépen­dance, elle devient alors dévastatrice.

Kurt Hübner a récemment exprimé cette exi­gence disant que soutenir cette thèse ne signifie pas aussitôt qu'il faille " revenir à la foi ", mais qu'ainsi " on se libère de l'aveuglement de notre époque, voulant que la foi n'ait plus rien à dire à l'homme d'aujourd'hui sous prétexte qu'elle contredirait l'idée qu'il se fait de la raison, de la rationalité et de la liberté ". Aussi, je parlerais volontiers d'une nécessaire interdépendance de la raison et de la foi, de la raison et de la religion, appelés à se purifier mutuellement, à se guérir réciproquement; elles ont besoin l'une de l'autre, et toutes deux doivent le reconnaître
."


Tout d'abord, je suggère aux laïcistes enragés de s'imprégner de ces lignes remarquables de pondération et de sagesse; cela leur épargnera de montrer au grand jour l'intolérance et le sectarisme dont ils font preuve et qu'ils croient avoir discernés dans l'Eglise, au temps de Galilée comme aujourd'hui.


Enfin il nous faut soutenir ardemment par la prière notre pape bien-aimé comme il nous l'a demandé au soir de son élection afin qu'il trouve en lui et par la grâce de Dieu la force indispensable pour mener le combat de la Vérité.

lundi 14 janvier 2008

L'autel ancien et le dos au peuple

Le pape Benoît XVI a célébré dimanche 13 janvier une messe dans la chapelle Sixtine non pas le dos tourné au peuple comme l’écrit stupidement la grande presse française mais tourné vers l’autel selon le rite traditionnel de notre Eglise.

Voici un extrait de l’article que le Monde consacre aujourd’hui à cet événement :


"Faut-il y voir un nouveau signe adressé à la frange la plus conservatrice de l'Eglise catholique ? Célébrant la messe dominicale dans la chapelle Sixtine, à Rome, dimanche 13 janvier, le pape Benoît XVI a utilisé un autel ancien placé contre le mur, tournant à plusieurs reprises le dos aux fidèles, selon un rite qui n'avait plus été observé en public par un pape depuis le concile Vatican II (1962-1965)".

On peut se demander si la dénommée Stéphanie Le Bars, auteur, auteure, autrice, auteuse (ad libitum selon les goûts de chacune et de chacun) de cet article possède un minimum de culture religieuse catholique pour écrire un tel article.

Ainsi selon cette auteuse, le souverain pontife a utilisé un autel ancien. Pour un peu elle nous affirmerait que le pape a trouvé un vieil autel qui trainait par hasard contre un mur et qu’il lui a pris l’envie, la lubie, de célébrer la messe dominicale sur cet autel.

En fait de vieil autel contre un mur, il s’agit du splendide autel que surmonte un imposant crucifix et qui se trouve au pied de la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange. Bien entendu cet autel est majestueux et n’a rien à voir avec la table qui avait été mise en place pour les célébrations « verso populo ».





Le pape de dos célébrant la messe du dimanche 13 janvier 2008 à l'autel de la chapelle Sixtine



Pire encore le pape, quelle incorrection, s’est permis de tourner le dos au public à plusieurs reprises. Ce doit être anti-démocratique pour notre journaliste. Il est invraisemblable que Dieu s’affranchisse des droits de l’Homme et conduise le souverain pontife à ignorer le peuple au point de lui tourner le dos. Si elle ne l’écrit pas, on peut supposer qu’elle n’est pas loin de le penser. D’ailleurs, le pape ne peut pas être un démocrate car elle poursuit plus loin sur Benoit XVI :

"Quelques mois plus tôt, en mars, le pape avait affiché des positions particulièrement conservatrices sur la vie et les rites de l'Eglise. Il y rappelait le caractère obligatoire du célibat des prêtres et l'interdiction de sacrements faite aux divorcés remariés.

Intervenant régulièrement dans les débats de société depuis son élection, le pape s'est aussi vivement opposé à des réformes engagées en Italie, en Espagne ou en Pologne sur le pacs, l'interruption volontaire de grossesse, la loi accélérant les procédures de divorce, l'euthanasie ou les manipulations sur les embryons."


Bref, comme on le voit le pontificat du Papa Ratzinger, comme disent nos amis Italiens, se résume à des prises de position rétrogrades sur les grandes questions de société, là où notre société occidentale, et la France en particulier, affiche dans le domaine du respect de la vie humaine et en matière de mœurs les positions les plus avancées qui soient, donc conformes aux valeurs démocratiques.

Ceci étant, le souverain pontife, soucieux de redonner à la liturgie la dimension sacrée qu’elle a perdue dans le vent de réformes folles qui ont suivi le concile Vatican II (Je dis bien qui ont suivi et non qui sont la conséquence car je me garderais bien de formuler un avis aussi péremptoire alors que je ne connais pas, comme beaucoup, les textes du concile concernant la liturgie, en particulier la constitution Sacrosanctum Concilium pour la restauration de la liturgie) a tenu à célébrer la messe sur l’autel majeur. Toutefois, la messe était celle de Paul VI en langue vernaculaire. Rien de bien révolutionnaire dans tout cela.

L’entourage du cardinal Vingt-Trois interrogé sur cet événement a répondu qu’il s’agissait d’un non-événement et que le choix du pape était lié à la configuration de la chapelle Sixtine dans laquelle l’autel a été construit pour cette ancienne messe.

La réponse est toute en nuance et pour le moins diplomatique, car on sent bien que l’entourage du nouveau cardinal n’exulte pas de joie à l’idée que le chef de l’Eglise ait pu célébrer la messe tourné vers l’autel, même s’il s’agissait d’une messe dans la forma ordinaria en langue italienne de surcroît.

Cela n’enlève rien au caractère savoureux de cette réponse. Les proches de l’archevêque de Paris découvrent que la configuration des églises les rend plus propices à des célébrations eucharistiques selon le rite ancien que selon la formule du one man show face au peuple adoptée par le clergé moderniste.


Je vais même vous surprendre: figurez-vous que l'architecture des églises, du moins toutes celles que l'on a édifiées avant les constructions maçonniques du même tonneau que la cathédrale d'Evry, a été conçue pour que le prêtre célèbre la messe face au tabernacle et non face à l'assistance.

L’entourage de Mgr Vingt-Trois serait bien inspiré de s’appliquer à lui-même cette observation, d’autant que le meuble qui tient lieu d’autel à Notre Dame de Paris est d’une laideur indicible.




Le Jugement dernier Chapelle Sixtine


Ah, un dernier point que j’allais oublier! L’autel ancien contre le mur dont parle madame Le Bars est celui sur lequel est placé l’urne lors de l’élection du souverain pontife. Chaque cardinal s’y rend pour y déposer solennellement son bulletin et ce au pied de la fresque du jugement dernier qui lui rappelle opportunément la gravité de son choix et les comptes qu’il aura à rendre le moment venu.

Tout compte fait un autel pas si ancien que cela et qui sert, ô combien, dans les moments les plus solennels et les plus graves de notre Eglise comme peuvent l’être les conclaves.

vendredi 11 janvier 2008

Nicolas et Carla

Puisque nous sommes dans le temps des vœux de début d’année, permettez-moi de vous adresser non des souhaits de santé ou de bonheur, l’un comme l’autre échappant en grande partie à notre propre volonté, mais des souhaits de courage et de pugnacitié afin que nous ne faiblissions point dans notre combat pour que vive une France fidèle à son passé mais confiante aussi dans son avenir. Le bonheur nous sera accordé à l’aune de nos efforts ; aide toi et le Ciel t’aidera.

S'agissant de bonheur, il semble que deux êtres nagent en moment en pleine félicité. Il s’agit bien entendu du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et de Carla Bruni. D’aucuns me diront que cet événement n’en est pas un, qu’il est tout juste au bon à alimenter les articles d’une presse à sensation, d’autres feront observer que nous touchons à la vie privée du Chef de l’état et que sa vie sentimentale ne doit pas étalée au grand public.


Les uns comme les autres ont sûrement raison, encore que le président affiche sa liaison de façon ostentatoire. Cependant, mon approche est beaucoup plus nuancée. Certes, les détails de la vie intime du couple Sarkozy-Bruni ne présentent aucun intérêt et ne peuvent que satisfaire des lecteurs friands de sensations et qui se délectent des frasques de nos « grands ». Le prince Charles, la princesse Diane, les enfants du prince Rainier et de la princesse Grace ont longtemps alimenté les pages de cette presse à grand renfort de détails sordides.


Une telle presse de caniveau incite les lecteurs à se vautrer dans un voyeurisme malsain et à se délecter des turpitudes ou les malheurs des têtes plus ou moins couronnées dont le pouvoir effectif reste très limité soit du fait des institutions, comme pour le Royaume Uni, soit de par la taille liliputienne de l’Etat. Monaco n’a jamais que la dimension d’une petite sous-préfecture de province et encore!

S’agissant du président de la république nous sommes dans une toute autre configuration. Le président détient un pouvoir réel et peut influer sur le cours des choses, s'il veut s'en donner les moyens, mais ceci est une autre affaire. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’un commentaire non pas sur la relation sentimentale en elle-même mais sur le contexte dans lequel celle-ci a pris naissance et s’est développée et sur ses implications politiques.

Politique et monde du show-bizz

Nous observons depuis plusieurs années déjà que les politiques nouent des relations sentimentales avec des personnes issues du monde médiatique. La télévision est bonne marieuse dans ce domaine. Dominique Strauss-Kahn, François Baroin, Jean-Louis Borloo, Douste-Blazy, Bernard Kouchner, autant de personnages politiques de premier rang qui ont noué des liens avec des femmes du monde de la télévision.

En allant séduire un ancien mannequin, Nicolas Sarkozy innove de manière fracassante. Probablement au nom de la rupture qu’il a préconisée tout au long de sa campagne électorale.

Nous voici, en effet, dans une grande première avec chef de l’Etat qui affiche ostensiblement sa liaison avec une jeune femme appartenant au milieu du show-bizz.

La liaison entre le chef de l’Etat et l’ancien mannequin dont la vie privée pour le moins sulfureuse, est révélatrice de la dérive du monde politique de plus en plus lié avec le monde du spectacle et celui de la télévision, lesquels présentent au demeurant bien des similitudes. On peut même de se demander dans quelle mesure cette dérive n’est pas inscrites génétiquement dans le fonctionnement d’une démocratie telle que nous la vivons dans les pays occidentaux.

La télévision, en particulier, a profondément modifié la physionomie des campagnes électorales. Jadis un les électeurs se contentaient de la presse écrite et des rares interventions télévisées. Lorsqu’on revoit les images délicieusement surannées de la campagne pour les élections présidentielles de 1965, nous mesurons le fossé qui sépare cette époque de celle d’aujourd’hui. La télévision est devenue le passage hautement obligé de tout candidat à l'élection présidentielle.

En 1965, le général De Gaulle briguait un deuxième mandat mais pour la première fois dans notre histoire l’élection du chef de l’Etat se faisait au suffrage universel. C’est précisément ce mode d’élection qui a bouleversé en quarante ans l’esprit même du suffrage universel, devenu le champ d’action des publicitaires, des marchands d’illusion, des vendeurs de slogans, des adeptes des promesses ronflantes qui n’engagent que les crédules qui veulent bien y croire.

Europe et mondialisation obligent, nos gouvernants ont perdu la quasi-totalité de leurs pouvoirs régaliens. Jean-Claude Trichet, gouverneur de la banque centrale européenne, est beaucoup plus influent que ne peut l’être Nicolas Sarkozy et c’est bien ce qui agace ce dernier qui le lui fait sentir au demeurant.

La politique est donc devenue un vaste spectacle ou les vrais enjeux sont avant tout les ambitions des uns et des autres et l’attrait d’un bon fromage. Une fois arrivé à la charge suprême, les présidents gèrent leur mandat comme ils peuvent. François Mitterand fut vite frappé par la maladie et ses deux septennats furent une belle partie de poker menteur avec les Français pour cacher la maladie et pour dissimuler sa double vie. Jacques Chirac, foin de la fracture sociale, s’installa douillettement dans le confort élyséen tandis que le judoka Douillet opérait avec Bernadette Chirac et ses pièces jaunes une savante reconversion au terme de sa carrière sportive.

Par tempérament Nicolas Sarkozy est tombé dans l’agitation vibrionnaire. Le matin à Paris, le soir à Berlin, le lendemain sur l’île de Malte; un jour à Tripoli, le jour suivant en Espagne, reçu par Benoît XVI entre deux rendez-vous, il n’a pas oublié pour autant ses amitiés et ses soirées parisiennes qui lui ont permis de rencontrer la belle Carla. Divorcé un jour, il est quasiment remarié le lendemain. On comprend mieux le sobriquet que d'aucuns lui ont collé: "Speedy Sarko".

Le monde du show-bizz et celui du journalisme ne se distinguent pas par leur attachement aux valeurs traditionnelles, c’est le moins que l’on puisse dire. On admet que 90 % des journalistes ont le cœur à gauche, parfois même très, très à gauche. Les vedettes du spectacle sont d'un conformisme de pensée proprement affligeant. Ce n'est pas demain que l'on verra un chanteur ou une actrice prendre fait et cause pour Jean-Marie Le Pen ou Philippe de Villiers. La presse comme la télévision ou la radio véhiculent une idéologie de gauche, même quand certains journaux se réclament de droite.

On peut donc se demander quelles peuvent être les convictions profondes de notre président au regard de ses amitiés ou de ses amours. Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.

mardi 25 décembre 2007

Puer natus est nobis



Bonne et sainte fête de Noël




Et Verbum caro factum est, et habitavit in nobis . Et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Patre, plenum gratiae et veritatis.


Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. Et nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Père à son Fils unique plein de gloire et de vérité.

dimanche 23 décembre 2007

In Nativitate Domini


Nous voici maintenant au seuil de la fête de la Nativité. Et Verbum caro factum est. Et le Verbe s’est fait chair. La fête de Noël si douce au cœur des Chrétiens est devenue en France une abominable célébration païenne. Un journaliste animateur dont la vulgarité n’a d’égal que son inculture clamait sur une radio ce matin même : « C’est Noël, éclatez-vous ! »

Un magazine féminin à large audience titrait : "Noël sexy" dans sa livraison de décembre 2006. Dans ce même numéro le journal consacrait un article intitulé : les photos érotiques excitent-elles les femmes ? (on a testé…) précise le magazine. Vaste sujet d’une très haute portée culturelle, particulièrement adapté dans l’esprit comme dans sa tonalité au message que la naissance du Christ nous signifie.


Il y a presqu’un côté blasphématoire à associer la fête de Noël à l’idée d’une quelconque séduction sensuelle derrière laquelle se cache aussi tout un commerce hautement lucratif.


Etre sexy ! Voilà à quoi se réduit la fête de la Nativité pour une certaine presse féminine. Elle montre à quel point cette presse est à l’image des vanités superficielles, aux antipodes du message apporté par le Sauveur.

Nous mesurons à quel point la société française est devenue profondément athée, attirée par la seule jouissance des plaisirs sensuels.

Ces derniers jours, me déplaçant dans Marseille, je constatais à quel point les gens étaient impatients, agressifs au volant de leur voiture. L’approche de Noël rend les individus fébriles, non pas de la fébrilité de l’attente de la venue du Messie qui vient irradier les familles comme il a réjoui les hommes de bonne volonté dans la campagne de Bethléem il un a peu plus de 2000 ans, mais fébriles dans la course effrénée aux cadeaux futiles qui seront rangés dès le lendemain de Noël, voués à l’oubli comme pour la plupart des objets convoités par caprice et dont on se lasse aussitôt qu’on est entré en leur possession. Mais qu'importe, désormais, on régale à tour de bras! Il faut offrir, offrir n'importe quoi mais offrir, alors on court en ville, on fait la queue dans les magasins, on tourne en rond pendant une demi-heure dans les parkings en attendant qu'une place veuille bien se libérer. Alors on piaffe d'impatience, on se fatigue, on s'énerve. Nous ne nous mettons plus dans la disposition d'âme nécessaire pour accueillir dans la paix et la sérénité le Christ nouveau-né dans la nuit de Noël.


Les galeries commerciales étalent leurs marchandises de pacotille, clinquantes autant qu’inutiles, les devantures regorgent de mets couteux, de pâtés, de volailles dont les prix sont devenus de plus en plus exorbitants. Qu’importe ! On court, on court pour acheter des cadeaux futiles, on court pour faire de Noël une nuit de ripailles en oubliant le véritable sens de cette nuit ineffable qui nous a donné le Dieu incarné pour notre salut.


Jadis, pour la messe de minuit, les familles à la campagne quittaient le foyer familial pour parcourir à pied les 4 ou 5 kilomètres qui les séparaient de l'église du bourg, non sans avoir pris la précaution de placer, auparavant, dans l'âtre une grosse bûche destinée à se consumer lentement, afin de maintenir le feu dans la cheminée pour le retour, tard après la messe de minuit. De ce temps là, il nous en resté la traditionnelle bûche de Noël. Autre temps, autres mœurs, où l’on n’hésitait pas à battre la campagne dans la sainte nuit de Noël en bravant le froid, la pluie ou la neige pour aller célébrer la naissance du divin Rédempteur et venir se recueillir au pied de la crèche en action de grâce après la messe. Alors, une fois rentrées au bercail, les familles se restauraient d’une soupe, d’un boudin pour reprendre des forces et se réchauffer après cette longue nuit. Mais j’imagine sans peine la joie simple qui pouvait régner dans les cœurs !

Noël est avant tout une fête qui se célèbre au plus profond de son âme, à genoux, avec une âme d’enfant émerveillée, au pied de la crèche, comme le fit saint François d’Assise. Alors oui, seulement là, un surplus peut nous être donné avec quelque nourriture qui sort de l’ordinaire pour mieux fêter dans l’intimité de la famille la beauté de la Nativité et son message à l’humanité toute entière que l’évangile de la messe de minuit nous rappelle : Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis !

Puer natus est nobis

jeudi 20 décembre 2007

L'anonymat sur Internet


Dans la lettre des Pères dominicains d’Avrillé de décembre 2007 je lis cet article sur la pratique de l’anonymat sur internet. Je vous le livre tel quel.

Lcttre des dominicains

Internet danger !

LES QUELQUES LIGNES consacrées à ce thème dans notre dernière Lettre aux amis, nous ont valu plusieurs courriers approbateurs. Un lecteur nous a fait justement remarquer que la méthode des « blogs » et des « forums de discussion » s'apparente souvent aux procédés subversifs dénoncés par M. Bonnet de Villers dans sa plaquette Groupes réducteurs et noyaux dirigeants.

Pour confirmer ses dires, ce lecteur nous a adressé le « droit de réponse » public que M. Jean Sévillia a exigé du site (le forum « catholique » !) où il s'était fait « piéger ». Ce que M. Sévillia dit ici est plein de bon sens et mérite d'être médité. En voici quelques extraits :

« La pratique de l'anonymat, dans l'univers des forums et des blogs, est profondément lâche et perverse : elle permet de dire n'importe quoi sans aucun risque. C'est une négation de la responsabilité à laquelle tout honnête homme, et a fortiori tout chrétien, est appelé, devant ses mots et ses actes. [...I Quant au fond, je ne crois pas que les catholiques aient à discuter de tout : l'Eglise n'est pas une démocratie, le catholicisme n'est pas une institution parlemen­taire. Il est tout à fait extraordinaire de voir tant de traditionalistes, dont les bibliothèques sont pleines d'ouvrages vilipendant la Révolution, se comporter comme les pires révolutionnaires, débattant de tout et n'importe quoi, quels que soient leurs titres à s'exprimer en public, enjambant toute hiérarchie et répandant des rumeurs sans souci de leurs conséquences. Et je n'évoquerai pas le vocabulaire de potache ou les exclamations infantiles sorties d'un lan­gage de BD : elles ne grandissent pas ceux qui y recourent. Et que dire de la charité chrétienne ? »

Jean Sévillia (6 mai 2007).

Cet article est intéressant car il nous invite à sérieusement nous interroger sur la pratique que nous avons les uns et les autres des forums ou des blogues. Personnellement je ne suis pas du tout adepte des forums de discussion, le plus souvent sans grand intérêt et, comme le souligne à juste titre M. Sévillia, d’un infantilisme proprement stupéfiant la plupart du temps. Retranché derrière l’anonymat certains intervenants sont manifestement animés d’intentions nuisibles voire subversives.

Monsieur Sévillia, malgré sa vaste culture et sa riche expérience professionnelle s’est fait lui-même piéger dans des conditions que j’ignore au demeurant. Cela montre que les personnes, même les plus averties, peuvent tomber dans le panneau de la manipulation.

J’ajoute, pour avoir consulté occasionnellement le Forum catholique, que les propos tenus sur ce site n’offrent le plus souvent que peu d’intérêt, à de rares exceptions près. Les « liseurs », barbarisme puéril employé sur ce site pour désigner les lecteurs du forum, font souvent circuler des informations non vérifiées et non recoupées, ce qui peut être extrêmement nuisible. Soit dit en passant, s’agissant des « liseurs », je préfère à tout prendre la « bravitude » de Ségolène Royal, qui, pourtant, ne fait pas partie de ma chapelle, loin s’en faut !

J’admets, cependant, que de nombreuses personnes fréquentent le Forum catholique en toute bonne foi et avec la plus grande honnêteté. L’anonymat est aussi, il faut bien le reconnaître, une précaution, la plupart des gens ayant des craintes à divulguer leur nom.

Les blogues sont tout aussi critiquables et sans grand intérêt, hormis quelques sites spécialisés. Comme je tiens moi-même un journal sur le net, je tiens à apporter quelques précisions.

J’ai pris l’option du pseudonyme qui est en fait le nom de ma mère, ce qui est pour moi le rappel de mes racines corses maternelles auxquelles je suis attaché. Au demeurant un lecteur qui me connaîtrait personnellement n’aurait aucune difficulté à m’identifier, en raison des références précises à ma carrière passée qui peuvent figurer dans certains de mes articles.

Pour ma part, je veille, par respect pour ceux qui me lisent, à ne relater que des faits avérés. Les articles que je publie exigent parfois de longues vérifications dans ma documentation personnelle, car je préfère ne rien écrire plutôt que de donner de fausses informations de nature à induire les lecteurs en erreur. Il ‘agit là d’une malhonnêteté intellectuelle inacceptable.

Toutefois, nul n’étant infaillible, il peut arriver que je me trompe, malgré les précautions dont je m'entoure. C’est pourquoi, j’invite les lecteurs qui seraient amenés à constater des erreurs dans mes articles de bien vouloir me les signaler, aussi bien pour le bénéfice de l’ensemble des lecteurs que pour ma propre gouverne.

D’avance je les en remercie.

dimanche 16 décembre 2007

Quand les trains se mettent à dérailler!

Une jeune parisienne a prévu de descendre dans sa famille à Marseille pour les fêtes de Noël. Comme elle ne peut réserver son billet de chemin de fer suffisamment tôt en raison des incertitudes de son emploi du temps professionnel, elle est obligée d’attendre que son planning soit arrêté par son employeur. Samedi, elle se rend donc dans une gare parisienne pour acheter un billet TGV Paris –Marseille pour le 21 décembre prochain.

Désolé, mademoiselle, lui répond-on, nous n’avons plus de places disponibles. Pourtant, elle a effectué par téléphone depuis quelques jours des multiples démarches par téléphone, mais en vain, pour obtenir ce billet qui lui tient à cœur et sans lequel elle ne pourra pas passer Noël auprès des siens.

En désespoir de cause, elle s’apprête à renoncer la mort dans l’âme quand au dernier moment, un trait fulgurant lui traverse l’esprit. Avez-vous des places disponibles pour Toulon ? Et la guichetière de lui répondre : oui, bien sûr !

Alors donnez-moi un aller TGV Paris-Toulon. Aussitôt dit, aussitôt fait et la préposée de lui délivrer le billet tant espéré. Notre jeune femme règle le montant et prend possession du billet.

Que lit-elle dans les cases destination du coupon de voyage ?
Le voyage est scindé en deux étapes :

- Paris-Marseille - Correspondance et changement de train à Marseille.
- Marseille-Toulon

Ah???!!! Manifestement il y a quelque chose d’incohérent ! Aucune place n’est disponible pour aller de Paris à Marseille, mais de Paris à Toulon avec arrêt à Marseille, comme par enchantement, on trouve des places sans la moindre difficulté.

Je sais que les technocrates de la SNCF et les informaticiens me donneront des explications argumentées en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une incohérence et bien au contraire qu’il s’agit de préserver un nombre de places disponibles pour les voyageurs désirant se rendre à Toulon.

Comme on peut pousser le même raisonnement pour les destinations qui se trouvent au-delà de Toulon, Hyères, Antibes, Cannes et Nice, je suppose que cela fait un volant de places disponibles non négligeable et qu’il serait bien étonnant que toutes les places soient prises d’ici le 21 décembre.

Etonnée, on le serait à moins, la jeune femme fait part de sa stupéfaction. Explications embarrassées et peu convaincantes de la guichetière.

Puisque vous avez des places pour Marseille comme me le prouve ce billet, remboursez-moi le différentiel Marseille-Toulon, trajet qui ne se justifie plus dès lors que le train s’arrête en gare de Marseille Saint Charles. Non, non c’est impossible lui rétorque-t-on.

De guerre lasse notre jeune voyageuse n’insiste pas et se rend trois guichets plus loin où elle demande le remboursement du trajet Marseille – Toulon. L’opérateur ne fait aucune difficulté et quelques instants plus tard le surplus est remboursé.

Tout revient à considérer que le Paris-Toulon passe virtuellement à Marseille. Ce train passe à Marseille mais il ne s'arrête pas à Marseille.

On se croirait dans un sketch loufoque déjà ancien des humoristes Chevallier et Laspalès : le train pour Pau. La réalité rejoint parfois la fiction ! Je vous invite à visionner cette séquence ci-dessous.

A ce rythme faudra-t-il bientôt demander un billet Paris-Moscou pour nous rendre à Marseille ?




le train pour pau chevalier et laspales
envoyé par flotunning

lundi 10 décembre 2007

Anne-Lorraine

Anne-Lorraine SCHMITT
Requiescat in pace
+

Qu’il me soit permis tout d’abord de m’unir par la prière à la famille d’Anne-Lorraine. Que nos humbles et petites prières soient autant de perles lumineuses afin de réconforter une famille dans l’affliction.

Anne-Lorraine avait 23 ans. Elle était fille de colonel, ancienne élève de l’école de la Légion d’honneur. Catholique pratiquante, elle se rendait en ce dimanche matin à la messe. Que sa route ait croisé celle de Deve-Oglou, son assassin, condamné en 1996 pour viol commis dans une rame de cette même ligne du RER, que cet individu ait été libéré sans que la justice, apparemment, ne s’inquiète d’une possible et même certaine récidive, cela n’a aucunement ému les politiques si prompts à condamner les agressions sauf lorsqu’elles sont commises sur des Français de souche. Alors une catho, fille d’officier de l’Armée de Terre, fut-elle sauvagement frappée de 34 coups de couteau, pensez donc, c’est sans intérêt pour nos médias.

Or, il se trouve que ce même jour deux jeunes adolescents issus de l'immigration trouvent la mort tragiquement dans une collision avec une voiture de police à Villiers-le-Bel. Indépendamment des émeutes violentes que cet accident suscita dans le quartier, la presse se répandit en articles larmoyants sur ces adolescents. Ivan Rioufol dans son billet du Figaro, daté du vendredi 30 novembre, souligne à juste titre que ces deux jeunes gens circulaient sur une moto non homologuée, donc non destinée à la circulation, à vitesse excessive et sans casque. Nous connaissons suffisamment le comportement de ces jeunes circulant à moto dans nos villes pour savoir qu'ils prennent souvent des risques considérables. La mort de deux jeunes adolescents est toujours tragique. Toutefois elle ne peut être en aucun cas mise sur le même plan que l'assassinat sordide d'Anne-Lorraine. Dans le premier cas, nous avons affaire à des jeunes dont le comportement est un comportement délictuel à risque et qu'on a laissés faire avec le plus grand laxisme jusqu'à ce que l'irréparable se produise. Et pourtant on nous parle sans cesse de ces associations ou de ces « grands frères » qui font, paraît-il, un travail remarquable dans les quartiers. En l'occurrence, si vraiment un travail de fond avait été entrepris, nous n'aurions probablement pas aujourd'hui à déplorer cette double mort accidentelle. Quand on ajoute à ces carences, l’attitude de la police, au demeurant compréhensible dans le climat délétère de la France actuelle, qui, la plupart du temps, ferme les yeux sur ce genre de délinquance routière peu sanctionnée. la moindre tentative d'interpellation risque à tout instant de se transformer en catastrophe imputable, cela va de soi, aux policiers qui prennent en chasse de pauvres petits jeunes irréprochables. Qu’on se rappelle les faits à l’origine de l’explosion des banlieues en novembre 2005.

Anne-Lorraine, quant à elle, ne demandait rien. Elle se rendait tranquillement à la messe dominicale en empruntant le RER. Seul point commun avec l'affaire de Villiers-le-Bel, elle a été victime du laxisme généralisé qui oublie de sanctionner les comportements délinquants ou remet en liberté des individus à haut risque de récidive. Il y a quelques mois de cela, un psychiatre de renommée déclarait sur Europe 1 qu'on ne pouvait jamais affirmer formellement qu'un malade sexuel était définitivement guéri.

Récemment, dans son émission « Faites entrer l'accusé », Christophe Hondelatte posait la question au procureur de la république de Troyes de savoir pourquoi les frères Jourdain dont le passé judiciaire était lourd avaient été libérés sans la moindre précaution. Or il se trouve que cette affaire des frères Jourdain me tient particulièrement à coeur. Pour ceux qui ne se souviendraient pas des faits, je rappelle que les deux frères prirent à bord de leur camionnette un soir de février 1997 quatre jeunes filles qui rentraient d'un bal de carnaval près de Boulogne-sur-Mer. Elles furent sauvagement violentées et assassinés. Les corps furent retrouvés dans un blockhaus sur le littoral, quelque part entre Boulogne-sur-Mer et le Touquet.


Ayant moi-même servi dans ma carrière de gendarmerie dans le Nord-Pas-de-Calais, je fus amené à diriger une enquête judiciaire dans le cadre d'un viol commis par Jean-Louis Jourdain. J'avais, à l'issue de l'enquête de crime flagrant procédé à une double qualification, la tentative d'assassinat ainsi que la tentative de viol. Les magistrats ignorèrent la tentative d'assassinat pour des questions d'opportunité complexes. Quand l’affaire arriva devant la cour d’assises de Saint-Omer, je fus cité en tant que directeur d’enquête par le ministère publique. Je fis ma déposition et la présidente de la cour attentive à mes déclarations et qui avait sous ses yeux mon procès-verbal de synthèse, nota bien que j'avais qualifié la tentative d'assassinat à partir d'éléments précis recueillis par les enquêteurs.

Jean-Louis Jourdain fut condamné à 10 ans de réclusion criminelle, le maximum pour le crime qu’il avait commis, à savoir un viol. L'avocat général qui était alors substitut du procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer était aux anges. Son réquisitoire avait porté. Jourdain avait écopé du maximum. Pour ma part, je ne partageais pas, de loin s'en faut, son enthousiasme. Jourdain avait déjà accompli deux années de détention préventive, ce qui signifiait qu'avec le jeu des remises de peine systématiques, il serait assez rapidement remis en liberté. Personnage extrêmement fruste, Jean-Louis Jourdain ne pouvait que récidiver. J'en avais la certitude. J’eus l'occasion de l'exprimer publiquement mais que pouvais-je bien faire d'autre ? Je me souviens, du soir du jugement, où rentrant à la maison, je dis, désabusé, à mon épouse que le plus terrible pour moi était de savoir que tôt ou tard il y aurait une nouvelle victime. Il m’était insupportable de penser que quelque part vivait une jeune femme dont la mort était en quelque sorte déjà programmée par la faute d’une société devenue incapable de protéger ses membres. Hélas, j'étais loin de la vérité ; ce ne fut pas une mais quatre victimes qu'il fallut déplorer.

C'est donc à l’occasion de l'évocation de ce quadruple meurtre que Christophe Hondelatte questionna l'ancien substitut devenu depuis procureur de la république à Troyes. Avec bon sens le journaliste lui demanda comment se faisait-il que la justice ait pu relâcher deux individus aussi dangereux. La réponse du procureur fut sidérante. Il déclara qu'à l'époque, comme si les faits remontaient au temps de Mathusalem, on ne pensait pas que des individus ayant purgé une longue peine de détention pouvaient récidiver. Réponse de circonstance,probablement, manière de dégager en touche afin de ne pas devoir s'expliquer sur les responsabilités de la justice et son fonctionnement calamiteux, plus sûrement. Mais je crois, cependant, que la justification donnée par ce magistrat correspond bien à son sentiment profond, révélateur du décalage entre une justice qui se fonde sur une idéologie bien teintée de rousseauisme béat et la réalité d’une criminalité sans cesse croissante, même si pour des raisons politiques et, là encore idéologiques, on jette un voile pudique sur les chiffres quand on ne triture pas les données statistiques pour leur faire dire le contraire de ce qu’elles signifient.

Très récemment encore, dans un corrigé officiel de devoir dont le sujet était précisément consacré à la violence des banlieues, je ne fus guère surpris de constater que dans le document remis aux élèves (candidats adultes à des concours administratifs internes) pas une seule fois le terme immigration n’y figurait. Sur les 10 pages du document, on évoque une multitude de causes, le chômage, le repli sur soi, la politique architecturale, la politique des transports, les effets nocifs de la télévision, les difficultés familiales et bien d’autres facteurs encore. Le rédacteur de ce beau document n’a pas eu le courage intellectuel d’évoquer ouvertement la question de l’immigration telle qu’elle est pratiquée en France. Les causes que je viens de citer ne sont pour la plupart d’entre elles que les causes secondes de l’immigration, d’une part et surtout de la crise morale profonde d’un peuple qui ne croit plus en lui-même.

Et si d’aventure, d’aucuns manifestent le moindre soupçon de fierté française, très vite nos « élites » les rappellent à l’ordre en les taxant de racistes et de xénophobes, ce qui les disqualifie ipso facto, excommunication des temps modernes.

L’esprit de 1940 que je fustigeais ici même dans un article antérieur est plus florissant que jamais, semant au passage son lot de victimes, de larmes et de souffrances.

Nous ne pouvons que prier pour que d'autres Peggy, Audrey, Isabelle, Amélie, Anne-Lorraine, Jeanne-Marie et bien d'autres victimes encore ne viennent alourdir ce martyrologe qui ne doit rien au hasard mais résulte de la faute de chacune ou chacun d'entre nous, à commencer par celui du choix de politique que nous formulons ou nous ne voulons pas formuler au moment de glisser le bulletin dans l' urne.

Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genitrix. Nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta.

Sous votre protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu, Ne rejetez pas nos prières, nous qui sommes dans le besoin, mais libérez-nous toujours de tous les périls, Vierge glorieuse et bénie.

samedi 1 décembre 2007

Loi divine, loi humaine

Dans un livre déjà ancien, il fut publié en 1989, Paul Sérant, dans un livre intitulé « les grands déchirements des catholiques français - 1870 - 1988", retrace la vie du catholicisme français au cours de cette période et, comme le titre l'indique, nous montre de façon très précise et bien documentée le combat entre tradition et modernité. Du Ralliement prôné par le pape Léon XIII, toute l'histoire du catholicisme français se résume à un combat violent entre ces deux courants. Le sacre des évêques par Mgr Lefebvre en 1988 ne constitue en aucun cas un accident de parcours mais s'inscrit de façon dramatique dans la logique d'une lutte fratricide qui ne pouvait que mal se terminer.



Le pape Léon XIII. Son pontificat dura de 1878 à 1903



Les médias viscéralement anti-catholique se sont délectés de cet événement, trop heureux qu'ils étaient d’assister au déchirement interne de l’Eglise catholique.

Rome réussit ce remarquable tour de force qui consista à excommunier un évêque pleinement catholique qui tout au long de ses longues années de sacerdoce n’eut de cesse que de demeurer fidèle à sa devise « Tradidi et quod accepi », j’ai transmis ce que j’ai reçu.

Au cours de cette même décennie, Monseigneur Gaillot, dont les excès finirent par indisposer l’épiscopat français, c’est dire ! fut simplement relevé de sa charge épiscopale.

Deux poids, deux mesures qui traduisaient alors l’ambiguïté de la politique du Vatican. Depuis, l’avènement du pape Benoît XVI tend à redonner à la tradition sa véritable place au sein de l’Eglise, place qu’elle n’aurait jamais dû perdre si une fraction des pères conciliaires ne s’était pas livrée à un véritable détournement du concile dans un esprit révolutionnaire. Le vent des Etats Généraux de 1789 soufflait dans les travées de Saint Pierre de Rome !



Monseigneur Marcel Lefebvre 1905 - 1991

Depuis, « l’Eglise qui est en France » - il y aurait matière à dire sur cette expression adoptée par l’épiscopat qui est en France, nous y reviendrons ultérieurement- s’est toujours distinguée par ses positions nettement modernistes et par sa persécution de la Tradition. En revanche, ce même épiscopat, Monseigneur de Berranger en tête, si prompt à faire une repentance aussi stupide que non fondée historiquement, ne semble guère avoir d’états d’âme sur les graves dérives que connaît notre société. Quel soutien l’admirable Docteur Dor a-t-il reçu de nos évêques dans le pacifique et courageux combat qu’il a entrepris contre l’avortement ? Rares sont les évêques que l’on a entendu pour s’opposer aux lois contraires à l’ordre naturel des choses.

Devenue « experte en humanité », sa voix se perd parmi toutes celles des experts en humanité de tout genre, et Dieu sait s’ils sont légions ! Comme si la mission de l’Eglise était d’être experte en humanité !

Alors, sous le regard d’un épiscopat serve, acceptant sans broncher que l’on piétine la loi divine, les lois le plus invraisemblables ont été votées par nos parlementaires dont la seule préoccupation est de plaire au plus grand nombre afin de conserver leur siège au Palais Bourbon, nécessité alimentaire et privilèges avantageux obligent.

En relisant le livre que j’évoque ci-dessus, j’ai été frappé par le récit du procès du père Salomon Nathan. Ce moine bénédictin de la communauté de la Source eut à subir les foudres de l’épuration qui suivit la Libération de la France en 1944. Comme son nom le laisse supposer ce moine bénédictin est d’origine juive. Comme beaucoup de congrégations religieuses, au péril de la vie de leurs membres, face à un occupant implacable, l’abbaye de la Source avait hébergé pendant l’Occupation des Français recherchés par les autorités allemandes.

Arrive l’épuration de1944. On ne dira pas assez ce que fut cette période qui ne grandit pas la France et les Français. Après la veulerie qui conduisit à la débâcle magistrale de juin 1940, voici que notre peuple se comporte en bravache. Comme il est facile de s’en prendre aux êtres vulnérables ! C’est moins risqué que de combattre l’occupant les armes à la main. Ces êtres vulnérables, collaborateurs réels ou supposés, coupables ou innocents, furent la proie de la vindicte populacière sous le regard impassible des autorités françaises. Entre les femmes tondues, coupables d’avoir entretenu une relation sentimentale avec un soldat allemand, les commerçants accusés pour avoir vendu leur marchandise à l’occupant, jusqu’à Sacha Guitry, incarcéré pour avoir continué à exercer son talent artistique dans Paris occupé, l’histoire nous rapporte une multitude de faits avérés dont beaucoup font vomir par l’atrocité et la barbarie des « résistants » de la dernière heure. On évalue généralement à 40 000 le nombre des victimes de l’épuration mais il règne une grande incertitude sur la réalité des chiffres, tant le débat reste passionnel.

C’est donc dans ce climat haineux que la communauté bénédictine de Paris sera dénoncée en…1947, soit trois ans après la Libération ! La haine était manifestement tenace en ces temps-là. Que reprochait-on au père Salomon Nathan et ses confrères ? Tout simplement d’avoir hébergé des Français menacés par l’épuration. Traduit devant le tribunal correctionnel, le père Nathan est interrogé par le président. L’accusé ne nie aucunement les faits et s’en explique. De même que sa conscience de chrétien l’avait tenu de mettre à l’abri ceux qui étaient recherchés par les Allemands, de même cette même conscience le mettait dans le devoir de venir en aide à des personnes fussent-elles coupables de collaboration.

Faites le bien à vos ennemis, m’a appris l’Eglise. J’ignore ce qu’est la vengeance et je ne connais que le pardon, déclare l’accusé. Ces mots ne sont pas dans la bouche du père Nathan des propos de circonstance. Ils ont une valeur profonde. Six personnes de sa famille ont été massacrées par les nazis en raison de leur origine juive. Le sens du pardon n’est donc pas chez le moine bénédictin un vague devoir moral mais il s’applique douloureusement mais héroïquement, comme pour tous ceux qui ont décidé de marcher derrière le Christ.

Cela le juge le sait mais le magistrat n’en a cure. Il reproche même au père Nathan de manquer de cœur à l’égard de sa famille. Il faut croire que ce magistrat s’est érigé en directeur de conscience lorsqu’il questionne le religieux, lui demandant si en hébergeant des personnes recherchées, il ne s’était placé au dessus des lois et par là même n’avait pas commis le péché d’orgueil ! Le père Nathan ne se laisse pas démonter pour autant. Il réplique : « Non, j’ai estimé que la charité chrétienne et même la morale courante me faisait un devoir de protéger momentanément des hommes égarés ».

Manifestement, la réponse ne convainc pas le magistrat qui, enfermé dans sa logique épurative se donne bonne conscience : « c’est bien ce que je vous disais, vous vous êtes placé au-dessus des lois.

L’accusé s’explique néanmoins ; s’il a recueilli des personnes victimes de la Libération, c’est justement parce qu’il avait fait de même pour les victimes du nazisme. Dans les deux cas, il avait cherché à protéger des hommes en danger. Il ajoute même que les faits lui donnent raison (nous sommes, je le rappelle, en 1947). Le père précise que les tribunaux ont évolué et ne jugent plus avec la même sévérité qu’en 1945 les faits de collaboration.

Le père Nathan n’en sera pas moins condamné à un an de prison.

vendredi 30 novembre 2007

Patience

Chers amis lecteurs,
L'achat d'un nouvel ordinateur est source de fastidieuses opérations de configuration afin de transférer les logiciels de l'ancien P.C vers le nouveau. De multiples menus problèmes techniques apparaissent à ce moment là et exigent de longues heures de travail.
C'est la raison pour laquelle j'ai cessé momentanément de publier des articles que j'avais en préparation. mon nouvel ordinateur est prêt. Je reprendrais donc mes chroniques dès la fin de cette semaine avec une réflexion sur la loi humaine et la loi divine.
Je vous dis donc à très bientôt.

lundi 19 novembre 2007

Chronique de la vie quotidienne

L'autre jour je m'aperçois que mon téléphone portable est bloqué. Tant pis c'est de ma faute. J'ai complètement oublié de payer la facture qui était restée sagement dans son tiroir de rangement parmi d'autres factures en instance. Ce courrier est en général très abondant surtout en fin d'année où il s'agrémente de courriers de teinte verte - cela fait tellement plus écolo - à entête du Trésor Public.


Bref, ma facture de téléphone qui, elle, est plutôt orange est restée en souffrance et l'opérateur se rappelle à mon bon souvenir de façon radicale. Il est vrai que j'utilise assez peu le téléphone cellulaire. Je le prends quand je sors. C'est une sécurité au cas où. Il est pratique en vacances mais il se trouve que je ne suis pas en vacances 365 jours par an même si je suis désormais retraité. C'est pourquoi j'ai un modèle rudimentaire qui me semble déjà assez compliqué comme cela. On ne m'enlèvera pas l'idée que pour téléphoner il vaut mieux utiliser un téléphone et pour prendre des photographies se servir d'un appareil photo. Cela tombe sous le sens. Alors utiliser un téléphone pour prendre des photos, ou prendre son appareil photo pour téléphoner (c'est une question de point de vue, ce qui soit dit en passant va renforcer le relativisme ambiant) pensez donc! On nous fait maintenant des portables qui en plus de la photo font caméra, récepteur de télévision et que sais-je encore. A quand les appareils qui feront en plus machine à laver et fer à repasser? Moyennant quoi nos portables sont livrés avec une notice d'emploi qui va bientôt s'apparenter à un manuel de bord pour équipage de Boeing 747!


Revenons-en à ma facture, je m'écarte de mon propos mais il y aurait tellement à dire sur ces portables qui sont le reflet d'une société bien malade. Nous sommes samedi matin. Qu'à cela ne tienne je vais appeler l'opérateur pour régler directement par carte bancaire. Comme çà le téléphone sera débloqué. On peut appeler ledit opérateur à partir du portable c'est gratuit. Je ne peux pas puisque le mien est frappé d'interdiction! Je me rabats sur la ligne fixe. C'est payant. Tant pis mon vieux, la prochaine fois tu feras attention à ta facture!


Je compose un numéro pour me retrouver aussitôt dans un parcours labyrinthique. Une voix suave vous débite des banalités dont vous n'avez que faire mais ça fait durer la communication et pendant ce temps le destinataire engrange des sous. Il n'y a pas de petits profits. Puis la même voix me demande afin de me faire identifier de composer sur le clavier de mon téléphone les 10 chiffres de mon numéro de portable. Et c'est parti...zéro...six...zéro...huit...cinq... trois... zut! Il n'a pas affiché le cinq! J'efface et je recommence. Enfin on y arrive. Mais comme j'ai dépassé le temps imparti la voix anonyme me dit :"nous n'avons pas reconnu votre numéro, veuillez recomposer à nouveau...etc". Très discipliné je m'exécute. Enfin j'entends la voix à nouveau: "si vous appelez pour un abonnement tapez 1, si etc...tapez 2, si... si et si. Comme aucune proposition ne correspond à l'objet de mon appel je demande à parler à un conseiller. Je tape la touche correspondante. Toujours cette même voix féminine m'annonce que toutes les lignes sont occupées et que le délai d'attente est estimé à 5 minutes. Au point où j'en suis je vais attendre un peu. En plus pour le même prix j'ai droit à une musique, c'est épatant, non? Même si cette musique finit par vous taper sur les nerfs au bout de deux minutes. Le temps passe encore et de nouveau la voix féminine " Toutes nos lignes sont occupées, que faire? Vous pouvez rappeler un peu plus tard, vous pouvez nous appeler sur notre site www etc... Vous pouvez...vous pouvez et puis la voix s'arrête et tout est coupé. Bip bip bip. Vous avez passé 10 minutes pour rien et vous avez payé une communication à 0,15 euro la minute ou plus je ne sais plus.


Allons sur internet sur le site de l'opérateur. Au moins c'est gratuit! Je me connecte. Je clique sur "clients" puis "accéder à mon compte". Ah on me demande mon numéro de téléphone et mon mot de passe. Je compose mon numéro. Le mot de passe je ne sais plus, je n'ai pas consulté ce site depuis une éternité. En général j'utilise le même mot de passe sur tous les sites. Je ne sais pas si c'est bien prudent mais je n'ai pas envie de traîner un répertoire en trois volumes contenant tous les mots de passe et codes que l'on me demande quotidiennement et souvent pour accéder à des sites généralistes sans aucun caractère confidentiel.
Manque de chance, ce n'est pas mon mot de passe habituel. Comme je ne m'en souviens absolument pas je clique sur "vous avez oublié votre mot de passe". On me demande une nouvelle information du type l'âge de votre voisine de palier. J'entre l'information et je valide. C'est parti. En retour un message s'affiche. Votre mot de passe vous a été adressé directement sur votre téléphone portable!!!??? Cherchez l'erreur. Je veux payer pour débloquer ma ligne et on m'envoie le mot de passe sur cette même ligne bloquée.


Du coup, j'abandonne, pour aujourd'hui j'ai ma dose ! Finalement j'ai découpé le TIP joint à la facture, je l'ai rempli et je l'ai posté. Ca mettra un peu plus de temps. Après tout je ne suis pas pressé. Je me suis passé de portable pendant 45 ans. Je peux bien m'en passer 15 jours. Et si je m'en passais définitivement. Je vais y réfléchir. Je n'aurais plus à payer dans ma facture de téléphone les cachets publicitaires pharaoniques d'un joueur de football retraité qui est parti naguère, un soir d'été, sur un coup de tête.


Même jour samedi après midi. Nous filons au centre commercial de la Valentine sur l'autoroute en direction d'Aubagne. La Valentine. Il y a toujours le vieux village, celui que le petit Marcel Pagnol traversait après être descendu du tram qui l'avait amené de Marseille, quand il montait avec ses parents et son frère Paul aux Bellons leur maisonnette de vacances sur les flancs du Garlaban. Aujourd'hui il y a une autoroute, un centre commercial, des immeubles et les flancs du Garlaban se sont singulièrement couverts de constructions pas toujours très heureuses. Ah pauvre Marcel Pagnol, s'il revoyait aujourd'hui les lieux de son enfance!


Nous allons au centre commercial car j'ai décidé de remplacer mon ordinateur qui commence à dater par un nouveau P.C plus adapté à mes besoins. pensez l'ancien doit voir trois ans et demi. C'est une vraie pièce de musée. Je vais dans un magasin que sa publicité vante pour son célèbre contrat de confiance. S'ils le disent c'est que c'est vrai! Faisons donc confiance!


Discussions, comparaisons je me décide j'opte pour un appareil ACER. Il paraît que c'et le top du top, à en croire le vendeur. Je jugerai sur pièces. En attendant les caractéristiques techniques me conviennent. Je prends. Cinq minutes après le vendeur revient. Désolé nous n'en avons plus en réserve. Le dernier est parti il y a un quart d'heure mais je vous propose de le prendre dans un autre magasin. Nous nous installons de part et d'autre d'un bureau coincé entre deux rayons de marchandises. A Marseille Cantini, ils sont aussi en rupture de stock par contre il reste encore des modèles disponibles à Aubagne. Tant pis, j'irai à Aubagne. Cà me prendra une demi-heure de plus. Nous filons sur Aubagne. Un samedi après-midi à l'approche des fêtes de fin d'année, il y a du monde et ça roule mal. Tant bien que mal, je trouve le magasin et je prends en compte, après trois signatures, le colis qui m'attendait.


Retour à la maison. Je démonte l'ancien matériel. Je branche le nouveau P.C. J'appuie sur le bouton de mise en marche. Rien! Nada!Ecran noir total sur le moniteur! Je vérifie mes branchements, je teste avec un autre moniteur. Toujours rien. Je vais appeler tout de suite le vendeur. Je ne trouve nulle part le numéro de téléphone du magasin, ni sur la facture, ni sur le bon de garantie. J'appelle la ligne service après vente. Ah cette fois c'est une voix masculine et ça marche par reconnaissance vocale :"si vous appelez pour un téléviseur dites téléviseur". On sent d'entrée de jeu une relation très personnalisée entre le fournisseur et le client. Je tombe sur une opératrice et je lui débite mon histoire. Elle prend note et me dit qu'elle va me mettre en liaison avec un technicien. Musique. Je poireaute quelques minutes. L'opératrice revient et m'annonce que tous les techniciens sont occupés et me propose de rappeler dans une demi-heure. Une demi-heure plus tard je rappelle. Ce n'est plus la même opératrice. Cette fois-ci j'ai affaire à une voix masculine. Je raconte à nouveau mon histoire et l'opérateur de me répondre qu'ils sont saturés en raison de la grève et me demande de rappeler lundi matin. La grève? Qu'est ce que ça vient faire? Vous êtes fournisseur, vous êtes liés par des obligations vis à vis de votre clientèle. Et votre fameux contrat de confiance qu'est ce que vous en faites? Grève ou pas grève je n'ai pas à entrer dans ces considérations. Et l'opérateur de me répondre que je suis en liaison avec un centre situé en région parisienne qui tourne en sous effectif ce jour là, bon nombre de leurs techniciens n'ayant pu se rendre sur leur lieu de travail à cause de la grève qui sévit dans les transports publics.


Aujourd'hui lundi. Un technicien m'a appelé à 8 heures. Il me fait procéder à quelques manipulations techniques. Sa voix est absente. Il constate ce que je savais depuis samedi, à savoir qu'il y a un vice dans l'appareil et me dit qu'un technicien passera mercredi. Mon sang ne fait qu'un tour. Désolé, monsieur, j'ai acheté un produit neuf, il ne fonctionne pas. Je ne vais pas attendre trois jours. Il y a un vice manifeste. Je tiens à rapporter l'appareil au magasin et qu'on procède à un échange standard. Le technicien me dit alors de sa voix monocorde: "Dans ce cas j'annule l'intervention et vous rapportez l'appareil au magasin". je l'entends pianoter sur son clavier. J'arrête là la communication.


Cet après-midi j'irai donc rapporter l'ordinateur à Aubagne, mais je sens que le parcours du combattant n'est pas fini et que l'échange standard n'est pas inscrit dans la culture de cette maison malgré son contrat de confiance. J'opterai pour ma part plutôt pour un contrat de défiance.


En attendant quelle belle société s'annonce avec le règne de la communication numérisée! Je plains les jeunes générations car nous ne sommes qu'au début de ce phénomène.

Vous avez appelé la police ne quittez pas. Il m'est arrivé de l'appeler et j'ai eu ce message pendant de longues minutes alors qu'il avait urgence. Et il paraît que c'est le progrès! Bravo!